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Rayon : > Littérature > Romans français et francophones
La peine du menuisier, Marie Le Gall, Phébus, Littérature française, 288 p., 9782752904133
 

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EAN13 : 9782752904133
ISBN : 978-2-7529-0413-3
Éditeur : Phebus
Date Parution :
Collection : Littérature française
Nombre de page : 288
Dimensions : 21 x 14 x 1 cm
Poids : 352 g
Code Dewey : 843

Fiche UNIMARC (UTF-8)
Fiche UNIMARC (MARC-8)

La peine du menuisier

De

20.00€-5%19.00€
Marie, née dans le Finistère des années 1950, vit entourée de son père, ouvrier à l'arsenal de Brest, muré dans le silence, sa mère Louise et sa grand-mère Mélie, figées dans un deuil éternel, et sa soeur aînée, Jeanne, simple d'esprit et sujette à des accès de rage. Elle se construit au milieu des non-dits et tente de percer le mystère qui entoure son ascendance. Premier roman.
Marie Le Gall (Auteur) a également contribué au livre...
La peine du menuisier, romanLa peine du menuisier, roman
Marie Le Gall
Librairie Générale Française
En stock 6.50 €  6.18 €

En savoir plus sur Marie Le Gall

Vidéo

5 questions posées à Marie Le Gall, à l'occasion de la parution de son livre "La peine du menuisier" (éd. Phébus).

Interview

Rencontre avec Marie Le Gall

La peine du menuisier, premier roman de Marie Le Gall, est l’une des bonnes surprises de la rentrée littéraire.
Marie Le Gall, Brestoise d’origine, aujourd’hui professeur de français dans la région parisienne, publie son premier roman, La peine du menuisier, un livre intime, déchirant et pudique, en même temps qu’un portrait juste de Brest et du Finistère des années 1960.
Le menuisier, c’était le père de Marie le Gall, petit paysan du Porzay devenu ouvrier à l’Arsenal de Brest, homme sombre et silencieux au sein d’une famille où les morts avaient l’air plus vrai que les vivants. Entre douleur, honte et culpabilité, la romancière trouve enfin les mots, à la cinquantaine, pour tisser le lien avec ce père trop vieux dont elle a recherché l’affection tout en le fuyant.

Marie Le Gall, quels sont vos liens avec Brest ?

J’y suis née en 1955. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de trente ans. J’ai fait mes études au lycée Amiral-Ronarc’h, puis à l’université de Brest et de Rennes. Comme le théâtre était ma grande passion, j’ai suivi les cours d’art dramatique de l’Ecole nationale de musique, en même temps notamment que Martin Provost, le réalisateur de Séraphine, dont je suis restée l’amie. J’ai fait du théâtre avec Bernard Lotti, à l’Instant. Mais, pour rassurer mes parents, je suis entrée à l’Ecole Normale et je suis devenue enseignante, le métier que j’exerce toujours.

Quand on publie son premier roman à 50 ans passés, c’est qu’on l’a porté très longtemps ou bien que les circonstances ne l’ont pas permis.

Ce sont les deux, en fait. Ce premier roman, je l’ai porté pendant trente ans sans m’en rendre compte. Le texte qui introduit le livre a été écrit à l’âge de 20 ans. Et le dernier chapitre de La peine du menuisier quatre ans plus tard, après la mort de mon père. Je les avais gardés avec des bouts de textes écrits par ci par là au fil des années. Mais je n’avais pas de projet. Il y a quelque temps, je me suis retrouvée tutrice de ma mère et de ma sœur. C’était tellement lourd que j’ai tenu un journal sur ce que j’éprouvais. En l’écrivant, je me suis rendue compte que l’écriture me permettait, mieux que la peinture ou le dessin que j’avais pratiqués jusque là, d’exprimer mon besoin de créativité. J’ai alors écrit un premier récit que j’ai envoyé à plusieurs éditeurs. Personne ne l’a pris mais j’ai reçu des lettres encourageantes. Ensuite, au lieu de reprendre ce premier manuscrit, j’ai fait tout autre chose, ce qui est devenu La peine du menuisier.

Ce livre est écrit à la première personne. Quelle est la part du récit autobiographique et celle du roman?

Sur la couverture, c’est écrit « roman ». Mais la question est très complexe ! Il y a une grosse part autobiographique mais le « je » de la narratrice n’est pas moi. Je ne raconte pas mes souvenirs d’enfance. D’ailleurs, je suis sans souvenirs. J’ai seulement gardé la mémoire d’instants, de souffrances… Et quand je suis devenue la narratrice de cette histoire, j’ai composé un puzzle très subjectif à partir du réel, d’images, de paroles fortes, de photos de famille. J’ai changé le nom des personnages, déplacé des lieux, brodé sur des situations. Mais il y a des choses que je ne pouvais pas inventer.

Ce qui frappe à la lecture de votre livre, c’est la grande place de la mort. La narratrice, petite fille, joue dans le cimetière qui jouxte la maison, se plonge dans les avis d’obsèques du journal. Vous étiez cette petite fille ?

Oui. J’étais fascinée par la mort, par les gens qu’on mettait dans la terre et qui allaient ressusciter comme on me l’apprenait dans ma famille très catholique. Chez moi, les vrais vivants ne bougeaient pas beaucoup. Alors, il y avait dans mon esprit une certaine confusion entre eux et ceux qui étaient en photo dans les cadres.

Vous auriez pu utiliser la psychologie pour raconter cette histoire d’amour impossible entre un père et sa fille, et la longue quête de celle-ci pour remonter aux sources de cette incommunicabilité. Mais c’est par le récit, l’observation, la convocation d’images et d’odeurs, que vous faites progresser l’histoire.

La psychologie ne m’intéresse pas et j’avais peur de tomber dans le pathos. Je me suis laissé presque dicter par quelque chose de très profond en moi, en cherchant ma petite musique d’écriture. Pour écrire, j’ai lâché prise et j’ai laissé venir. Aujourd’hui, j’ai l’impression que la boucle est bouclée. Il y a en moi quelque chose de mystérieux, de mystique, qui me donne à croire qu’on a tous des missions dans ce monde. Ma narratrice a enfin réussi à naître en acceptant les raisons pour lesquelles elle est venue au monde. Elle a fait ce qu’elle devait faire. C’est la fin de quelque chose, mais c’est aussi une naissance. Comme pour moi. Je disais justement à un collègue de mon lycée : ce livre, ce n’est qu’un début…

Dossier relatifs au livre "La peine du menuisier"

8e Prix des Lecteurs du Télégramme

8e Prix des Lecteurs du Télégramme

David Foenkinos («La Délicatesse - Gallimard) est le lauréat du huitième Prix des Lecteurs du Télégramme ! Ont également été plébiscités "Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patate" de Mary Ann Shaffer, Annie Barrows édité chez Nil et "La peine du menuisier" de Marie Le Gall paru chez Phébus...

À découvrir sur le Télégramme :
www.letelegramme.com

Le dossier complet

Commentaires
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Par .

Je vais faire de la redite mais c’est une lecture très belle, poignante, empreinte de pudeur et d’une sensibilité à fleur de peau.
Marie Le Gall nous confie son histoire sans fioritures avec des mots qui sonnent justes. Est-ce que c’est parce qu’elle nous livre des émotions vécues? Je n’ai pas la réponse…

Bien sur, ce livre est lié à la Bretagne de cette période où l’on ne parlait pas beaucoup et où beaucoup de sujets étaient tabous, protégés et défendus par des silences. Le cantonner à l’histoire d’une région, des mentalités de l’époque serait injuste car il traite de l’échec de cette relation père-fille. Comme Marie Le Gall le dit « j'étais la fille du Menuisier, je le savais. Jeanne, malgré sa folie, était plus normale que moi, côté filiation. Elle le nommait. Pas moi. Nous n'avions pas de mots l'un pour l'autre. Notre lien était un long fil continu que personne ne pouvait voir. Aucun mot ne s'y accrochait comme le font les notes sur une portée. Nous-mêmes en étions ignorants, seulement soupçonneux de sa présence tenace ».

[Lire la suite ...]

magnifique !

Par .

On rentre peu à peu dans ce puzzle de sentiments, on s'immisce dans un univers sombre, où la vie et la mort sont liées si étroitement, et cette histoire touche le lecteur profondément, car il y a là beaucoup de sincérité, et d'humanité et aussi d'espérance.

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