Lait noir
Lait noir
roman de Elif Shafak
Traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy
Couverture : illustrée
Format : 14 x 20,5 cm
ISBN : 978-2-7529-0378-5
320 p. 20 €
Parution : 27 août 2009
LE LIVRE
Roman autant qu’essai autobiographique, Lait noir relate avec sincérité et brio les dix mois qui ont suivi la naissance de la fille d’Elif Shafak, ayant coïncidé avec une dépression postpartum. Aujourd’hui cette pathologie n’est plus taboue en Occident. Mais si elle est régulièrement abordée dans les médias et des ouvrages spécialisés, elle n’a que rarement fait l’objet de romans. En outre, aucune femme de confession musulmane n’en avait jusqu’à présent ausculté le déroulement, les enjeux et les arcanes.
Livre polyphonique, Lait noir entrelace les voix intérieures de l’auteur, voix contradictoires représentées par six petites bonnes femmes aux allures de poupées russes ou de djinns. Elif Shafak questionne la féminité en dialoguant tour à tour avec la cynique Intellectuelle et l’insolente Ambitieuse, la Rationelle et l’humble Soufie, la Maternelle et la sensuelle Miss Satin Passion.
Onirique et d’une roborative ironie, ce joyau inclassable convoque également de grandes figures littéraires telles que Simone de Beauvoir, Zelda Fitzgerald, Doris Lessing et Sylvia Plath.
L’AUTEUR
Elif Shafak est née en 1971 à Strasbourg. Elle a passé son adolescence à Madrid. Après un master en Gender and Women’s Studies et un doctorat en sciences politiques obtenus en Turquie, elle a un temps enseigné aux États-Unis. Elle vit aujourd’hui à Istanbul. Deux de ses neuf livres ont été traduits en français aux Éditions Phébus : La Bâtarde d’Istanbul en 2007 (pour lequel on l’accusa d’insulte à l’État turc lors d’un procès retentissant), sélectionné pour le Grand Prix des Lectrices de ELLE, et Bonbon Palace en 2008.
L’ARGUMENTATION
La dépression postpartum, thème délicat traité pour la première fois par une romancière de confession musulmane.
Un roman aux frontières de l’essai évoquant les splendeurs et misères des femmes.
Le livre le plus iconoclaste et le plus autobiographique de l’auteur, ayant obtenu un succès considérable en Turquie.
Par Karine L.. (Librairie Dialogues)
Qu'est-ce que le lait noir?
Selon une croyance turque, la nouvelle accouchée serait assaillie par de mauvais djinns, représentants des doutes, des angoisses, des cauchemars de la jeune maman. Ce "putsch"organisé par les djinns peut durer plus ou moins longtemps, de une semaine à plusieurs mois. C'est donc une bataille sans merci qui s'engage entre la femme et les créatures magiques. Dans le cas où la jeune femme ne parviendrait pas à surmonter cette épreuve, son lait maternel se mettrait à cailler, à pourrir pour ensuite noircir. D'où le titre "Lait noir". Cette superstition turque est une parabole qui se réfère à la dépression post-partum, sujet tabou alors que la maternité se doit d'être l'acmé de la vie d'une femme.
Ce récit propose une réflexion sur la corrélation maternité-féminité, sur la façon de concevoir la maternité et le travail d'écrivain. On y trouve une multitudes de références, d'exemples de femmes écrivains, de femmes d'écrivains ayant renoncé à leur liberté pour laisser libre place à la créativité de leur mari en assumant l'intendance du foyer.
Cet ouvrage ne prétend pas apporter de réponse, de vérité mais révèle les différents chemins possibles.