L'original de Laura (C'est plutôt drôle de mourir)
Texte inachevé composé dans la souffrance et la perspective d'une mort prochaine, 'L'Original de Laura' présente l'ébauche d'un enchevêtrement de récits. L'auteur de 'Lolita' reprend ici certains des éléments qui ont fait le succès de son plus célèbre roman. Flora n'est certes pas une nymphette, mais elle ressemble à s'y méprendre à une Lolita qui ne serait pas morte dans les neiges de l'Alaska. Capricieuse, frivole, elle épouse un homme beaucoup plus âgé qu'elle, un professeur de psychologie appliquée, mais collectionne ouvertement les amants ; l'un d'eux la prend pour modèle d'une de ses héroïnes, Laura, dans un roman où figure aussi en bonne place le mari vieillissant. Celui-ci, harcelé par la souffrance, s'ingénie, au moyen de certains exercices, à s'effacer, à se gommer mentalement. L'auteur, dont les exigences esthétiques étaient très élevées, nous permet, malgré lui, de percevoir à distance, entre les lignes, entre les fiches, l'ultime souffle d'un romancier de génie.
Par Bouh.
En quelques mots, ce livre n’a aucun intérêt littéraire. On ne peut pas parler de "roman", ni de "nouvelle", mais presque de "document", car l'histoire qui y est racontée est loin d'être achevée. Restons naïfs en croyant la bonté du fils qui a voulu partager au monde entier le travail ultime de son père dans un but purement culturel (et certainement pas financier...). Je partage l’idée des critiques professionnelles qui considère que ce roman peut nuire à la réputation et à l’image que les lecteurs s’étaient faites de Nabokov. C’est finalement un écrivain comme un autre, qui fait des fautes et qui hésite.