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EAN13 : 9782707320902En savoir plus sur Christian Gailly

Lily est venue l’attendre à la gare accompagné de leur fils Louis, 3 ans et de la chienne. Après trois mois passés dans un hôpital militaire, son mari Braine rentre enfin. Braine bien changé après la guerre dans laquelle il s’est porté volontaire. Un mari qui doit réapprendre à vivre et Lily qui essaie de faire au mieux pour que son retour se passe bien.
Par Isabelle S..
Ils se retrouvent sur le quai d’une gare : Braine revient d’une guerre lointaine épuisé, maigre, brisé ; Lily, sa femme, a fait des « efforts spéciaux » pour lui plaire, Louis, son petit garçon de trois ans, demande si c’est papa et la chienne Lucy, presque un deuxième enfant (elle regarde la télévision et aide à étendre le linge) lui saute dans les bras. Mais se retrouvent-ils vraiment ?
Lily range (cache) le pistolet automatique que Braine a volé à l’armée au-dessus de l’armoire, à côté d’un bugle, planqué lui aussi mais avant son départ, pour qu’il arrête d’en jouer, pour qu’il ne soit plus un musicien, autant dire un voyou, et pour que le père de Lily, président de la société des Automobiles Sligo, continue à les entretenir. C’est d’ailleurs pour ça, croit-on comprendre, qu’il s’est engagé, ou peut-être « pour changer d’air ».
Dans la tête de Braine, peu à peu, les morceaux se recollent : il se rappelle d’où il vient, d’où il revient même, et qu’il aime Lily, aussi.
Mais Rose Braxton apparaît, presque irréelle, une femme fatale, une femme qu’on ne rencontre que sur les écrans de cinéma, d’ailleurs elle fume comme Lana Turner. Elle a croisé Braine, il ne souvient plus très bien où, et elle sait ce qu’elle veut, elle veut Braine comme musicien dans le night club qu’elle a racheté, elle veut que Braine soit à elle, et tous les jours. Il va succomber au pouvoir d’attraction de Rose, comment faire autrement. Même s’il se sera dit, avant de tout accepter : « Ne t’inquiète pas. Il suffit de dire non. Je ne jouerai jamais plus de mon bugle et mon pistolet restera là où il est, et moi, brave garçon, je vais continuer à conduire la dépanneuse […].
Bien sûr, c’est une histoire d’amour et de désir, une de ces histoires qui finissent mal, en général. Un roman qu’on lit comme on écouterait un morceau de jazz, thème et variations, comme on verrait un film, un bon film noir américain. Avec le plaisir de retrouver le ton inimitable de Christian Gailly, son indéfinissable légèreté pour masquer l’émotion, et l’humour comme une pudeur pour que la tendresse ne se voit pas trop.