![]() | Téléchargez la lettre du mois (format pdf) |
Identifiez-vous pour créer votre bibliothèque idéale et ajouter ce livre à vos étagères ou votre liste de cadeaux...
EAN13 : 9782070787777
Une aventure d'Hermux Tantamoq, Le temps ne s'a...En savoir plus sur Mona de Pracontal

Quand Gareth se lève, il s’aperçoit qu’une des vaches a disparu. Gareth est fermier et sa famille vit dans l’ancienne maison de son père. Il part à travers champ à la recherche de la vache et c’est un tout un panel de réflexions, de souvenirs qui lui viennent à l’esprit.

Sur la couverture de ce roman, c’est l’œil en gros plan d’une vache que l’on voit. Un œil sombre, ourlé de poils blancs qui ressemblent à des herbes folles sur une dune. Car c’est une vache qui ouvre ce récit. Ou plutôt sa disparition. Gareth se lance alors à sa recherche, par une chaude journée d’été. Suivant des pistes, remontant le cours de ses pensées, sa recherche se mêle aux soucis qu’il éprouve, pour sa femme, pour sa ferme, pour tout ce à quoi il tient.
C’est un livre au motif presque futile mais pourtant très attachant. L’écriture, ample et sereine, y est pour beaucoup car on est tout de suite dans les pas de Gareth et très vite, cette ferme, cette vie, c’est un peu la nôtre. Il faut accepter de le lire comme on suit des pensées qui dérivent, passer du Lapin à la Roue du tracteur et de la Taupe aux Canards, car telles sont les têtes de chapitre… pour finir par revenir, le soir, en compagnie de Gareth qui aura retrouvé sa vache.
"Elle voit le chat couper avec ruse par la pelouse. Cela fait longtemps que les enfants tourmentent le chat de leurs actes de terrorisme doux. Pour se défendre, il avait adopté une forme de cynisme placide, un peu bourgeois ; de plus, comme il ne décolérait pas de s’être fait couper les bonbons, il arpentait la ferme à pas lents, pour braver son émasculation, tel un tigre : c’est une arme formidable, dans la nature, de donner l’impression qu’on peut déposer un poids considérable tout en douceur."

Bibliothèque idéale
Par Hélène-Lecturissime.
C’est un récit marquant qui nous mène sur ces terres rendues arides par la sécheresse, ces terres auxquelles Gareth tient tant, cette ferme qui donnent la migraine à Kate, cette ferme que leurs fils veut fuir mais vers laquelle il revient inexorablement, ces terres qui offrent des champignons qui ressemblent à des colombes à Emmy, leur petite-fille. Les descriptions de cette nature omniprésente sont magnifiques, l’homme n’étant que la partie d’un tout immense qu’il tente de s’approprier.
« Au-dessus des collines, derrière la ferme, le jour pointait. Ce n’était qu’un éclaircissement de la nuit très noire qui ravivait l’éclat des étoiles, les faisait vibrer comme une gorge d’oiseau et produire une lumière très forte, pour leur taille minuscule. Il s’était aperçu que la vache avait disparu. » (p. 11)
Les êtres dans ce monde sont soumis aux forces de la nature, aux aléas du destin et des maladies qui provoquent des fausses couches chez les vaches comme chez les femmes.
Mais ce qui différencie les hommes des bêtes est cette capacité à transformer la mort en amour. Gareth reste persuadé que la mort de sa première femme a forgé son père plus sûrement que toute autre chose :
« C’était de là que venait la force d’aimer de son père, et sa capacité à être tellement heureux du simple fait d’avoir une famille. » (p. 99)
« Nous devons admettre notre amour immense pour les gens. Si nous n’avons jamais besoin de connaître sa profondeur, nous ne ferons que sentir la lumière à sa surface. » (p. 99)
Ainsi, Cynan Jones nous apprend que la beauté est aussi tapie derrière les larmes, au-delà de la tristesse et de la mort…
Ce que j’ai moins aimé :
- La dureté de cette vie qui n’épargne personne est assez désespérante, et c’est seulement plus tard, après avoir reposé ce roman que j’en ai compris toute la force…