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Rayon : > Littérature > Nouvelles, contes
Mordre la poussière, Tentative d’explication du XXIème siècle en neuf nouvelles, Dominique Julien, editions-dialogues.fr, Littératures, 9782918135036
 

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EAN13 : 9782918135036
ISBN : 978-2-918135-03-6
Éditeur : Editions-dialog
Date Parution :
Collection : Littératures
Code Dewey : 843

Fiche UNIMARC (UTF-8)
Fiche UNIMARC (MARC-8)

Mordre la poussière

Tentative d’explication du XXIème siècle en neuf nouvelles

De

17.50€-5%16.63€

Autre version disponible :

Ebook - editions-dialogues.frEn stock 5.90 €

Voici neuf nouvelles traitant joyeusement de quelques abominations du monde contemporain : la vie de l’entreprise et sa prodigieuse capacité à produire des caricatures, le travailleur précaire soumis aux diktats des petits chefs, l’ancien éditeur devenu sdf à force d’échecs éditoriaux et jeté en prison pour ne pas avoir honoré ses dettes et payé ses droits d’auteurs. Écrites sur un ton nerveux et vengeur, ces nouvelles manifestent avec un brio remarquable les ressources de baroque des situations les plus banales. Dom, le facteur en contrat à durée déterminée, décide d’attraper le même cancer qu’Armstrong pour gagner le Tour de France. Philoche, l’éditeur désargenté et emprisonné, est secouru par ses amis clochards qui rivalisent d’astuces pour réussir à payer sa caution. Hansen, le manager looser, bousille les disques durs de ses collègues et se hisse ainsi sur la plus haute marche du podium des commerciaux sans états d’âme…

Une version électronique est disponible gratuitement grâce au code 2D inclus dans l'ouvrage.
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En savoir plus sur Dominique Julien

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Dominique Julien, une plume acide et sociale

Article paru dans "Ouest France Morlaix"

Nouvelles. Dominique Julien décape l'époque

Article paru dans Le Télégramme du 8 février 2010

Le romancier brestois Dominique Julien est de retour. Encore une fois, il n'est pas content: c'est ce qu'il dit en neuf nouvelles épatantes, assemblées dans le recueil «Mordre la poussière».

Il faut croire qu'il ne les aime définitivement pas. Les chéfaillons arrogants, les larbins rampants, les aliénés de l'entreprise du XIXe siècle, tout ce peuple «qui essaie de suivre ces grands entrepreneurs fascinants mais qui sont tellement minables». En neuf nouvelles brutes et écrites à la serpe, dans l'élégance décharnée d'un style osseux et travaillé, Dominique Julien continue de régler un certain nombre de comptes, nourri par un ressentiment tenace «qui fait avancer et qui inspire». Une à une, ces pépites arides évoquent les nouvelles souffrances liées au siècle qui commence. «Des souffrances que j'espère drôles. Je déteste les auteurs façon Pascal Quignard qui sont en commisération et en pose permanente en racontant qu'écrire est un acte sacré. Moi, ça me fait mourir de rire. Écrire est un passe-temps, dans le sens où l'on occupe son temps par des actes qui en valent la peine». La seconde cartouche part directement pour les usurpateurs, façon «Beigbeder. Moi, je crois que quand on n'aime pas quelqu'un, alors le rapport doit être violent».

Au corrosif

Une violence «symbolique», bien sûr, que le jeune auteur iconoclaste a encore débusquée dans le monde moderne du travail qui offre tant «de travers à l'époque contemporaine». Alors, dans les portraits corrosifs et mordants des managers, chasseurs de tête et autres DRH asservis au pouvoir, à l'argent et «médiocres parce que c'est le système qui l'a voulu», il glisse une sorte de message aux autres. «Ces nouvelles, mine de rien, sont un peu faites pour réveiller les gens. Leur dire qu'ils ont sans doute le droit de geindre, mais surtout d'agir». Pour ne pas «mordre la poussière» comme l'indique le titre générique de ce recueil merveilleusement vitriolé.

Réhabiliter la nouvelle

Ce volume fait par ailleurs partie des trois premiers livres publiés par les Éditions Dialogues, qui proposent, outre le support papier, un code pour pouvoir le lire sur un support numérique: «Ça ne me pose aucun problème. C'est original, j'aime ça». Mais surtout, Dominique Julien approuve «l'édition de nouvelles. Dans de nombreux sondages, les lecteurs réguliers disent aimer lire des nouvelles mais les éditeurs ne les écoutent pas. Ce serait bien qu'ils sortent un peu de leur bulle. Le premier bouquin de Gavalda avait tiré à 250.000et c'étaient des nouvelles», sourit Dominique Julien. Lui, en tout état de cause, s'en soucie comme de sa première ligne. Naviguant entre romans et nouvelles, tentant prochainement une incursion dans la littérature pour enfants, il regarde en jubilant ses contemporains défiler face à lui. De quoi l'inspirer encore longtemps.

Vidéos

5 questions posées à Dominique Julien, à l'occasion de la parution de son livre "Mordre la poussière" (editions-dialogues.fr).

© editions-dialogues.fr

Rencontre avec l'auteur Dominique Julien, pour la publication de son recueil de nouvelles "Mordre la poussière" aux editions-dialogues.fr

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Son

Ecoutez l'entretien avec Dominique Julien suite à la parution de son recueil de nouvelles "Mordre la possière" (éditions-dialogues.fr)

Interview

Entretien avec Dominique Julien

Entretien avec Dominique Julien réalisé en février 2010, à l'occasion de la parution de son recueil de nouvelles : "Mordre la poussière" (editions-dialogues.fr)

Votre nouveau roman, Mordre la poussière, tentative d’explication du XXIe siècle en neuf nouvelles, paraît aux éditions Dialogues. Donc, un même thème, la précarité, traverse vos nouvelles comme un fil rouge. Pourquoi un tel attachement à ce sujet ?

Tout simplement pour une raison qui tient à mon vécu personnel puisque, après des études assez longues, des études de philosophie, je n’ai pas réussi à obtenir immédiatement un poste de professeur, et j’ai donc dû, en fait, m’orienter vers des petits boulots, comme on a coutume de dire. Donc, dans un premier temps, j’ai travaillé pour La Poste, j’étais facteur CDD, notamment ; j’étais aussi distributeur de publicité. J’ai fait encore d’autres petits boulots, et je me suis retrouvé, donc, dans l’édition, à Paris, à cumuler, non pas des contrats mais tout simplement des stages. Et donc, en fait, je suis parti de cette expérience-là pour rédiger un certain nombre de nouvelles qui tournaient autour de cette thématique de la précarité.

La Poste, la difficulté de publier un premier roman, sont des thèmes qui traversent vos nouvelles, est-ce que cela reflète votre propre chemin ?

Voilà, exactement, notamment ce qui concerne, en effet, la difficulté de trouver un éditeur. J’ai mieux compris cette difficulté de trouver un éditeur lorsque moi-même j’ai travaillé dans l’édition, parce que je me suis rendu compte que même un petit éditeur reçoit jusqu’à… on va dire, cinq manuscrits par jour. Évidemment, il est extrêmement difficile de faire le tri dans ce genre de manuscrits.

Dans La Caution, vous mettez en scène un personnage singulier, un peu aux abois, qui est victime d’une descente aux enfers. Pouvez-vous nous parler un petit peu plus de ce personnage ?

Alors, en fait, c’est un personnage de roman, on va dire, qui s’appuie un peu sur un personnage réel, puisque c’est un des éditeurs que j’ai été amené à côtoyer, et ce qui m’a beaucoup plu, en fait, dans ce personnage réel, c’est sa familiarité avec des personnages de Louis-Ferdinand Céline, notamment, dans Mort à crédit, à savoir une sorte d’inventeur, inventeur à la fois fou et génial qu’on trouve dans la deuxième partie de Mort à crédit. J’ai essayé de combiner un peu les deux personnages pour produire ce personnage irréel qu’on trouve, donc, dans cette fameuse nouvelle, La Caution. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que, lorsque je travaillais dans de toutes petites structures, ces petites structures-là avaient énormément de difficultés financières, et ces difficultés financières en question m’ont inspiré pour, là encore, écrire cette nouvelle qui s’intitule La Caution, et pour écrire une autre nouvelle qui s’intitule Ma Mise au pilon, qui est, en fait, l’histoire de ma première publication. On va dire ça comme ça. Savoir la difficulté d’intéresser les médias, la difficulté de la mise en place des livres dans les librairies, et puis aussi, donc, les espoirs un peu déçus, puisque lorsqu’on publie un livre, on a toujours l’espérance d’en vendre des mille et des cents, enfin plutôt des mille que des cents, puis finalement, on voit que, quand on arrive à cinq cents exemplaires de vendus, on est extrêmement contents ou, en tout cas, on doit être extrêmement contents.

Vous écrivez : « La connerie, l’hypocrisie, le sadisme, les pires sentiments humains tapaient dur au bureau. Mon gilet pare-balles, j’allais devoir apprendre à en doubler les mailles. Il faut ce qu’il faut. » Décriviez-vous, par là, notre société et le comportement, en fait, qu’elle nous pousserait à adopter parfois ?

Alors, ça, c’est un passage qui est emprunté à une nouvelle qui porte sur le monde de l’entreprise, et le management notamment, et ce qui m’a plu, là-dedans, enfin surtout ce qui m’a interpellé, dans un premier temps, c’est que j’arrivais pas à comprendre pourquoi, dans les livres qui parlent de management, on ne trouvait pas l’ambiance véritable qui régit ce genre de milieux. Dans un premier temps, je dois dire aussi que, lorsque des copains managers m’ont parlé un petit peu de l’ambiance dans laquelle ils travaillaient, je les ai pas crus. Je trouvais ça totalement extravagant. Et je me suis dit, j’ai essayé de recouper un peu les témoignages, et je me suis rendu compte, en creusant un peu que, dans beaucoup d’entreprises de management, c’était ce genre d’ambiance-là qu’on retrouvait. On a un regard un peu trop extérieur par rapport à ce qui se passe – pas tout le temps, c’est vrai, mais assez souvent – dans le monde de l’entreprise. Le but, c’était de rendre crédible cette fameuse extravagance.

Lorsqu’on m’a demandé… lorsque Charles Kermarec, pour ne pas le citer, m’a demandé d’écrire des nouvelles, dans un premier temps je me suis interrogé sur la thématique. Donc j’ai trouvé la thématique de la précarité, de façon beaucoup plus générale, la thématique de la souffrance, et, après, il a fallu écrire, évidemment, toutes ces nouvelles-là. Moi, comme j’ai coutume de me référer souvent au sport, ce que j’ai fait c’est que j’ai regardé les premiers combats de Tyson, donc c’est un grand boxeur. Et j’avais envie de faire un truc identique, à savoir quelque chose qui est dur, mais qui est aussi léger dans le style. En fait, c’est à la fois une écriture de dénonciation, puisqu’il faut parler… il faut mettre le doigt, je dirais, là où ça fait mal. Des choses dont on ne parle pas forcément tout le temps dans les médias, même si le thème de la précarité c’est un thème qui revient quand même assez souvent. Et l’idée d’une défense, au sens où il y a des gens qui vivent encore ça aujourd’hui. Donc, aujourd’hui… je dirais aussi : hier. C'est-à-dire, qu’en ce moment on nous dit : « Voilà, les gens souffrent parce que c’est la crise. », mais avant la crise, c’était déjà la crise, et on en parlait pas autant, de ces choses-là. Donc je voulais en fait dénoncer le fait que ça existe depuis bien avant la crise, et puis aussi l’idée de me faire, entre guillemets, même si ça fait un peu prétentieux, le « porte-parole » de cette génération qu’on a tendance à trop caricaturer.

Pouvez-vous nous parler de la nouvelle qui, selon vous, en fait, reflète le mieux l’ensemble, l’atmosphère de votre recueil ?

Disons qu’il y a deux nouvelles que j’aime beaucoup, enfin… je me permets de dire ça ! C’est la première nouvelle, donc, sur La Poste, qui s’intitule Le Crabe ne m’aura pas. C’est une nouvelle qui m’intéresse, tout simplement parce que, dans cette nouvelle-là, on trouve une référence à quelqu’un que je cite souvent, donc, un grand sportif qui s’appelle Armstrong, que tout le monde connaît, évidemment. Et c’est un personnage qui a été extrêmement important pour réussir, entre guillemets, à m’en sortir. Pourquoi ? Parce que, comme chacun sait, il a lutté contre la maladie, il s’en est sorti et puis il est devenu, après, plus fort que ce qu’il était avant. C’est ce que les grands penseurs des sciences humaines américaines nomment la résilience, et, justement, lorsqu’ils parlent de la résilience, ils font très souvent référence à Armstrong.

Deuxième nouvelle qui m’intéresse… enfin… qui me semble pas trop ratée, on va dire, c’est la nouvelle qui s’intitule La Péniche. Pourquoi ? Parce qu’elle montre bien la culture d’entreprise, quelque chose qui me semble vulgaire, qui me semble grossier, et, le pire, qui transforme des êtres humains en des caricatures, et souvent en des personnages grossiers. Nature qu’ils n’ont pas, donc s’ils deviennent grossiers, c’est à cause du milieu dans lequel ils évoluent. Voilà.

Le XXIe siècle n’est pas fini. Êtes-vous plus optimiste pour la suite ?

Alors là, franchement, j’ai pas le talent de prophétie… C’est une question à laquelle il est assez dur de répondre. J’ai l’impression, en fait, que lorsqu’il y a prise de conscience, que ce soit par les hommes politiques de droite ou de gauche, peu importe, j’ai l’impression que, après, leurs… comment dirais-je ? leurs efforts sont rarement payants. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas la volonté de changer les choses, mais il y a tellement de contre-pouvoirs, en fait, dans l’économie notamment, qu’il va être assez difficile de, entre guillemets, même si j’aime pas du tout ce mot-là, de « révolutionner » la société dans laquelle on vit. Le problème, aussi, c’est qu’il faut se méfier des extrémismes politiques, qu’ils soient de droite, évidemment, ça va sans dire, ou qu’ils soient aussi d’extrême-gauche. À savoir que je pense que, bon, l’extrême-gauche dit des choses intéressantes mais, à mon avis, elle a absolument aucun moyen de changer les choses et son action n’a pas possibilité d’efficacité. C’est ça le problème.

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Commentaires
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Lemonde tel qu'il sera *

Par .

Il est, je pense, nécessaire de ne pas oublier le sous-titre « Tentative d'explication du XXIème siècle en neuf nouvelles ». Mais cela implique une autre question, ne faut-il pas aller au delà de l'explication? Agir après avoir expliqué? Pour cela est-il nécessaire de souffrir? Car comme ce recueil, chaque récit a son propre sous-titre.
« Le crabe ne m'aura pas » cette nouvelle et son contenu ont une explication historique, faute d'être scientifique. Comment peut-on être un champion prometteur, mais limité, vaincre un cancer des testicules et devenir un coureur hors-norme?
Dom, lui, est facteur en contrat à durée déterminée. Le vélo, il connait et pratique presque tous les jours, alors le Tour de France, le Maillot Jaune, ce coureur qui semble pédaler sur la lune, c'est son rêve. Un léger détail, il n'a pas de cancer, qu'à cela ne tienne.....
Un peu d'humour dans « Le mari de la femme invisible », mais je vous préviens, on rit jaune! Pauvre Gégé, vous parlez d'une vie, et en plus, non content, de ne pas pouvoir voir sa femme en peinture, ils ne s'entendent plus! Fais gaffe Gégé, souviens-toi du proverbe, marié ou pendu!
« La geôle » est un texte très dur sur l'univers carcéral, quelques pages qui font froid dans le dos, la folie et le sadisme au paroxysme!
Une belle brochette de personnages hante « La péniche » où se déroule le séminaire d'une société quelconque. L'auteur trempe sa plume dans le vitriol pour nous décrire un assortiment d'ex ou de futurs cadres dynamiques, de Jean-Luc à l'humour grivois et lourd, à Jean Marie, directeur zélé des ressources humaines. Un des meilleurs textes du recueil, à la fin de cette lecture, je me dis que je suis heureux d'avoir échappé à ce genre de chasse à l'argent et à la productivité. Anton Hansen est également présent dans « Sept à la suite », mais dans cette dernière, il a le rôle du salopard intégral! Enfin, un peu plus salopard que les autres. Pire que « Cashman », ce qui n'est pas une mince performance!

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