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La table du libraire...
Les libraires de Dialogues vous présentent leur sélection de romans drôles pour secouer la morosité ambiante et chatouiller vos zygomatiques.
Vous pouvez retrouver cette sélection thématique sur la table coups de coeur du rayon poche...

La littérature allemande prend une place essentielle dans la littérature mondiale. Après l'étouffoir que fut pour la culture allemande la période nazie, la renaissance est souvent venue des auteurs exilés ou survivants de la guerre. La génération suivante s'est beaucoup inspirée de l'expérience de la guerre, tant à l'Est (Christa Wolf, Christoph Hein) qu'à l'Ouest (Günter Grass, Bernhardt Schlink, Heinrich Böll).

La librairie dialogues vous offre un cadeau pour l'achat de deux titres dans la collection Pocket !

Bibliothèque idéale
Bibliothèque idéale
Par MCABON.
Cher David,
Quand on pense d’ordinaire à la littérature allemande, on l’entrevoit aussi roborative qu’un flammenküche en hiver. Comme si dans notre éventail de préjugés, l’Allemagne se conjuguait nécessairement avec lourdeur et force figures géométriques. Il n’en est rien dans votre livre. Est-ce alors l’exception qui confirme la règle? C’est une question dont la réponse attendra une autre vie. Comme celle qui attend votre héroïne, Kim. Kim présente une émission à la télévision allemande. Elle est célèbre et imbue d’elle-même, l’un étant bien souvent la conséquence de l’autre. Un jour improbable où elle s’apprête à recevoir un prix pour son œuvre, elle est écrasée par un lavabo tombé de la station spatiale russe Photon M3. Sous le choc, elle meurt. C’est ce que croit en tout cas son entourage. Car en effet, et c’est le nœud de votre intrigue, David, elle se réincarne au plus bas de l’échelle, à savoir en fourmi. A elle maintenant de remonter l’arbre de la création pour regagner sa place parmi les êtres humains en faisant le bien. Ainsi, Kim sera fourmi, puis en cochon d’Inde, vache, ver de terre, doryphore, écureuil puis en chien, puis en Maria, une grosse femme. Comme souvent, c’est quand le bonheur et l’essentiel se sont échappés que l’on se rencontre de leur importance. Kim n’y échappe pas. Pour pouvoir reconquérir le cœur de l’homme qu’elle aime et retrouver sa fille, elle doit faire le bien. Pas si facile quand on a pris l’habitude de ne penser qu’à soi.
On pourrait, sans lire entre les lignes, que ce roman n’est qu’une ode à la réincarnation, avec Bouddha dans le rôle du guide, et Casanova, qui suit Kim dans ses pérégrinations comme le farceur de service. Il n’en rien. Car c’est l’égoïsme et ses ravages qui sont au cœur de l’histoire comme, trop souvent, au centre de notre société.