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EAN13 : 9782070129119Autre version disponible :
En savoir plus sur Nelly Alard

« Être père, c’est une suite d’évènements, petits et grands. Ce n’est jamais de la théorie. C’est de la pratique. Être père ça ne s’explique pas, ça se raconte. » Jean-Yves Cendrey
Voici une sélection de romans, de recueils de poésie et de nouvelles sur le thème de la paternité.
Premier roman de Nelly Alard, Le crieur de nuit est un joli roman qui sonne juste mais ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
Mon tort a été d'attendre un long moment entre la fin de ma lecture et la rédaction de ce billet, et je dois avouer que quelques semaines plus tard il ne m'en reste plus grand chose. Or, ceci est chez moi un signe, car s'il est vrai que j'ai mauvaise mémoire, un livre qui a été un coup de coeur me marque durablement même si je n'en retiens qu'une impression générale.
Le crieur de nuit est le court récit d'une femme qui vient de perdre son père et nous raconte cette mort sur sept jours, de l'annonce du décès jusqu'après l'enterrement. Sept chapitres qui sont l'occasion pour la narratrice de revenir sur son propre passé et sur la relation qu'elle avait avec son père. Sans pathos, avec un brin d'humour et beaucoup de pudeur, elle explique la souffrance ressentie, la dureté d'un père qui manque dans sa construction et les prémices chaotiques d'une vie adulte.
Une centaine de pages qui tiennent à la fois du journal intime et de l'analyse pour une lecture qui se révèle contre toute attente plutôt légère et abordable. L'écriture est plaisante, le personnage attachant, le ton est juste.
Quelques phrases marquent, pour le reste c'est déjà oublié en ce qui me concerne.
Un ouvrage qui ne me laissera pas de grand souvenir à travers le temps mais que j'ai lu sans déplaisir.

La mort n’enlève pas la parole à ceux qui restent. Une fille, âgée de trente ans, bretonne d’origine, fait mémoire de son père dans ce court récit autobiographique. La famille n’est pas toujours le lieu où l’on s’épanouit dans un climat propice à la naissance de soi. La violence est là, prête à surgir. Souvenons-nous de l’histoire de Caïn et Abel, le mal est « à la porte tel une bête tapie qui te convoite ». Nelly Allard retrace les quelques jours qui suivirent l’annonce de la mort de son père jusqu’à l’enterrement. Les évocations du passé : la pêche, les repas, l’école… autant de souvenirs, heureux ou malheureux qui remontent spontanément à la mémoire. Comment dire au revoir à celui qui l’a blessée au long des années ? Etait-il jaloux de l’amour de ses enfants, rêvant d’avoir sa femme pleinement pour lui-même ? Un père, crieur de nuit, très tôt malade qu’il a fallu accompagner des années avec patience et dévouement. Une mère qui n’a jamais baissé les bras, toujours présente, aimante, auprès de celui dont le comportement révélait violence et fermeture. Chacun des enfants a tissé une relation unique avec le père comme avec la mère. Pour certains, il était mort depuis longtemps, le lien s’était distendu… Pour les autres, malgré tout, la relation demeurait vivante. Dans ces moments de deuil, il importe d’écouter ce qui surgit alors même que l’on pourrait croire que tout est fini. La musique des mots révèle en chacun que la vie continue, non sans liens.
Franck Delorme

Dans ce roman (d’inspiration largement autobiographique), la narratrice s’adresse à son père qui vient de mourir. Tyrannique, autoritaire, violent : ce dernier lui faisait tellement peur qu’elle n’a jamais pu lui dire, de son vivant, ce qu’elle avait sur le cœur. Les cinq jours qu’elle va passer en Bretagne, à l’occasion des funérailles, avec frère, sœur et mère vont être l’occasion pour elle de solder ce passé qui lui est si longtemps resté en travers de la gorge…

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Par clara.
«Tu es mort. Enfin.» Voilà la première chose que se dit Sophie en apprenant la mort de son père.
Quatre mots qui en en disent long et qui nous préparent à découvrir quelle était l'attitude de ce père.
Car ce roman est un livre sur la mort et où les souvenirs remontent à la surface. Tout y est dit avec des mots justes et remplis de pudeur, sur un ton sans fausse note.
Ce huit-clos familial se déroule en Bretagne sur sept jours. Sept jours où Sophie va se délivrer du poids de son passé. Un père atteint de la maladie de Parkinson mais qui était un tyran pour sa famille. Autoritaire, égoïste, pouvant rentrer dans des rages folles allant jusqu'à traiter sa file de 8 ans de putain. Jamais de main levée, oh non, pas de bleus physiques mais des blessures profondes, indélébiles. On y perçoit aussi de brefs instants d'amour paternel. Rares et insuffisants. Les vacances n'en sont pas, il faut être au service et obéir à ce père. Sophie même arrivée à l'âge adulte et délivrée de la présence physique de son père en souffrira encore. La mère sera le bouclier fragile entre son mari et ses enfants. Sacrifice absolu elle s'en occupera lorsqu'il sera malade et dépendant.
Tout le récit est entrecoupé de passages du livre " La légende de la mort chez les Bretons armoricains" d'Anatole Le Braz. Et ces extraient se glissent, s'insèrent parfaitement dans le livre expliquant le caractère de la mort en Bretagne.
Un premier roman exemplaire et magnifique qui ne tombe jamais dans le mélo. Une fois de plus, j'ai terminé ce livre la gorge serrée d'émotions et c'est un très gros coup de cœur ...vraiment !
Merci à Dialogues croisés, le club de lectures de Dialogues pour ce livre remarquable !