L'Etoile qui tombit, pardieu la belle fête !
De Gilles Durieux, son ami et préfacier Bernard Giraudeau écrit : « Alors on écrit la vie avec des cris accrochés à la douleur, au chagrin, à la jouissance des jours, des femmes, de l’alcool... » Comme il a raison !
Avec ce nouveau recueil, Gilles continue de s’exprimer sur le registre singulier qui est le sien : celui de la fraternité nostalgique, de l’amitié indéfectible, de la souffrance et du bonheur – ou des bonheurs – qu’apporte la vie. Je ne vois aucun poète, aujourd’hui, exprimant de façon aussi directe, aussi simple, aussi « populaire » (au meilleur sens du mot) cette émotion au quotidien qui est l’expression de la vie même.
Les souvenirs se bousculent, les personnages se croisent, se rencontrent et se perdent dans les poèmes de Gilles. Sous une apparente simplicité de forme et de contenu, il y a beaucoup de culture, de clins d’œil, de références multiples dans ces poèmes plus « composés » qu’il paraît. Mais Gilles nous fait oublier ce savant débraillé pour ne nous laisser à lire que la « substantifique moelle » de cette émotion nommée poésie. Fidèle à son habitude, il nous livre aussi une galerie de portraits « en creux » de tous ceux qui comptent ou ont compté à ses yeux... et ils sont légion, car je ne connais pas de Breton solitaire moins isolé que Gilles Durieux.
Le vrai barde, c’est lui. Ça va « barder » !
Jean Orizet
Par Saphoo.
J’ai lu pour ne pas dire braconné ce livre à petit pas, d’un texte à un autre, j’ai souvent perdu mon latin, bousculé par des mots venus du cœur d’un poète vers ses proches, un clin d’œil par ci et par là à des illustres personnages, ces textes se lisent comme des dessins en trompe l’œil.
C’est étrange, troublant et même déstabilisant de se plonger dans cette poésie d’ailleurs, on admire sans vraiment se douter ce qui se cache derrière ces poèmes, et pourtant on ressent ô combien l’humain pur et chaleureux, amitieux et généreux tout le long du recueil.
La plume de Gilles Durieux devient des ciseaux d’argent taillant le roc brut, texte après texte, se dévoile une facette puis une autre où la lumière vient s’y mirer en toute simplicité mais avec une authenticité tel que ce roc se mue en un diamant pur et admirablement travaillé.
Des textes à l’odeur d’un vécu, d’un personnage haut d’estime, sincère qui ne fait pas de manière.
Ne tentez pas de mettre une étiquette sur cette poésie, ni forme ni principe, c’est la poésie de Gille Durieux : belle et chantante, bousculant nos aprioris poétiques, un langage unique pour un poète atypique …
Les mots en offrande se chahutent dans les vers, les rimes n’en font qu’à leur tête, et le tout : devient un joyeux mélange savoureux et original qui surprend certes mais nous offre un vent nouveau aux embruns vivifiants…
Tout un recueil qui ressemble aux vagues frappant les récifs, l’écume nous laisse rêveur, le bruit fracassant nous rend un peu pantois, alors que la fraîcheur nous laisse en éveil près à affronter la prochaine déferlante.
Une poésie qui swingue, caracole et fanfaronne, sous un petit air américain, il faut avoir le pied marin, et vogue ce joyeux rafiot vers une lecture d’aventure.
Chapeau bas Monsieur Durieux !