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EAN13 : 9782070437917
L'éternel retour
Dans les forêts de SibérieEn savoir plus sur Sylvain Tesson

15 nouvelles qui bouleversent par leur fatalisme... Des histoires d'individus qui, même fictifs, ont tout de réels. Des évènements de la vie qui pourraient nous arrivés et qui rendent celle-ci trop "réaliste".
J'ai beaucoup aimé les chutes de chacune de ses nouvelles, qui nous amènent à réfléchir sur la profondeur de notre existante, sur les choses auxquelles nous attachons de l'importance et la place que nous leurs donnons dans notre vie. Ce qui m'a interpellé aussi, c'est qu'un homme parle aussi bien de la condition des femmes ici et ailleurs. On y apprend aussi que la cruauté n'a de réponse que la même cruauté et que notre monde est fait d'injustices....

15 nouvelles dépaysantes ! Sibérie, glens écossais, Mer d’Egée, Géorgie, Pays de Galles ou la pointe Finistère (un peu moins dépaysant, je vous l’accorde), voilà les lieux où se jouent ces scènes de vie. On passe de la mer aux montagnes, on se promène également dans l’Histoire.
Avant de lire ce recueil, j’ai juste envie de vous dire : prenez votre sac de couchage et en route !
Des nouvelles au goût de voyage, étonnantes non par la chute mais par le contenu. Des textes où la nature est présente. Si bien décrite qu’on s’y croirait ! On entend le vent souffler, on imagine la mer démontée, les naufrages, les grandes plaines…. Et pour compléter (ou gâcher) le tableau, l’Homme. L’Homme souvent vaniteux, fat ou qui se croit supérieur. Il arrive qu’il fasse repentance comme dans Les porcs ou alors que la Nature donne la leçon. La première nouvelle L’asphalte donne le ton de ce recueil. J’ai enchaîné ces textes avec plaisir et avidité ! Car l’écriture est belle, elle possède un style qui fait penser aux récits d’aventure. Et puis, il y a ces phrases relevées ou qui en disent tant : « l‘enfer, ce n’est pas les autres, c’est quand ils vivent trop près ». Une mention spéciale pour La statuette et Le bug qui plairont, j’en suis certaine, à tous les hommes qui ont tendance à sous estimer les femmes…
Du bonheur à consommer sans modération ! S’en priver serait un péché…

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Par Hélène-Lecturissime.
Ces nouvelles sont toutes admirablement bien construites, entrainant allègrement le lecteur dans des univers très différents pour finalement le surprendre par une chute brutale inoubliable.
Sylvain Tesson, écrivain-voyageur nous offre un pan de son expérience de voyageur en plantant le décor de ses nouvelles dans des régions diverses du monde : L’asphalte se passe en Géorgie dans un petit village, le personnage principal Edolfius se battant pour qu’une véritable route desserve son village, et non plus une simple piste de cailloux, Les porcs aborde le sujet de l’élevage intensif au pays de Galles, La statuette est celle trouvée près d’une mine par un démineur en Afghanistan…
Il nous permet ainsi non seulement de découvrir des paysages variés mais aussi de nous familiariser avec des modes de vie et de pensée autres. Par exemple dans Le bug, il nous livre en quelques lignes plusieurs révoltes de femmes à travers le monde, femmes qui un jour se sont révoltées contre leur condition, au même moment « De Sao Paulo à Libreville et d’Anvers à Johannesburg, au même moment, sans prodromes, des milliards de femmes, dans un élan commun, s’avancèrent vers l’inconnu, affranchies. » (p. 78)
Les thèmes abordés le sont toujours intelligemment et subtilement, servant un dessein plus large que la simple mission de raconter une histoire. Une morale se dessine souvent en filigrane derrière ces nouvelles, morales qui font la part belle au destin et aux forces de la nature auxquelles sont soumis les hommes…
La particule est peut-être la plus originale de ces nouvelles au charme bigarré : on y suit les pérégrinations d’une particule :
« Je roulai jusqu’au Gange dans un flot indistinct d’alluvions et d’ordures. A peine dans les eaux du fleuve, je fus filtrée par les ouïes d’une perche. (…) Je m’infiltrai dans les granules de sable et les cristaux d’argile. La radicelle d’un arbuste m’aspira et me propulsa dans la tige. La succion de la sève m’injecta dans la nervure d’une feuille. (…) Je coulai dans la trachée d’un jeune anglais et m’épanouis dans sa viande. (…) Et moi, misérable particule, cellule anonyme, pauvre poussière d’atome, je vous supplie, ô dieux du ciel, de me donner le repos, de me délivrer du cycle et de me laisser gagner le néant… » (p. 151)
Des nouvelles qui sont comme de petites pépites glaciales… A découvrir absolument...