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EAN13 : 9782879296593En savoir plus sur Raymond Carver
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N'en faites pas une histoireEn savoir plus sur William L. Stull

Rentrée littéraire, titre Nathalie Crom dans Télérama.
Effectivement, cette rentrée est marquée par la publication en France de quelques grands auteurs tels que Don DeLillo (Point Omega, Actes Sud), Jim Harrison (Les Jeux de la nuit, Flammarion), Thomas Pynchon (Vice caché, Seuil), Bret Easton Ellis (Suites impériales, Robert Laffont), et les rééditions de Richard Price (Presses de la Cité) ou Raymond Carver...
Ou au mois d'octobre, Philip Roth (Indignation, Gallimard), Joyce Carols Oates (Petite sœur, mon amour, Philippe Rey) et Elizabeth Strout (Olive Kitteridge, prix Pulitzer 2009, éd. Ecriture)...

Il y a vingt ans, Olivier Cohen lançait sa maison d’édition. 650 titres plus tard, retour sur une maison qui a découvert de grands noms de la littérature française et étrangère.
A l'occasion des 20 ans de l'Olivier, la Bpi présentera une soirée en deux volets, de découverte et de plaisir du texte.
Vous en trouverez le programme ici :
http://www.bpi.fr/fr/la_saison_culturelle/evenements/les_editions_de_l_olivier_ont_20_ans.html
Par Eireann Yvon.
D'abord félicitons les Éditions de l'Olivier pour la réédition des œuvres complètes de Raymond Carver (1938/1988), très grand écrivain américain trop méconnu. Une vie courte, il est mort à cinquante ans, avec pendant plusieurs années un problème d'alcoolisme. Il fut pendant un temps professeur dans la même université que John Cheever.
Dix sept nouvelles, ni trop, ni trop peu, et un postface très instructif. Un mot à ce sujet, je n'aime pas certaines préfaces, mais dans le cas présent, mettre ce texte en fin de livre est une excellente idée. La lecture est finie, donc l'opinion est normalement faite, mais quelques éclaircissements peuvent être les bienvenus. Une lettre de l'auteur donne un point de vue très instructif sur ce qu'il a éprouvé à la lecture de ses écrits épurés par son éditeur.
« Si vous dansiez » est un très beau texte, qui donne le temps de l'ouvrage, des couples désunis, l'homme qui boit et ici deux jeunes qui eux commencent dans la vie. Le geste de cet homme est plein de bonté et d’élégance....
« Ou sont-ils passés, tous » est à mon goût une des plus belles histoires de ce recueil, et pourtant point de vue moralité, c'est très limite, entre alcool et adultère. C'est la nouvelle la plus représentative de l'ambiance de ce recueil. Un homme se souvient comment lui et sa vie ont sombré, lui dans l'alcool, sa vie dans la solitude.
« Gloriette » est le texte le plus déprimant, l'histoire d'un homme et d'une femme qui fêtent leur future séparation, qui l'arrosent, oserais-je dire.... Enfermés dans une chambre de l'hôtel qu'ils gèrent, ils s'enferment également dans leurs problèmes de couple.
Une « Incartade » ne devrait pas porter à conséquence, mais parfois cela se termine en drame, une histoire d'amour et de mort, où un fils écoute les souvenirs de son père.
« À moi » est une histoire sordide de rupture en deux pages et demie. Un texte terrifiant !
La nouvelle qui donne son titre au recueil, et qui est aussi la plus longue, est une discussion entre deux couples autour d'une table. Chacun se raconte, ses amours, les drames et parfois les joies d'une vie semblable à pleins d'autres. Avec comme question lancinante « C'est quoi l'amour ?» et « Jusqu'où peut-on aller par amour ?». Un beau texte, un constat et une évidence : l'amour d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier, ni celui de demain (Mais y aura-t-il un autre amour demain?).
« Un dernier mot », un dernier texte, un dernier verre, une dernière rupture, un dernier départ....
Des personnages terriblement humains, même et surtout avec leurs défauts, rarement sympathiques, plutôt ternes. Un photographe avec des crochets à la place de ses mains, Holly et Duane, couple en perdition tellement attachant, deux voisins fâchés après une dispute d'ivrogne, deux amis qui voudraient retrouver leur jeunesse, quatre autres qui partent à la pêche, un couple qui va à son bingo du vendredi....Un pauvre homme et une femme infidèle, mais aussi Henry et Anna, personnages à l’ancienne, vieux couple se remettant dans un hôpital d'un terrible accident de voiture, l'Amour avec un grand A.
Je crois que ce livre peut surprendre, car il donne de l'Amérique une image plutôt grisâtre et fortement imbibée. Ces récits sont très souvent tristes, les vies ratées, divorcés, chômeurs, alcooliques que l'on se représente dans une banlieue triste et standardisée. D'autres textes ont une vocation plus rurale, concernant en particulier la chasse, la pêche et la vie dans l'Amérique profonde.
Ces nouvelles semblent toutes avoir la même déclinaison, la rupture sur fond de boissons, mais chaque histoire a sa propre logique, la même chose, mais de manière différente.
Un petit reproche, les fins sont souvent très floues comme si l'auteur hésitait entre plusieurs possibilités.
J'ai éprouvé à la lecture de certaines de ces nouvelles le sentiment d'en avoir déjà lus certaines, et après quelques recherches j'ai appris que Robert Altman s' était inspiré de certaines de ces histoires pour son film « Shorts Cuts ».