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L’association Livresse de Lire et la librairie Dialogues en partenariat avec Le Télégramme lancent de nouveau cette année le prix Livresse de lire à l’attention des lycéens.
Trois auteurs ont été sélectionné cette année, il s'agit de Maurice Gouiran, Grégoire Delcourt et Jean-Michel Guenassia. Retrouvez leur bibliographie dans ce dossier.

Pour avoir écrit un petit poème à sept ans, Édouard est considéré comme un prodige par ses parents. « En quatre rimes pauvres, j’étais devenue l’écrivain de la famille. À huit ans, je n’avais plus rien à dire. » (P. 14) Le génie a fui aussi vite qu’il était venu, mais personne ne comprend pourquoi l’enfant, puis l’homme n’écrivent pas un chef-d’œuvre. Tendue vers cette réussite, c’est toute une famille qui s’épuise et finalement se déchire, lasse de n’avoir pas parlé, lasse de ne pas avoir ouvert son cœur au-delà du vœu fou de faire de l’enfant une merveille. « Nous devenions muets. Ce qui est un comble pour une famille qui comptait son propre écrivain. » (p. 32)

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Par clara.
À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Quatre rimes qui se battent en duel mais la gloire vient de frapper. C’est officiel ! Pour sa famille, il est écrivain. Deux ans plus tard, les mots ne viennent plus. Les années passent, sa famille s’effiloche et son grand roman ne voit pas le jour. Edouard n’a peut être pas un talent d’écrivain mais les portes du monde de la publicité s’ouvrent à lui. Celui qui était destiné à devenir un grand de la littérature porte son échec et écrit l’histoire des siens.
Plongeon dans les années 1970, on respire la fumée des gitanes tandis qu'Edouard, 7 ans, écrit un poème naïf. Quatre rimes bien pauvres lui valent d’être affublé du titre d’écrivain de la famille. Mais deux ans plus tard l'inspiration l'a déserté. Lui qui aime jouer avec les mots ne trouve plus de rime. Les disputes des parents sont fréquentes, son père côtoie la dépression depuis son retour de la guerre d'Algérie. La vie continue malgré tout. Son père a refait sa vie, son frère emmuré dans son monde est placé dans un institut et Edouard a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Hélas, sans talent, il est bien difficile de devenir écrivain. Même si son "grand" roman n'est pas édité, Edouard réussit à se faire une belle place en tant que publicitaire.
Le ton du récit change, les jeux de mots et l’humour font place à plus de sensibilité. La famille d'Edouard se disloque un peu plus. Et lui, il essaie d'avancer malgré son mariage bancal et le poids de l'échec.La culpabilité de n'avoir pas été à la hauteur aux yeux de ses parents le ronge. Je n'en dis pas plus...
Une écriture limpide, entraînante pour parler de ce qui fait mal et l'histoire de cette famille m'a "parlée" ! Le parcours d'Edouard est entaché de quelques erreurs et nous rappelle que nous en faisons tous. Seul petit bémol mais je titille, j'ai trouvé qu'il y avait trop de vrais slogans publicitaires ...
En conclusion, il s'agit d'un premier roman drôle mais surtout sensible et émouvant ! Un auteur à suivre de près ...