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EAN13 : 9782918135234En savoir plus sur Hervé Jaouen
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J'ai eu pendant des années la version originale de cet ouvrage dans ma bibliothèque. Mes connaissances en anglais étant pour le moins sommaires, je n'ai jamais eu vraiment l'occasion de le lire sérieusement. Je suis donc très satisfait de la sortie de cette correspondance enfin traduite en français. Et je suis encore plus content que ce soit un spécialiste de l'Irlande comme Hervé Jaouen qui l'ait faite.
Les Blasket, qui comportent six îles, ont eu le mérite de servir de pépinière à quelques-uns des plus grands écrivains de langue gaélique. Surtout la Grande Blasket (An blascaod Mór en gaélique) dont les vingt deux derniers habitants furent évacués le 17 novembre 1953 sur ordre du gouvernement, qui considérait que la vie était trop dangereuse ainsi, isolée de l'Irlande.
Quelques kilomètres séparent les îles Blasket de la péninsule de Dingle au Sud-Ouest de l'Irlande ; mais la mer est rude et la traversée peut s'avérer difficile voire dangereuse, aujourd'hui encore. Pourtant une communauté s'est accrochée sur la Grande Île — Great Blasket Island, An Blascaod Mór en gaëlique — jusqu'en 1953, où les derniers résistants (une vingtaine) ont été définitivement rapatriés sur le continent. Cette aventure et son dénouement ont connu une singulière notoriété en raison du talent d'îliens qui ont trouvé les mots justes pour exprimer leur attachement à cette terre et au mode de vie en commun qui s'y était développé de longue date. Dès 1936, Raymond Queneau a fait connaître aux lecteurs français le récit de Maurice O'Sullivan, Vingt ans de jeunesse ; plus tard ont été traduits Tomás O'Crohan — L'homme des îles (1989) — et l'Autobiographie (1999) de Peig Sayers. Tout récemment enfin, Hervé Jaouen a pris l'initiative de traduire les lettres adressées en anglais par Elisabeth O'Sullivan à George Chambers qui s'était rendu sur l'île en 1931.

Les lettres de la Grande Blasket aux éditions Dialogues Croisés ont été écrites de 1931 à 1951 par Eibhlis Ni Shuilleabhain (Elizabeth O'Sullivan), native de cette île située dans le Kerry, au Sud-Ouest de l'Irlande. Elles sont adressées à George Chambers, un anglais qui avait rencontrée la jeune fille en visitant la Grande Blasket et était devenu son ami. Les lettres sont suivies d'un texte de Hervé Jaouen, le traducteur, qui raconte sa visite de l'île désertée par ses habitants.
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Par Agathe B..
La Grande Blasket est une toute petite île au Sud de l’Irlande où quelques familles vivent recluses.
Pendant vingt ans, de 1931 à 1951, Elisabeth O’Sullivan (Eibhlís Ní Shúilleabháin ) entretient une correspondance avec Georges Chambers, un anglais. Devant la beauté de ce témoignage, John décidera de les publier : Les lettres de la grande Blasket voient le jour
Elle y décrit sa vie sur l’île : l’organisation pour le ravitaillement concernant la nourriture, les tempêtes, les fêtes qui ponctuent les saisons, mais aussi les décès et les mariages (peu nombreux)…
Leur façon de vivre, leurs coutumes, leurs croyances (fantôme) y sont décrites et restent assez étonnantes pour un citadin londonien tel que Georges. Les questions de la demoiselle sur Londres nous apparaissent naïves et touchantes, mais vivant en autarcie il ne faut pas oublier que rien (ou presque) ne leur parvient de l’extérieur !
Toutes ses lettres montrent également l’extinction de sa communauté, Elisabeth ayant quitté, elle –aussi, l’île avec mari et enfant.
Sa langue d’origine n’est pas l’anglais et cela se ressent tout à fait à la lecture. Sa prose est parfois maladroite mais toujours touchante et authentique.
Ce recueil de lettres me fait vaguement penser au Cercle littéraire d’épluchures de patates, à la différence ici que rien n’est romancé, et que tout est beaucoup plus tranquille !