La tristesse des anges
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Ebook
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Editions Gallimard
«Maintenant, il ferait bon dormir jusqu’à ce que les rêves deviennent un ciel, un ciel calme et sans vent où quelques plumes d’ange virevoltent doucement, où il n’y a rien que la félicité de celui qui vit dans l’ignorance de soi.»
Lorsque Jens le Postier arrive au village, gelé, il est accueilli par Helga et le gamin qui le détachent de sa monture avec laquelle il ne forme plus qu’un énorme glaçon. Sa prochaine tournée doit le mener vers les dangereux fjords du nord qu’il ne pourra affronter sans l’assistance d’un habitué des sorties en mer.
De son côté, le gamin poursuit sa découverte de la poésie et prend peu à peu conscience de son corps, des femmes, et de ses désirs. C’est lui qu’on envoie dans cet enfer blanc, «là où l’Islande prend fin pour laisser place à l’éternel hiver», y accompagner Jens dans son périple. Malgré leur différence d’âge, leurs caractères opposés, ils n’ont d’autre choix que de s’accrocher l’un à l’autre, s’accrocher à leurs amours éloignées, pour ne pas céder à l’impitoyable nature.
Avec une délicatesse poétique singulière, Jón Kalman Stefánsson nous plonge dans un nouveau parcours à travers les tempêtes islandaises. Au milieu de la neige et de la tentation de la mort, il parvient à faire naître une stupéfiante chaleur érotique, marie la douceur et l’extrême pour nous projeter, désarmés et éblouis, dans cette intense lumière qui «nous nourrit autant qu’elle nous torture».
Par clara.
Durant une tempête de neige, Jens le postier arrive à l’auberge quasi gelé. Helga s’occupe de lui tandis que le gamin observe. Dans cette terre d’Islande qui semble si hostile à l’homme, les mots transmis par courrier réchauffent bien plus que le cœur. Jens doit prendre la mer or il a peur de l’eau. Helga missionne le gamin d’aller avec lui. Contraint d’abandonner les plaisirs que procurent la poésie et la sensualité charnelle des femmes, le gamin l’accompagne.
L’année dernière, Ciel et terre m’avait fait pleurer d’émotions. Cette semaine, je me suis retrouvée dans le bus avec des poissons d’eaux dans les yeux. En 2010, j’avais été éblouie par l’écriture de Jón Kalman Stefánsson. Cette année, j’ai été à nouveau émerveillée par la portée de son style où la poésie puise au plus profond des mots. Je me suis prise des bourrasques d’émotions en pleine figure, le souffle coupé par la beauté de cette Islande. Devant cette nature où les éléments confèrent à l’homme du courage et une forme d’humilité.
Dans ce nouveau roman, on retrouve des éléments présents dans Ciel et terre. L’adolescent nommé le gamin accompagne cette fois le postier et non pas un pêcheur, la force de la nature et des mots. Et la mort qui n’est jamais loin. Cette ombre carnassière qui rôde auprès des vivants. Le gamin et Jens se retrouvent à accomplir un périple durant lequel ils vont rencontrer différents personnages et les lettres du postier sont comme des relais. La tempête fait rage, Jens et le gamin avancent péniblement confrontés à leurs angoisses.
Ne cherchez pas une histoire haletante. Si j’ai trouvé quelques pages inutiles avec des redites, l’ensemble et surtout la seconde partie du roman balaye d’un revers de main ces bémols.
Jón Kalman Stefánsson sans se faire moralisateur nous donne des clés pour accéder à son univers où la poésie, l’humilité et l’entraide jouent un rôle majeur. J’ai tellement aimé ce livre que je veux aller en Islande !