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EAN13 : 9782709635790
Rien ne s'oppose à la nuitEn savoir plus sur Delphine de Vigan

Le Prix Goncourt 2011, décerné le 2 novembre 2011, est attribué à Alexis Jenni pour son roman "L'art français de la guerre" (Gallimard).
Au sommaire :

Le prix Renaudot des lycéens, attribué mardi 8 novembre, couronne Delphine de Vigan pour le roman qu’elle a consacré à sa mère, Rien ne s’oppose à la nuit (Lattès).

Quinze romans ont été retenus par le jury Renaudot pour sa première sélection. C'est Emmanuel Carrère qui est récompensé. Le Prix Renaudot lui est attribué le 2 novembre 2011.

Mathieu Lindon a emporté le prix Médicis pour son roman Ce qu'aimer veut dire paru en janvier chez P.O.L.

Le prix Femina 2011 a couronné au premier tour le roman de Simon Liberati, Jayne Mansfield 1967 (Grasset), par 9 voix contre 3 à Colette Fellous (Un amour de frère, Gallimard).

Les incontournables de la rentrée littéraire... Vous allez en entendre parler !

Nous n'avons pas (encore) lu tous les livres de la rentrée, mais voici déjà une sélection, pour aiguiser tous vos appétits de lecture...
Toute l'équipe de la librairie Dialogues a pris plaisir à sélectionner pour vous les ouvrages présentés ici et forme le voeu qu'ils contribueront à vous faire passer de très bonnes fêtes. Au sommaire, des ouvrages pour la jeunesse, des dictionnaires et encyclopédies, des romans, des livres concernant les beaux-arts, l'art de vivre, la nature, les jeux, les sports, la mer, la Bretagne, les sciences humaines, des BD et mangas, des livres sonores et des agendas. Le catalogue imprimé est à votre disposition gracieusement à la librairie.

Voilà enfin que ce roman tant attendu est parvenu entre mes mains et devant mes yeux. Devant les critiques dithyrambiques de la blogosphère, je vais émettre un bémol.
Oui, ce roman, ou plutôt, pardon, ce récit d'une vie, est bouleversant. Pourtant, de la vie de Lucile, je n'ai lu que des blancs. A quoi pensait-elle quand son regard était "ailleurs" ? (Allez, je vous vois arriver : sa fille dit elle-même qu'elle récolte des témoignages et qu'elle ne veut surtout pas romancer. Certes, mais nous ne saurons pas grand-chose de la jeunesse de sa mère). Sa personne s'inscrit dans l'absence, le vide, déjà.
Oui, ce livre parle de la folie de sa mère. Mais ce n'était finalement pas sa fille aînée la plus proche d'elle lors des crises, avant et après. Elle a très vite pris ses distances. Je ne lui en veux pas, j'ai fait la même chose.
Alors pourquoi choisir d'écrire si rapidement sur la mort de celle qu'elle connaissait si peu ? Pour s'en libérer ? On ne s'en libère jamais tout à fait. L'auteure arrive à une chouette conclusion, mais si l'on a soi-même été un tant soit peu été confronté au problème, il y a longtemps que l'on en a tiré la même déduction.
Au final, j'ai bien aimé la comparaison avec les toiles noires de Pierre Soulages. Le "personnage" de Lucile s'inscrit "par défaut" et brille par reflets, grâce aux réflexions des autres.
Je reconnais tout de même que le travaille qu'a entreprit l'auteure, je ne l'aurai pas fait : remuer ciel et terre pour tenter de comprendre le geste fatale de sa mère. Briser les tabous familiaux, faire remonter les vieilles rancunes et les anciens drames. Je lui tire donc mon chapeau.
J'ai trouvé qu'il manquait plein des choses dans ce récit : les voix masculines (le père de l'auteure, entre autre, qui aurait pu, lui aussi, apporter son éclairage).
Mais je comprends maintenant aussi un peu mieux pourquoi ce roman n'a pas reçu le Prix Goncourt.
L'image que je retiendrai :
Bizarrement, celle de la couleur noire, comme les toiles de Soulages et le pull sur la couverture. Pourtant, c'est un roman qui m'a paru très lumineux.
http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/14/22666767.html
C'est un roman plein de profondeur qui nous entraîne malgré nous dans un univers sombre. L'histoire, parce que vraie, est vraiment... incroyable, révoltante, horrible, merveilleuse... un peu de tout ça à la fois. L'écriture est maîtrisée. Une bonne dose d'émotion, une belle leçon de vie, un magnifique hommage d'amour entre un mère et sa fille.

Quand j’ai commencé ce livre, je l’ai lu jusqu’à la dernière page en une journée. Dans ce nouveau livre, Delphine de Vigan nous parle de sa mère Lucille. Un livre dont j’ai porté l’histoire durant plusieurs jours.
Lucille, la mère Delphine de Vigan s’est suicidée à l’âge de soixante et un an, en 2008. La nécessité d’écrire sur sa mère s’est imposée d’elle- même. Un sujet « casse-gueule » comme le dit l’auteure. Car écrire sur soi, sur sa famille c’est s’exposer publiquement. Même si deux de ses précédents romans était basés sur son expérience personnelle, ici, elle écrit ouvertement. En toute sobriété et tout en sensibilité.
A LIRE

Bibliothèque idéale

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livres 2011
Par Agathe B..
Dans cet ouvrage qui se situe entre roman et autobiographie, Delphine De Vigan raconte sa famille et plus particulièrement sa mère, et cherche à comprendre sa personnalité obscure, ses souffrances et les causes de sa chute dans la folie.
Plusieurs parties forment le récit, à travers trois époques différentes :
La première partie met en scène la mère de l’auteure, Lucile, lorsqu’elle est enfant. Le récit se fait grâce à des témoignages de la famille, et des cassettes que Georges, ce père aimant et tyrannique a laissées, et dans lesquelles il confie des passages de sa vie.
La deuxième partie nous raconte Lucile jeune femme. Le récit est alors mêlé de témoignages toujours mais également de souvenirs de l’auteure alors qu’elle était enfant.
La dernière partie concerne Lucile en tant que grand-mère et ses dernières années.
Le travail de l’auteure est énorme et ressemble parfois à une enquête. Elle questionne, déterre des souvenirs souvent douloureux, retrouve des écrits, confronte les différentes versions d’une même histoire…
Et tout ça, en plus de la souffrance que cela lui impose, lui fait se poser des questions sur l’héritage familial :
Quelle est la part d'obscurité que sa mère leur a légué, à elle et sa sœur ?
De quelle manière le passé joue sur notre personnalité?
et sur l’écriture :
Quelle est la part de vérité et de subjectivité dans ce qu'elle écrit, dans ce que lui raconte ses oncles et tantes?
A-t-elle le droit de mettre sa mère et sa famille en scène?
Quelles en seront les conséquences?
Quelle est la limite dans l’écriture, entre le réel et la fiction ?
"Je n'avais que des morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction."
J’ai eu beaucoup de mal à écrire mon avis tellement ce livre m’a bouleversée…
L’écriture est juste, sobre et d’une puissance incroyable.
La nostalgie, la souffrance et la mort imprègnent le récit et à travers les zones d’ombre et les non-dits, nous découvrons ce besoin sauvage qu’a l’auteure de comprendre pourquoi sa mère était tellement en souffrance et comment une famille apparemment unie et heureuse peut cacher en elle les racines d’un mal qui mène à la folie, des démons qui détruisent une vie…
Cela fait une semaine que je l’ai terminé et il me hante… Je ne cesse de regarder sa couverture, cette femme très belle et très sombre, dominée par une souffrance que l’on ne peut lui enlever …
Il en faut du courage pour écrire un tel livre… Il transpire l’incompréhension, la souffrance et l’amour… Il m’a assommée, bouleversée…
C’est un bel hommage que Delphine De Vigan rend à sa mère…
« Car au fond je sais que Lucile est toujours restée suspendue au-dessus du vide et ne l’a jamais quitté des yeux. »
« … il me semble que Lucile n’a rienaimé tant que boire, fumer et s’abîmer. »