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EAN13 : 9782070635672
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Tout le monde connaît le Journal d'Anne Frank et l'histoire de cette jeune fille juive déportée durant la Seconde Guerre Mondiale. En revanche, on ignore parfois que certains pays ont connu des heures tout aussi sombres.
C'est ce que l'on découvre en lisant le roman de Ryta Sepetys qui retrace l'histoire de sa propre famille.
Lituanie, juin 1941
Lina, 16 ans, ignore encore les raisons de l'arrestation de sa famille ainsi que la destination du train à bord duquel on la fait monter de force. Lina n'est pas d'origine juive mais issue d'une famille d'intellectuels. Staline vient d'annexer la Lituanie et souhaite se débarrasser de toutes les corporations qui pourraient faire de l'ombre à son pouvoir: médecins,bibliothécaires, professeurs, avocats...
Au terme d'un voyage éprouvant, Lina et les siens seront déportés en Sibérie. Aidé par Andrius, un jeune homme rencontré dans ce camp, Lina va s'accrocher à l'espoir de retrouver son père, à sa passion pour le dessin et à l'amour qu'elle porte aux siens afin de lutter avec acharnement contre les injustices dont est victime son peuple oublié du reste du monde.
S'il est des livres dont la lecture s'avère nécessaire, celui-ci en fait partie.

Cette petite histoire dans la grande Histoire est vraiment éprouvante. Lina, son frère et sa mère sont arrêtés un soir par les Soviets, qui les expulsent de chez eux. Dès 1939, l’URSS de Staline avait envahi la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et la Finlande. Toutes les personnes soupçonnées d’antisoviétisme, étaient arrêtées par la police secrète du régime, la NKVD (qu’on appellera plus tard le KGB).
Ces hommes et ces femmes sont transportés comme du bétail pendant des semaines pour rejoindre la Sibérie. Pendant le voyage en train, des centaines de personnes périssent. Ils sont sous alimentés, ils ne voient pas la lumière du jour, ils sont collés les uns aux autres, attrapent des maladies.. Pourtant Lina et sa famille résistent tant bien que mal au voyage. Ils se lient d’amitié avec d’autres passagers.
C’est un roman intense car très réaliste. L’auteur n’y va pas par quatre chemins pour décrire les effroyables conditions de vie de ces Lituaniens réduits à l’esclavage. Les chapitres sont courts, et on progresse rapidement dans l’intrigue qui devient de plus en plus insoutenable: ils sont poussés à bout, ils doivent travailler toute la journée en espérant obtenir leur ration de pain chaque soir. Mais des fois on ne leur permet même pas de manger quelque chose. La mort survient alors..
J’ai beaucoup aimé les personnages, je les ai tous aimés à vrai dire. Lina qui reste une artiste dans l’âme malgré la famine, les humiliations physiques et morales. Jonas, le petit frère chétif mais courageux. Elena leur mère, qui sert d’interprète russe entre le NKVD et les détenus. Andrius. La mère de ce dernier, abusée sexuellement par les membres du NKVD… Une belle palette de personnages, tous plus importants les uns que les autres.
Les Soviets se montrent impitoyables, mais ce n’est pas pour autant une vision manichéenne que nous propose Ruta Sepetys.
Un petit bémol tout de même: la fin m’a un peu gênée. Ce roman se termine étrangement, et la toute dernière page est confuse et brève. Je ne suis pas certaine de l’avoir comprise d’ailleurs. Mais heureusement que l’auteur a ajouté un épilogue qui explique plus ou moins le sort de Lina, mais je m’attendais à davantage.
Mais globalement, Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre est un roman jeunesse qui ne peut laisser personne indifférent !

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Coups de coeur
Par Lady K "http://antredeslivres.blogspot.com".
Il est très rare qu’un livre me fasse un si grand effet. Je dois pourtant l’avouer, une fois la dernière page de ce livre tournée, je suis restée complètement sonnée. Je n’ai pas pu m’empêcher de le dévorer en une seule journée, passant par toute une palette d’émotions. J’ai lâché quelques larmes (autant de compassion que de joie), j’ai souri et ri, je me suis inquiétée et j’ai angoissé. J’ai soupiré – de contentement, de soulagement, d’agacement – mais j’ai aussi été choquée. Les mots ne suffisent pas pour expliquer cette expérience, il faut vraiment le vivre pour comprendre. En une journée je suis passée par tout un tas de sentiments, parfois bien contradictoires.
C’est une chose que j’admire beaucoup dans cet ouvrage. L’auteure a une plume vraiment agréable mais surtout très émouvante. Elle arrive à créer des situations stupéfiantes de réalisme. Il n’y a donc rien à redire vis-à-vis du style car les émotions arrivent parfaitement à passer à travers les mots.
L’histoire est en elle-même est une réussite. Le récit est touchant et bouleversant puisque l’on est conscient que ce que Ruta Sepetys décrit s’est vraiment déroulé. La barrière entre la fiction et la vérité est très mince, presque invisible. Ce roman nous permet d’ouvrir les yeux sur une réalité qui n’est pas assez connue.
Personnellement, au lycée, mon professeur d’histoire a dû nous en parler en une heure ou deux, tandis qu’on parle de long, en large et en travers du nazisme. Je suis bien d’accord que c’est justifié, mais la partie de l’Histoire que l’auteure nous fait découvrir mérite elle aussi toute notre attention.
Pour revenir à l’intrigue, on suit donc Lina, sa mère et son petit frère dans leur calvaire. Le récit s’efforce de montrer les conditions de détention (même si je ne sais pas si on peut encore utiliser ce mot à un tel niveau d’atrocité !). Il montre également - et surtout - des personnes qui veulent vivre plus tout, qui se battent pour ne pas abandonner. Des personnes condamnées pour un « crime » qui n’en est pas un : résister au régime soviétique. C’est un récit poignant, plein de vie, qui fourmille de détails ayant leur importance.
Pour ce qui est des personnages … ils sont tout autant réussis que l’histoire. Lina est une héroïne très touchante et attachante. Voir l’action se dérouler à travers ses yeux, lire ses réflexions et observations permet au lecteur de beaucoup s’en rapprocher. De plus, elle a une très belle personnalité.
Sa maman m’a émue plus d’une fois. Cette femme est d’une combativité hors du commun, son amour pour ses enfants est plus fort que tout. Voir un sentiment si fort, cela m’a impressionnée et réconfortée : ce que ces gens subissent ne détruit pas tout. Elle se bat dans l’espoir de les voir sortir de cet enfer et qu’un jour ses enfants puissent rentrer chez eux. Certaines de ses répliques m’ont mis les larmes aux yeux !
Enfin, Andrius. Le beau jeune homme qui est dans le même camp que Lina. Leur relation est compliquée, entre suspicion, attirance, mépris, retenue … mais au final cela apporte un peu de douceur dans ce récit où la tendresse a rarement sa place.
D’une manière générale, tous les personnages sont recherchés et fouillés. Je ne peux malheureusement pas vous parler de tout le monde. Ce qu’il faut savoir, c’est que les personnages secondaires ne sont pas réduits à un petit rôle. Ils ont leur propre histoire et on s’attache également à eux. Ils sont les compagnons d’infortune de la famille que l’on suit et on tremble d’appréhension à l’idée de ce qu’il pourrait leur arriver, à eux aussi.
En outre, les méchants de l’histoire sont intéressants à suivre, même si les gardiens récurrents et donc connus du lecteur et des personnages sont moins nombreux. L’auteure s’évertue également à nous montrer que personne n’est tout blanc ou tout noir. On peut très bien être détenu et collaborer ou être l’un des geôliers sans forcément cautionner ce qu’il se passe … Cela donne matière à réflexion.
En conclusion, je crois que vous l’avez compris : ce livre est pour moi un véritable coup de cœur. Pourtant, ce n’est pas le genre de lecture vers lequel je me serais tournée spontanément et j’en ressors conquise. Le seul petit bémol, si on peut appeler cela ainsi, c’est le manque d’une carte retraçant les déplacements de Lina et de ses compagnons pour pouvoir suivre leur périple. Cela reste un désagrément mineur … Je n’ai qu’une seule chose à rajouter : Lisez-le !!