Le crépuscule des stars
C'est l'histoire d'un jeune orphelin, Tom Post, qui rêve de se faire une place dans un studio hollywoodien au temps du cinéma muet. Un jour, son rêve se réalise : il est engagé comme responsable des intertitres des films, les fameux « cartons ». Alors qu'il gravit les échelons, le monde du cinéma change : l'irruption du parlant, l'industrialisation et la toute puissance de l'argent sonnent le glas d'une époque. Certains vont résister, d'autres vont sombrer. Jusqu'à la folie.
Flamboyant, angoissant et envoûtant, cet immense roman, chef d'œuvre méconnu de l'auteur de Psychose (dont une nouvelle traduction vient de paraître aux éditions Moisson Rouge) est aussi un passionnant documentaire sur les années du muet.
Un livre incontournable – qui n'eut pas de succès à sa sortie aux USA car on attendait de Bloch qu'il « fasse peur aux gens » -, mais dont la réputation n'a cessé de grandir jusqu'au mythe.
« Roman policier ou pas ? La question, pour moi, n'a aucun sens. Robert Bloch, près de trois cents pages durant, nous fascine, nous émeut, nous couvre de frissons, nous surprend, nous laisse pour finir pantelants d'une bienheureuse angoisse. »
Michel Lebrun, Polar nº1
Par Armande.
Première question et non des moindres : pourquoi le roman de Robert Bloch est-il paru dans la collection Rivages/noir. Il ne s'agit pas d'un polar à moins que le lecteur ne considère que le cinéma muet a été assassiné par le parlant...
Deuxième question : Robert Bloch l'explique dans l'introduction, son récit a longtemps été boudé par les éditeurs. Comment ceux-ci ont-ils fait pour passer à côté de cette belle et triste histoire ?
Le narrateur Tom Post nous conte l'âge d'or du muet à Hollywood. Il commence à dix-neuf ans ans en décembre 1922 comme porteur de scripts aux studios Coronet. Le jeune homme ambitieux gravit peu à peu les échelons et devient scénariste.
L'auteur a fait, je pense, de ce personnage son alter-ego. Ils partagent la même fascination pour ces films qui emportent les spectateurs dans le monde du rêve, pour ces vedettes extravagantes dont les villas ressemblent à des châteaux moyen-âgeux ou des palais orientaux, pour cet art du cinéma qui a encore un côté artisanal, loin d'une logique de rentabilité.
Même sans être une spécialiste du genre, ce roman a la magie du film "The Artist". Le lecteur s'attache aux personnages qui vivent une époque exaltante. Les acteurs et les actrices n'ont pas encore d'attachés de presse et de plan de carrière mais un besoin viscéral de tourner. les metteurs en scène sont animés de visions qu'ils souhaitent transcrire dans leur film.
Robert Bloch donne à cette époque: l'apogée du film muet un goût de paradis perdu et l'idéalise peut-être un peu. Qu'importe, je me suis laissée emporter par sa passion et le clap de fin a interrompu mon rêve éveillé...