Les derniers géants
Autre version disponible :
Papier
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Casterman
Prix public : 15.95 €
Un jour de 18.., sur les docks de Londres, Archibald Leopold Ruthmore acquiert une curieuse dent, de taille impressionnante. Une dent de géant lui dit-on. Au bout de plusieurs années de recherche, il conclut que ces géants existent bel et bien, oubliés de tous. Il monte alors une expédition et quitte le confort de son manoir anglais pour la redoutable humidité d’une jungle d’Asie. Le voyage est interminable, les périls nombreux et Archibald arrive épuisé et seul au pays des géants. Il reprend des forces grâce à la sollicitude de ses neuf hôtes gigantesques. Pendant dix mois, il vit auprès de ces êtres fabuleux, observe leurs omportements, découvre leurs rites, apprécie leur délicatesse. Puis, Archibald décide de retourner en Angleterre et de recevoir la consécration que son exploit mérite. Il révèle l’existence des Géants et enchaîne les conférences dans le monde entier. Il doit faire face à nombreuses polémiques mais Darwin le soutient et la France lui offre la légion d’honneur. Il parvient à financer une seconde expédition mais une fois sur place, il découvre avec horreur que ses amis les Géants ont été tués. « Mon obstination stupide à vouloir révéler le doux secret de leur existence était cause de cet épouvantable malheur. Mes livres les avaient tués bien plus sûrement qu’un régiment d’artillerie. Neuf géants rêveurs d’étoiles et un petit homme aveuglé par son désir de gloire, c’était toute notre histoire ». Anéanti par l’événement, Ruthmore abandonne science et écriture. Devenu marin, il parcourt le monde sans aucune autre ambition que celle de raconter de belles histoires de voyages aux enfants et sans autre bien qu’une dent, une dent de géant.
Mots-clés : géant, découverte, voyage, merveilleux
Par Magali C..
L’explorateur Archibald Leopold Ruthmore fait l’acquisition d’une dent de géant couverte d’inscriptions. Parmi elles, il distingue une carte qui mène au pays des Géants, quelque part au bout du Fleuve Noir. Il quitte l’Angleterre pour un périple de plusieurs mois à travers les jungles et les déserts. Quand il arrive enfin au pays des Géants, il découvre un cercle restreint de ces créatures légendaires. Les Géants parlent au ciel dans une langue étrange et leur peau se tatoue elle-même de toutes les expériences qu’ils rencontrent.
« Ils étaient neuf, cinq Géants et quatre Géantes. Enluminés de la tête aux pieds, y compris sur la langue et les dents, d’un embrouillamini délirant de tracés, de volutes, d’entrelacs, de spirales et de pointillés d’une extrême complexité. A la longue, on pouvait discerner, émergeant de ce labyrinthe fantasque, des images reconnaissables : arbres, plantes, animaux, fleurs, rivières, océans, un véritable chant de la terre dont la partition dessinée répondait à la musique de leurs nocturnes invocations célestes. » (p. 44)
Archibald Leopold Ruthmore, Anglais en haut-de-forme, ne peut pas vivre pour toujours auprès de ces placides et gigantesques créatures. Il rentre à Londres et publie un ouvrage sur sa fabuleuse rencontre. Mais il est des savoirs qu’il ne faut pas partager.
« Neuf Géants rêveurs d’étoiles et un petit homme aveuglé par son désir de gloire, c’était toute notre histoire. » (p. 76)
Cet album illustré de très fines et délicates aquarelles a reçu de nombreux prix. Cette touchante histoire renvoie les hommes à leurs légendes et au danger qu’il y a à vouloir prouver l’existence des mystères. Les Géants n’ont plus leur place depuis des siècles dans ce monde, mais leur vie recluse et secrète ne gênaient personne. C’est encore la main criminelle de l’homme qui est la cause du drame. Voilà un très beau conte, à lire tant pour la sagesse de l’histoire que pour la beauté des illustrations.