Stolz Stolz, comme chacun des écrits de Paul Nizon, est une oeuvre emblématique, dont l'écriture lancinante et itérative impose de marcher sur les traces de son héros. Ce héros, Stolz, en quelque sorte un « dépossédé », cherche à s'identifier aux objets qui peuplent le monde, interroge la peinture de Van Gogh - dont il est, comme Nizon, un spécialiste -, demande à la femme de lui montrer l'issue du labyrinthe et, dans sa singulière solitude, tente de se rejoindre lui-même.
Si Paul Nizon est aujourd'hui un écrivain de réputation internationale, c'est d'abord à Stolz qu'il le doit. Ce roman en effet - lors de sa parution en Allemagne en 1975 - porta Nizon au premier rang des auteurs de sa génération. Il lui valut aussi le prix France Culture de littérature étrangère en 1988.
Il prend une chambre pas loin du tramway, il écoute le fracas, il gémit avec eux, il attend on ne sait trop quoi, il étudie. L'histoire de l'art, ça lui est venu en lisant un livre sur les cathédrales, des édifices qui sortent de terre, se dressent au dessus des hommes qui leur ont dédié leur art, ensevelis décennie après décennie. Ca ne prend pas. Stolz travaille de nuit à la gare, la journée il dort dans l'amphi. Il suit des femmes dans la rue le soir, il les aborde, les séduit et les entraîne dans sa mansarde, n'ayant le jour venu qu'une hâte, les voir disparaître. Il rencontre sa future femme, ils batifolent le long d'une rivière, ils s'installent. Mais Stolz en a finit avec les cathédrales, se dresser contre la vie, marquer sa présence, ne l'intéresse pas. Il tombe en arrêt devant une toile de Van Gogh, c'est désormais l'affaissement qui l'attire, les paysans courbés dans leur labeur, les femmes aux vêtements informes campées dans la terre nourricière, comme si le monde attendait impatiemment d'y retourner, il guette la disparition, la soumission au temps. Stolz entreprend une thèse sur le peintre, il se retranche dans sa solitude, dans une ferme isolée, prétexte pour abandonner les prémices de ce qu'il a sottement construit, une famille, des responsabilités, une envie, d'écrire, d'être. Il se laisse gagner par l'indolence, il lit par fragment les lettres de Van Gogh : il tente alors dans un dernier effort de se fondre en lui. En vain.
Par Jack Twiller.
Stolz ne voulait pas devenir étudiant. Il est parti en Italie, voir le monde, les femmes. Un mois plus tard il était rentré.
Il prend une chambre pas loin du tramway, il écoute le fracas, il gémit avec eux, il attend on ne sait trop quoi, il étudie. L'histoire de l'art, ça lui est venu en lisant un livre sur les cathédrales, des édifices qui sortent de terre, se dressent au dessus des hommes qui leur ont dédié leur art, ensevelis décennie après décennie. Ca ne prend pas. Stolz travaille de nuit à la gare, la journée il dort dans l'amphi. Il suit des femmes dans la rue le soir, il les aborde, les séduit et les entraîne dans sa mansarde, n'ayant le jour venu qu'une hâte, les voir disparaître. Il rencontre sa future femme, ils batifolent le long d'une rivière, ils s'installent. Mais Stolz en a finit avec les cathédrales, se dresser contre la vie, marquer sa présence, ne l'intéresse pas. Il tombe en arrêt devant une toile de Van Gogh, c'est désormais l'affaissement qui l'attire, les paysans courbés dans leur labeur, les femmes aux vêtements informes campées dans la terre nourricière, comme si le monde attendait impatiemment d'y retourner, il guette la disparition, la soumission au temps. Stolz entreprend une thèse sur le peintre, il se retranche dans sa solitude, dans une ferme isolée, prétexte pour abandonner les prémices de ce qu'il a sottement construit, une famille, des responsabilités, une envie, d'écrire, d'être. Il se laisse gagner par l'indolence, il lit par fragment les lettres de Van Gogh : il tente alors dans un dernier effort de se fondre en lui. En vain.