Votre panier
Votre panier est vide.
Effectuez vos achats
en toute sécurité.
Frais de port offerts en France à partir de 30€ d'achats
avec Colissimo suivi
Info Disponibilités
  • shortdelay en stock à la librairie, expédié aujourd'hui ou demain
  • mediumdelay n'est pas en stock à la librairie mais peut être commandé, expédié dans 4 à 7 jours
  • unknowndelay n'est pas disponible à la librairie et est épuisé ou pas encore paru chez l'éditeur
Plus d'infos
Rayon : > Littérature > Romans français et francophones
Coups de coeur Littérature Coups de coeur de la Librairie

EAN13 : 9782710330929
ISBN : 978-2-7103-3092-9
Editeur : TABLE RONDE
Date Parution : 06/11/2008
Collection : VERMILLON
Dimensions : 141 x 15 mm
Poids : 210 g
Code Dewey : 843.1

Fiche au format UNIMARC

Mort d'un jardinier

Lucien Suel

17.00€ -5% 16.15€
« Tu récoltes ce que tu as semé, tu commences par le rouge et le vert, premiers radis, premières laitues, gotte jaune d'or ou reine de mai, d'abord des feuilles tendres comme du papier de soie, presque transparentes puis qui bouclent comme des oreilles, d'un vert moyen qui s'approfondit encore à l'extérieur alors que le coeur de la salade enfle et blanchit, un coeur qu'on peut arracher aussitôt avec les dents et croquer naturellement dans le jardin en l'assaisonnant avec une tige de jeune échalote, tu t'accroupis devant les cosses de petits pois à disputer aux ramiers, tu passes une matinée à arracher et préparer les poireaux repiqués l'an passé en juillet qui ont poussé à travers l'hiver... »

Le narrateur de ce roman s'adresse à un homme au travail dans l'espace clos de son jardin. Un accident cardiaque frappe le jardinier. Dès lors, un flot traverse sa conscience. Images, sons, odeurs, souvenirs, réminiscences littéraires et musicales, sensations, visions se succèdent et s'entremêlent tandis qu'il s'éloigne, au fil du temps et des mots, des êtres qu'il a aimés.
Commentaires
Identifiez-vous pour écrire un commentaire.

mardi 20 janvier 2009 à 10h20

Par Isabelle S. (libraire)

Long monologue intérieur à la deuxième personne du singulier, Mort d’un jardinier est le premier roman d’un poète, un texte que l’on reçoit comme un cadeau.

Ça commence tôt le matin par une promenade dans le jardin, envol de pigeons ramiers, tache rouge vif d’une fraise, rosée sur une toile d’araignée. Brûler un tas de branches, tracer les sillons des semis, préparer les futures plantations de pommes de terre. « Petit enfant tu chancelais entre les mottes de terre, tu t’accrochais aux bleus de travail de ton père de ton grand-père, tu comprenais l’importance des nuages du soleil de la direction du vent, tu apprenais l’utilité du fumier du crottin de cheval de la litière des lapins, tu prenais conscience du rythme des saisons, tu touchais la permanence de la vie. »

Puis le jardinier s’écroule, une douleur à la poitrine, sur un tas de bûches fendues : « un couple de tourterelles turques passent au-dessus de toi dans le jardin mais tu ne les vois plus, elles ne sont pas dans ta tête, tu n’es plus connecté au serveur de la réalité ici et maintenant, tu glisses dans un autre monde… »

Dans le désordre, les souvenirs se bousculent, toute une vie d’homme dans un défilement ininterrompu d’images. On se laisse porter par l’enchaînement des mots, l’émotion nous saisit à l’évocation de livres, de chansons, de musiques qui nous sont comme autant de clins d’œil : la redingote de Captain Beefheart, Kathleen Ferrier et Billie Holliday, Beckett, Kerouac et Jack London ; et aussi les fêtes foraines, pierres jetées dans la rivière, jeux de billes, lessives, grincement de la manivelle du moulin à café, toutes les cigarettes consommées, les bières bues, les voyages, les poèmes, les amis disparus, la femme aimée.

Lucien Suel, en imaginant sa propre mort dans un jardin, a composé avec simplicité et générosité un merveilleux hymne à la vie. Près de lui qui n’est plus, la terre se soulève et la taupe apparaît, les pigeons reviennent chaparder les derniers petits pois, la fleur rouge d’un glaïeul brille.

C’est la magie de la littérature qu’il nous offre. Nous ne pouvons que l’en remercier.