Vendetta
Après Seul le silence, R. J. Ellory nous offre un thriller au suspense exceptionnel, doublé d'une impressionnante histoire de la mafia depuis les années 50 jusqu'à nos jours. 2006, La Nouvelle-Orléans. Catherine, la fille du gouverneur de Louisiane est enlevée, son garde du corps assassiné. Confiée au FBI, l'enquête prend vite un tour imprévu : le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités et demande à s'entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité de lutte contre le crime organisé. À cette condition seulement il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. À sa grande surprise, Hartmann est donc appelé sur les lieux. C'est le début d'une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va peu à peu retracer son itinéraire, l'incroyable récit d'une vie de tueur à gages au service de la mafia, un demi-siècle de la face cachée de l'Amérique, de Las Vegas à Chicago, depuis Castro et Kennedy jusqu'à nos jours. Quel est le véritable enjeu de cette confrontation ? Pourquoi Perez a-t-il souhaité qu'Hartmann soit son interlocuteur ? Alors que s'engage une course contre la montre pour retrouver Catherine et que, dans l'ombre, la mafia et les autorités s'inquiètent du dialogue qui s'établit entre les deux hommes, Hartmann ira de surprise en surprise jusqu'à l'étonnant coup de théâtre final. Avec ce roman d'une envergure impressionnante, R. J. Ellory retrace cinquante ans d'histoire clandestine des États-Unis à travers une intrigue qui ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Maître de la manipulation, il mêle avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction, le cinémascope et le tableau intime, tissant ainsi une toile diabolique d'une rare intensité. R. J. Ellory est né en 1965. Après l'orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Après Seul le silence (Sonatine Éditions, 2008), Vendetta est son deuxième roman publié en France.
Par Annaïk K.. (Librairie Dialogues)
Beaucoup d'éléments inhabituels et marquants rendent ce polar impressionnant :
Tout d'abord, le lecteur est contraint de patienter un certain nombre de pages avant de saisir la portée et l'attrait de ce qui s'esquisse. Par conséquent, et ce malgré le style percutant qui m'avait déjà conquise dans "Seul le silence", j'ai failli abandonner et ne jamais savoir qui avait infligé un tel supplice à l'homme retrouvé dans le coffre de la Mercury Turnpike Cruiser.
Puis, comme pour me récompenser d'avoir résisté à cette tenue en haleine, R J Ellory pose l'intrigue, le kidnapping de la fille du gouverneur de Louisiane, et dépose même le coupable, puisque celui-ci se livre aux autorités, avec un étrange marché, qui plus est : révéler l'endroit où Catherine Ducane est séquestrée, mais seulement après qu'il ait fait entendre une extraordinaire confession, l'histoire de sa vie. S'en suit un huis-clos de plusieurs jours entre cet homme pour le moins énigmatique et dangereux, Ernesto Perez, et un flic tourmenté, Ray Hartmann.
Et là, il faut essayer de digérer tout ce que Perez, ancien tueur à gages pour la mafia, livre de lui-même, de politiciens ambitieux et sans scrupules, de clans rivaux. De ne pas s'habituer à la violence omniprésente, aux fantômes qu'il abandonne sur sa route. De ne pas trouver cette machine à tuer qu'il est devenu touchante.
Enfin approche le dénouement, qu'on a presque envie de retarder, et qui même si pressenti, ne sera jamais totalement celui qu'on imaginait!
Une lecture aussi puissante est peut-être l'occasion de se plonger ensuite dans la trilogie nouvellement achevée d'"Underworld USA" de James Ellroy, ou bien "La bête contre les murs" de Bunker, sur l'univers carcéral, ou encore de retrouver Dave Robicheaux en Louisiane dans les romans de James Lee Burke...