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La désobéissance éthique
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Lettre sur le commerce de la librairie
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Petite fabrique des rêves et des réalités
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La commissaire n'aime point les vers
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« Il se sent tout à coup rajeuni.
Pendant deux ans, enfermé dans le cercle de son chagrin, il s’est méthodiquement appliqué à vieillir. Il a vécu suspendu à un fil invisible, sans relever la tête, sans se soucier de personne, occupé à ses petites affaires et à ses tracas, en renonçant à tout le reste comme s’il cherchait à s’éteindre.
Il était d’ailleurs presque éteint quand elle a appelé. »

L'humanité de Chopin, son regard tendre sur la jeunesse qui pousse comme mauvaise herbe et qu'il aide à fleurir, son amour d'un métier si difficile que d'aucuns méprisent, parfois même quand c'est le leur, et l'hommage à la belle littérature qui chemine même sur les sentiers les plus rocailleux, etc.

Sofia aime se promener dans Turin, de préférence le dimanche à l’aube, quand la ville est déserte et qu’elle a pour elle seule ses ciels et ses montagnes.
Sofia la « trop intense » et ses hommes : un mari maniaco-dépressif et paranoïaque qui la suppliera de le quitter pour se sauver elle-même ; Arturo, l’amant dépressif aux dents tordues, aux chemises parfaitement repassées mais aux chaussettes trouées ; Marcello, l’amant marié, terrorisé par sa femme et jaloux, pour qui le mensonge est une forme de sagesse ; et Nando, le père, qui préfère le monde de la mer et les requins à la société humaine qu’il a définitivement renoncé à comprendre. Et pourtant… C’est lui, cet homme aux rides comme « des signes tracés par le soleil, non par le tourment », qui l’air de rien, par une lointaine mais bien réelle présence, au fil de conversations où s’échangent tant de confidences, aide Sofia à remonter des abysses à la surface de l’eau, et à respirer.
En italique, les lettres jamais envoyées que Margherita, la si mauvaise mère, a laissées avant de se suicider, bouleversantes par leur lucidité et leur intelligence, balisent le chemin de Sofia vers l’abandon de la colère et le retour vers la vie.
Si le sujet est grave, on sourit très souvent au fil des pages et on referme le livre avec l’envie de remercier Caterina Bonvicini pour le regard plein d’humour et de poésie qu’elle pose sur ses personnages, funambules vacillant sur leur fil à la recherche de l’équilibre.

Ils se retrouvent sur le quai d’une gare : Braine revient d’une guerre lointaine épuisé, maigre, brisé ; Lily, sa femme, a fait des « efforts spéciaux » pour lui plaire, Louis, son petit garçon de trois ans, demande si c’est papa et la chienne Lucy, presque un deuxième enfant (elle regarde la télévision et aide à étendre le linge) lui saute dans les bras. Mais se retrouvent-ils vraiment ?
Lily range (cache) le pistolet automatique que Braine a volé à l’armée au-dessus de l’armoire, à côté d’un bugle, planqué lui aussi mais avant son départ, pour qu’il arrête d’en jouer, pour qu’il ne soit plus un musicien, autant dire un voyou, et pour que le père de Lily, président de la société des Automobiles Sligo, continue à les entretenir. C’est d’ailleurs pour ça, croit-on comprendre, qu’il s’est engagé, ou peut-être « pour changer d’air ».

Rei a disparu depuis douze ans. Un soir, il n’est pas rentré à la maison et n’a jamais plus donné signe de vie. Sa femme, Kei, n’a conservé de lui qu’un journal, un carnet de notes brèves, à peine rédigées. Et un indice dans ce carnet : Manazuru. Poussée par un irrépressible besoin de retrouver la trace de cet homme qu’elle a passionnément aimé, Kei se rend à plusieurs reprises dans cette petite ville balnéaire sur la route du Tokaido. Une étrange apparition l’y accompagne, une femme fantôme, tantôt irritante, tantôt rassurante, qui lui montre le chemin (vers Rei ? vers elle-même ?), adoucissant ainsi le sentiment de solitude qui l’étreint. Tandis qu’à Tôkyô l’attendent Momo, adolescente bientôt femme, une mère qui vieillit doucement, et Seiji, le tendre amant.
Roman troublant et enchanteur à la fois : poétique, profond, sensuel, il nous parle de la violence du désir, des amours qui passent, éphémères, de l’absence, des souvenirs qui peu à peu se perdent, et finalement, de l’apaisement.