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Lorsque Cloé est suivie une nuit dans la rue jusqu'à sa voiture, sa peur est telle qu'elle en devient obsédante, laissant la jeune femme fragile, désarmée, incapable de faire face. Le plus étonnant et déplorable, est l'attitude de ses proches : Ni son amant Bertrand ni son amie carole ne la prennent au sérieux, banalisent le traumatisme de Cloé, la font même douter de la véracité de ce qu'elle a vécu. Du côté de la police, le même déni, la même passivité...Pourtant la menace se précise, se fait de plus en plus agressive, destructrice...Cloé se demande même s'il est possible qu'elle soit folle, mais n'est-ce pas ce que "l'ombre" recherche? Elle a fait le vide autour d'elle, n'est quasiment plus en état de travailler. Quelqu'un viendra-t-il au secours de Cloé?
Ce titre "de bons voisins" ,fortement ironique, permet peut-être plus rapidement de comprendre là où le bät blesse que par son titre américain "acts of violence", qui est pourtant très justifié également.
En effet, en 1974, à New York, dans le Queen's, une jeune femme a agonisé une bonne partie de la nuit devant son appartement sans qu'aucun de ses voisins ne vienne à son secours. Aucun d'entre eux n'a même appelé la police. Pourtant tous l'avaient vue, entendue.
Ce deuxième roman d'Antonin Varenne n'en est pas vraiment un. Ce n'est pas une fiction née de son imagination, mais le fruit d'une confession paternelle, au seuil de la mort.
L'histoire se déroule essentiellement aujourd'hui, mais c'est à la
guerre d'Algérie, en toile de fond constante, qu'elle doit son existence .
Pour retracer la vie de ces hommes écorchés, traumatisés, sacrifiés, pour rétablir une réalité honteuse et tue, il fallait le style percutant, la justesse des mots et le sens du récit d'Antonin Varenne.
Et tour à tour des récits naissent, de personnages du quotidien très touchants , liés entre eux par les hasards de la vie : un homme de foi qui défend les prostituées en bas de chez lui, la passagère de la voiture qui le percutera, des femmes de tous horizons ayant chacune perdu leur fils au Vietnam(nous sommes à New York en 1974)...
Servi par un choix de mots qui donne presque l'impression au lecteur d'être lui-même sur le fil du funambule, ce roman tout en fragilité se révèle si fort et attachant qu'il en devient véritablement difficile à refermer à son terme.
En règle générale, lorsqu'un voleur de voiture se rend compte qu'il y a un enfant à bord, celui-ci est relâché à la première occasion. Martha était déjà sur le siège arrière quand un individu affublé d'un masque de Père-Noël a éjecté sa mère du véhicule et a filé avec. Et cela fait plus de 3 heures. L'inspecteur Jack Caffery doute déjà que ce soit un simple accroc aux statistiques. C'est ce que va lui confirmer sa collègue Flea Marley, avec laquelle les relations sont devenues plus que tendues ces derniers mois : Ce n'est pas la première fois que ce même kidnappeur opère, mais la troisième...
C'est aussi le troisième volet, après "Rituel" et "Skin", dans lequel évoluent Marley et Caffery, et c'est aussi, selon moi, le plus prenant, le plus rythmé et percutant.