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"Les femmes désirent ce qu’elles aiment, les hommes aiment ce qu’ils désirent", a dit Sacha Guitry. Dans La Vie est brève et le désir sans fin, Patrick Lapeyre met en scène des relations amoureuses complexes, perçues depuis un point de vue masculin. Au départ il y a Louis Blériot (oui, comme l’aviateur) : marié à Sabine, qui l’entretient carrément, il renoue avec Nora, qui l’avait quitté sans préavis deux ans plus tôt. Et oui, Nora est ainsi ; imprévisible, mystérieuse et insaississable. D’ailleurs, pendant qu’elle retrouve les bras de Louis, c’est Murphy Blomdale qui constate avec effarement que sa petite amie s’est envolée de leur appartement londonien sans explication. Mais y-a-t-il vraiment quelque chose à comprendre, dans le comportement de Nora ? D’ailleurs, elle finira par revenir, puis repartir... Elle est comme ça. Aimante, changeante...
Un estomac dans des talons - Petite histoire d’appétit et de sushis suit les (més)aventures d’un tanuki que la faim tire de son hibernation. Au bout de son périple, ce grand naïf trouvera la recette des makis-sushis, heureusement partagée et mise en dessins par l’auteur.
D’un format carré au papier très soyeux, ce livre se dévore d’une traite. Bien sûr, c’est un livre pour enfants alors, oui, ça se lit vite... Mais les dessins retiennent vraiment l’attention, à l’instar de celui où le tanuki se retrouve sous l’eau. Dans une double page épurée, on retrouve la beauté de l’art de l’estampe japonaise... façon Anna Boulanger. Et on voudrait alors que les aventures du tanuki s’étendent encore sur des dizaines et des dizaines de pages parce que, flûte, pourquoi les jolis dessins et les histoires naïves ne seraient que pour les enfants ?
Premier volet de SAM, une trilogie encore en cours d’écriture, Le Cercle de la prophétie démarre plutôt tranquillement. Marie, à la recherche d’inspiration pour son premier roman, s’offre une virée au Canada. Elle tombe sous le charme (et réciproquement) de Jérémy... Bien plus qu’un guide ou qu’un initiateur de la culture amérindienne, le jeune homme semble lui être "connecté". Très vite, les choses s’enchaînent et Marie va découvrir des choses très étonnantes sur sa naissance, son destin, et va devoir assimiler des vérités qui vont remettre en cause toute sa connaissance du monde et vont irrémédiablement changer sa vie.
Ce premier roman de Mireille Michèle M. n’est donc que le premier volet d’une ambitieuse trilogie : suivront Le Portail des elfes (parution prévue pour la fin d’année prochaine) et Le Règne éphémère. On devine donc déjà, avec un certain plaisir, que Marie et ses acolytes vont devoir affronter bon nombre d’épreuves pour réaliser la prophétie qui déterminera de l’avenir du monde.
Gustavo Roderer est une énigme, un mystère, un mur. Lorsqu’il bat le quelque peu arrogant narrateur aux échecs, à leur première rencontre, on sait tout de suite que la relation qui va se nouer entre ces deux adolescents surdoués ne pourra qu’avoir une issue dramatique. Car oui, il n’est pas ici question que de la première place en classe. Si Gustavo Roderer est aussi énigmatique c’est qu’il se consume dans un grand projet, une quête d’absolu qui confine à la folie. C’est là que la métaphysique rentre en jeu et qu’on est un peu à la peine.
Il est parfois difficile de suivre les grands échanges des deux personnages principaux : entre Kant, la cosmologie ou la volonté de Roderer de faire table rase de tous les systèmes de pensée (mathématiques, philosophie, religion...) qui l’ont précédé, on ne peut s’empêcher d’être un peu perplexe, quand même.
Cependant, La Vérité sur... n’est pas rébarbatif, qu’on soit pur littéraire ou lecteur lambda. Il y a du Faust et même du Dorian Gray chez le finalement troublant Gustavo. L’atmosphère délétère dont Martínez parvient, incidieusement et sans avoir l’air de trop y toucher, à imprégner ses pages confine d’ailleurs au fantastique.
Bel exemple d’équilibre entre la raison et le chimérique, La Vérité sur Gustavo Roderer est un texte qui interpelle et hante, même, après lecture...
Pour une première incursion dans la littérature thaï, Chiens fous, de Chart Korbjitti, est assez désarçonnant. L’auteur nous convie aux retrouvailles de deux potes, Chouanchoua et Otto, qui, selon leur habitude, tournent à la beuverie et à une litanie d’anecdotes sur les frasques de tel ou tel ami en commun lors de telle ou telle soirée. Vraiment rébarbatifs, les premiers chapitres sont vite oubliés quand on en vient à en apprendre davantage sur certains personnages, à découvrir progressivement ce qui a pu les mener jusqu’à Phuket, à la fin des années 70, ou tout simplement ce qui les relie. Si on se permettait de schématiser, on résumerait leur vie ainsi : beaucoup d’alcool, de la drogue (flower power oblige), des conflits avec les parents, pas mal de débrouille et surtout une amitié bourrue et indéfectible, qu’elle prenne place dans les rues, à la ville, ou à la plage, au coin du feu, selon le mode de vie hippie.