À l'occasion de la nuit de la lecture, nous vous proposons de découvrir nos livres de chevet : ceux que nous sommes en train de lire, ceux qui nous accompagnent depuis de nombreuses années, ceux dont nous dégustons quelques pages, chaque soir, avant Morphée...

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Baad
8,10
par (Libraire)
18 décembre 2017

Diriger un service de police criminelle n'est pas la plus facile ni la moins dangereuse des professions, et c'est d'autant plus vrai lorsque l'on a en charge la ville de Kaboul et ses environs. Même pour le colonel Oussama Kandar, qui a autrefois combattu les russes puis les talibans auprès du commandant Massoud et a su imposer le respect par sa droiture et ses faits de bravoure. En Afghanistan, la violence, la pauvreté et la corruption sont à ce point endémiques qu'il est devenu quasiment impossible de mener à bien une enquête. Pourtant un tueur en série sévit sur Kaboul, les corps de trois fillettes ont été retrouvés en quelques semaines. Le modus operandi similaire et la régularité des crimes ne laissent planer aucun doute sur le fait que l'assassin va recommencer. Dans dix jours, certainement, si rien n'est tenté pour mettre fin à ses agissements. Ainsi commence « Baad », qui s'avère tout autant qu'une enquête policière, une aventure passionnante au cœur de l'Afghanistan, avec pour guide un expert totalement séduit par ce pays magnifique mais trop longtemps malmené. Si ce roman nécessite (peut-être) une légère période d'acclimatation, le lecteur n'aura qu'une urgence une fois "Baad" refermé, passer à la suite, « Kaboul express », parue en 2017 chez Robert Laffont.

Une longue impatience

Les Éditions Noir sur Blanc

14,00
par (Libraire)
10 janvier 2018

Depuis son premier roman, "Les heures silencieuses", nous sommes attentifs à cette romancière qui nous vient de la poésie.
J'avais également beaucoup aimé son précédent roman "Le dernier gardien d'Ellis Island".
"Une longue impatience" dresse le portrait poignant d'une mère qui attend le retour de son fils.
Nous sommes dans les années 50, dans un village côtier breton.
Celle qui se raconte s'appelle Anne, la mère de Louis, né d'une première union avec un marin disparu en mer.
En seconde noce, elle change de statut social en épousant Etienne, le pharmacien qui l'aimait secrètement depuis longtemps.
Anne s'est toujours sentie comme une intruse dans cette grande maison au-dessus de l'officine. mais son bonheur est simple et elle mène sa barque avec beaucoup d'amour et de don de soi.
Les deux enfants qu'elle aura avec Etienne auront raison de ce calme d'apparence.
Louis fugue à l'âge de 16 ans après une ultime altercation avec son beau-père.
Sans laisser d'explication, il se fait embaucher sur un bateau.
Les mois passent puis les années, Anne se retranche dans une attente silencieuse rongée par la culpabilité, partagée entre son foyer et le désespoir de ne peut-être jamais revoir son fils.
Le roman est émaillé des lettres qu'elle envoie à la compagnie maritime sans savoir si son fils les reçoit et qui regorge des détails du festin qu'elle préparera à son retour.
C'est un roman d'une grande retenue, emprunt d'une humanité rare.
Anne incarne toutes ces mères qui tiennent debout coûte que coûte.