Camille Blandin, "Rigoler, ça fait du bien !"

Sport oblige (ou pas !), on a souhaité aller à la rencontre de Camille Blandin qui sort une BD drôlissime, On est en finale, aux éditions Misma. L’histoire d’une équipe de basket rurale qui arrive en finale départementale sur une série de malentendus ! Jeune illustrateur et auteur de trois bandes dessinées – Rien à feutre, Papa ou le Francky et On est en finale –, à la tête d’une communauté de plus de 60 000 personnes sur Instagram, Camille Blandin répond à nos questions !

 

Pourriez-vous nous raconter à quel moment la bande dessinée est entrée dans votre vie ?

 

J’ai toujours dessiné, et je voulais déjà être auteur de BD quand j’étais au collège. En entrant aux Beaux-Arts de Toulouse, j’ai découvert énormément de pratiques et de techniques qui m’ont éloigné, un temps, de la bande dessinée. J’y suis revenu assez naturellement en fin de cursus, avec d’abord mon mémoire de fin d’études de graphisme sur la question sonore en BD, puis le lancement de mon compte Instagram.

 

Rien à feutre met en scène des strips sur une page, Papa ou le Francky développe des saynètes sur plusieurs pages, On est en finale est une histoire au long cours. Comment est né ce dernier projet ?

 

En réalité, ce livre est une réécriture d’une BD que j’avais justement faite en fin d’études. Elle faisait environ 120 pages, et était beaucoup plus sommaire que la version publiée. Je l’avais quand même imprimée (en deux exemplaires, budget étudiant oblige), juste pour le plaisir d’avoir l’objet. J’ai eu envie de reprendre ce projet, en l’étoffant d’un point de vue narratif et visuel, avec l’ajout d’un public, de plusieurs personnages secondaires, une vraie unité de lieu…

 

Le grand public vous a découvert sur votre compte Instagram, @Strrripclub. Que représente ce compte Insta pour vous ?

 

C’est assez évident pour moi que c’est ce qui m’a permis de me lancer dans la BD, d’avoir une première visibilité dans ce milieu. Je vois Instagram comme un outil de diffusion, mais j’essaie de ne pas aller au-delà. Jouer le jeu des algorithmes me prend trop la tête, je n’ouvre jamais la section « statistiques » du compte, parce que si je vois une baisse, j’ai l’impression que ça y est, tout est fini, les gens m’ont oublié, je prépare ma reconversion. D’ailleurs là, j’ai commencé un CAP aéronautique parce que mon dernier post a pas trop marché. J’ai peur de l’avion en plus…

 

Dans On est en finale, on rit beaucoup ! L’humour, quelle signification, et quel pouvoir il a ici, pour vous ?

 

Rigoler, ça fait du bien. Mon objectif n°1 est de faire rire les gens. Même si en lisant mes livres, on a une idée assez claire de mes opinions politiques, sociales, écologiques, ce ne sont pas des sujets que je développe énormément. Ça m’a souvent questionné. Mais je crois qu’essayer de faire rire les gens, même sur des sujets très simples ou absurdes, c’est une forme d’engagement.

 

À un moment de l’album, vous tentez un nouveau style de dessin, et on vous voit même apparaître : vous rompez la convention (et vous râlez aussi !). La bande dessinée est-elle un territoire de jeu idéal ?

 

De mon point de vue, c’est en effet un super outil pour créer du lien. Justement parce que je me nourris du quotidien dans mon travail, du vécu de tout le monde, de scènes banales. Papa ou le Francky a forcément fait écho à d’autres papas. Et puis j’aime parler de là où j’ai grandi, c’était important pour moi d’inscrire On est en finale dans un milieu très rural, et je crois que ça permet aussi à des personnes de s’identifier à ça. Mes personnages et mes lieux ne sont pas fantasmés, tout est assez ancré dans le réel (enfin sauf quand je dessine des loups-garous et des vampires mais bref).

 

Votre regard est très tendre, malgré l’humour - peut-être même grâce à l’humour. Peut-on vivre sans tendresse ?

 

« On peut vivre sans la gloire, qui ne prouve rien. Être inconnu dans l’Histoire et s’en trouver bien. Mais vivre sans tendresse, il n’en est pas question… » Bourvil. Je mets des citations, ça fait intelligent, en plus c’est la chanson préférée de mon papy. Bien sûr qu’on ne peut pas vivre sans tendresse ! La preuve : dans On est en finale, ce n’était même pas une volonté de ma part. Ça vient naturellement.