Le vieil homme et la mer

Le vieil homme et la mer

Ernest Hemingway

Folio

  • 26 juillet 2019

    Quatre-vingt-quatre jours...Quatre-vingt-quatre jours que Santiago, le vieux pêcheur, n'a pas fait une prise. Il a la guigne et les parents de Manolin, le gamin qui l'accompagne en mer depuis ces 5 ans, l'ont sommé de trouver un autre bateau, un patron plus chanceux qui ramène du poisson. Mais Santiago ne désespère pas, ce quatre-vingt-cinquième jour sera le bon. Il se lèvera au milieu de la nuit, il ira loin sur la mer, il rapportera une prise digne du grand pêcheur qu'il a toujours été et qu'il est encore. Et, à force de patience, Santiago en tient un ! Un poisson énorme, un espadon comme on n'en a jamais vu ! Une bête énorme qui va lutter pendant trois jours et trois nuits.

    On pourrait s'émouvoir sur le sort de ce vieil homme malchanceux qui a tout donné à son métier de pêcheur et n'en a pas retiré grand chose. On pourrait s'apitoyer sur ses os brisés par des années d'efforts, ses chairs meurtries par les lignes et les cordages. On pourrait philosopher avec lui sur la place de l'homme dans l'univers, sur son éventuelle supériorité sur les poissons. On pourrait vibrer devant cette lutte à mort entre le pêcheur et l'espadon, chacun luttant de toutes ses forces pour sa survie. On pourrait tant de choses en lisant Hemingway, conditionné à être ébloui par une œuvre encensée, par un auteur nobélisé. Et pourtant...Quel ennui ! Même racontée par le grand homme, la pêche reste la pêche, une activité monotone qui nécessité des tonnes de patience. Entre l'avalanche de termes liés à la navigation et à ladite pêche et une écriture aussi plate qu'une mer d'huile, on a vite fait de sombrer corps et biens dans un océan de lassitude. Heureusement, le roman est court et Manolin, le gamin qui prend soin de Santiago, met un peu de sentiments dans ce récit sans grande saveur. Sa gentillesse, sa gratitude, sa fidélité nous rendent le vieux un peu plus attachant.
    Un rendez-vous manqué avec Hemingway... Dommage.