Isabelle G. Libraire

Manuel Mena, le héros de cette histoire est un jeune homme d'à peine 19 ans, mort en 1938 pendant la bataille de l'Ebre, et il est aussi le grand oncle de Javier Cercas.
Héros phalangiste pour certains ou mort pour une mauvaise cause pour d'autres, le jeune homme est un aïeul encombrant.
Un ami cinéaste convainc Cercas d'interroger les quelques témoins encore vivants. Son périple va le conduire de Ibahernando, village d'Estremadure, berceau de sa famille, à Bot, le village catalan où mourut Manuel Mena.
Émouvant, ce retour sur ses racines va permettre à Javier Cercas d'affronter une histoire où tout n'était pas forcément ou blanc ou noir. Cela va également lui permettre de comprendre sa mère qui, malgré leur exil en Catalogne, a laissé son coeur à Ibahernando

Isabelle G. Libraire
Un chef d'oeuvre


Manuel Mena, le héros de cette histoire est un jeune homme d'à peine 19 ans, mort en 1938 pendant la bataille de l'Ebre et il est aussi le grand oncle de Javier Cercas.
Héros phalangiste pour certains ou mort pour une mauvaise cause pour d'autres, le jeune homme est un aïeul encombrant.
Un ami cinéaste convainc Cercas d'interroger les quelques témoins encore vivants. Son périple va le conduire de Ibahernando, village d'Estremadure berceau de sa famille, à Bot le village catalan ou mourut Manuel Mena.
Émouvant, ce retour sur ses racines va permettre à Javier Cercas d'affronter une histoire où tout n'était pas forcément ou blanc ou noir. Cela va également lui permettre de comprendre sa mère qui malgré leur exil en Catalogne, a laissé son coeur à Ibahernando

Mémoire 7 Littérature -.

Les zones d'ombres dans l'histoire familiale peuvent-elles donner un grand roman ?
Oui !!!!
Celui-ci en est la preuve écrite !
Guillaume

Eric R.
Le Monarque des Ombres

En refusant d’écrire la vie d’un jeune phalangiste de sa famille, mort en héros, Javier Cercas poursuit sa quête de compréhension de la guerre civile espagnole. Un récit exceptionnel qui nous interroge sur les prétendues certitudes de l’Histoire et le fondement de nos jugements moraux. Remarquable.

C’est un portrait usé par le temps. Le jeune homme, engagé dans le camp des phalangistes, est l’oncle de la mère de Javier Cercas. Il s’appelle Manuel Mena. Il va mourir au combat le 21 septembre 1938 sous les balles républicaines et devenir un héros familial. Ce jeune parent est « devenu le parfait symbole funèbre et violent de toutes les erreurs et les responsabilités (...) le déshonneur de mes ancêtres ».

La photo réaliste, dont on croit pouvoir deviner les secrets va peu à peu s’estomper sous les récits vérifiés de l'enquête de Cercas. L’Histoire nous apprend en effet que Manuel Mena a eu politiquement tort. Mais moralement ? Sans jamais remplir les blancs des témoignages ou des écrits, voulant « céder la parole au silence » quand il ne sait pas, Javier Cervas, au fil de ses découvertes va envisager le regard du jeune homme photographié sous un autre angle. Dans le labo de l’Histoire nationale et familiale, les certitudes de Javier Cercas vont vaciller.
Peu à peu un autre Manuel Mena apparaît, Javier Cercas comprend finalement que l’histoire de nos ancêtres nous constitue comme nous constituons l’histoire de nos descendants. En cela le récit de la vie de Manuel Mena est aussi un peu le nôtre. Il peut nous alléger du poids de la honte de notre passé, même ignoré.

Eric Rubert.

Chronique complète sur le site Unidivers.