Cargo

Cargo

Marianne Rötig

Gallimard

  • par (Libraire)
    11 février 2019

    Immersion à bord d'un cargo

    Marianne Rötig, dans ce premier livre, nous propose une traversée en cargo, du Havre jusqu'à Malte, 7 jours à découvrir ce gigantesque engin flottant, et surtout, les hommes qui en composent son équipage. Entre figures mythologiques, hasards objectifs et réflexions sur l'être, le temps passe beaucoup trop vite sur ce géant des mers, et l'on souhaiterait encore étirer l'expérience de lecture...


  • par (Libraire)
    11 décembre 2018

    À Hambourg, à 14 ans, Marianne Rötig est devenue fascinée par les porte-conteneurs. Elle s’échappe et gagne le port pour découvrir les grands bateaux, c’est "le début d’une histoire d’amour". Alors, plus tard, elle embarque son héroïne sur un cargo, un gros bateau de quatre cents mètres de long et cinquante de large, pour un transport de dix-huit mille containers jusqu’à Malte.
    Seule femme à bord pendant sept jours de voyage, elle se fait une place de façon à pouvoir explorer le bateau, rencontrer les marins, du capitaine à l’élève-officier, sans négliger l’équipage, des philippins qui s’occupent des tâches physiques sans qu’on les voit beaucoup. Avec les officiers elle boit de la bière. Avec les philippins elle joue au baby-foot. Avec l’élève-officier qui tremble pour elle et qui ne supporte pas le roulis, elle se demande s’il peut arriver quelque chose. Avec Bogdan, l’ingénieur-chef, elle visite l’imposante machine et reçoit des confidences.
    L’héroïne ne s’est pas cachée qu’elle allait écrire un roman dans sa cabine, ce qui n’impressionne pas grand-monde. Comme elle a fait ses humanités et qu’elle est fascinée par la mythologie, elle remarque des coïncidences entre le nom des jours et ce qui se passe : le jour du départ, un jeudi, elle croise un bateau qui s’appelle Jupiter. , le samedi - jour de possibles saturnales, toutes barrières sociales levées – elle effectue "une visite de courtoisie dans les quartiers philippin". Le dimanche voit le retour du soleil. Le lundi, "jour de la reprise des affaires courantes, courantes !", tout se remet en mouvement et en sinuosités. Le cargo arrive à La Valette le mercredi, jour de Mercure. Elle débarque sous la pluie, discrètement, et ressent le mal de terre, découvrant "que tout va bien puisque le monde me berce et ne cessera plus de me bercer, tout va bien puisque je ne reviens pas je reste en mer."
    Dans ce très grand cargo Marianne Rötig a accès à tout, au poste de pilotage et à la machine, à la proue et à la poupe, aux sous-sols et à la cheminée, à la salle à manger des officiers et au réfectoire des marins philippins. Elle observe, enquête, parle avec tous les hommes. Elle nous donne une vision de la vie à bord, de ce monde où il se ne se passe pas grand-chose (il n’y a pas eu de grosse tempête), où chaque jour est la répétition du jour d’avant. Un monde où on se parle peu ou pas, peut-être pour contenir les inimitiés.
    Marianne Rötig fait le récit de son voyage dans un style fluide comme l’eau, ondulant comme les vagues, rigoureux comme l’architecture des containers. C’est une belle lecture pleine de sensations, de peurs, de craintes, de surprises.