La vallée du lotus rose

Kate McAlistair

Archipel

  • par (Libraire)
    28 février 2019

    Amis lecteurs, ne vous effrayez pas du nombre de pages de ce roman.
    Il va vous faire découvrir l'Inde, ses villes et bien plus encore.
    Ce roman est magnifiquement écrit!!!


  • Dépaysant

    Orpheline dès son plus jeune âge, la comtesse Tyler est confiée à son parrain, un archéologue de renommée mondiale. Obnubilé par la possible existence d’une cité perdue en Inde, celui-ci est très souvent absent, ce qui rend leur relation assez épisodique et distante. La jeune fille est donc étonnée lorsqu’il lui demande de le rejoindre en Inde, mais elle s’exécute. Sur place, elle découvre avec horreur qu’elle a été promise par son tuteur au baron Von Rosenheim, un homme abject et cruel, en échange de subventions pour ses recherches.

    Piégée auprès de ce monstre qu’elle déteste, elle trouve réconfort auprès de l’excentrique Olga Obolenski, une duchesse russe rencontrée sur le paquebot, et de ses deux prétendants. En effet, le cœur de la jeune fille est tiraillé. Il balance entre Jan Lukas, un bel américain intrépide et plein d’audace, et le prince Charu, qui fait battre son cœur anormalement vite. Elle se met à espérer et à rêver de liberté… Mais le baron a le bras long et n’entend pas la laisser lui échapper si facilement.

    Kate McAlistair nous offre de magnifiques descriptions de l’Inde, de ses odeurs, de ses paysages, de ses habitants… sa plume suffit à nous faire voyager. De plus, le contexte dans lequel elle a choisi d’implanter son récit est très intéressant : on est dans l’après-guerre, la révolte contre l’Empire britannique prend de l’ampleur et des changements s’annoncent !

    Outre la plume, ce sont les personnages qui m’ont scotchée. L’autrice réussit à les rendre crédibles et tellement vivants qu’une relation s’installe entre eux et le lecteur. Au point que j’en arrivais à avoir de vraies réactions épidermiques de haine pour certains… Elle ne leur épargne rien, surtout à Jezebel qui en bave du début à la fin… D’ailleurs, si cette dernière est touchante, il n’en reste pas moins qu’elle a un côté « oie blanche » assez fatigant.

    La Vallée du Lotus rose n’est pas exempt de longueurs qui cassent le rythme et de maladresses, comme des ficelles un peu trop grosses ou cette manie d’insister sur le tutoiement alors qu’ils sont censés se parler… en anglais. Toutefois, on oublie vite ce genre de petits bémols tant le dépaysement est total. En effet, ce roman nous fait vivre de belles histoires d’amour et voyager en Inde à une époque au charme suranné. Et puis, il faut quand même que je vous dise... je ne vais pas spoiler, mais si vous voulez vraiment garder toute la surprise je vous conseille de descendre directement à la conclusion..... Au deux tiers du roman, l'autrice fait un choix. À la suite de ce choix, qui est tout à fait pertinent et qui se défend, j'ai eu beaucoup de mal à lire le dernier tiers. Pourtant, l'histoire était toujours aussi bien, la plume toujours aussi agréable, rien à redire. Mais cette décision m'a fait l'effet d'une grande claque, j'ai eu du mal à m'en remettre. J'ai eu un gros coup de mou. Et pour ça, je lui en ai voulu... et en même temps je lui en étais reconnaissante (ne vous inquiétez pas, la camisole est déjà commandée). Parce qu'il fallait du courage pour suivre cette voie au risque de se mettre à dos son lectorat (bon, ok, j'en rajoute - mais je vous jure, c'est pas rien !) et que ça rend le récit encore plus beau, plus poignant et émouvant.

    En conclusion, Kate McAlistair nous transporte et nous fait passer par toute une palette d’émotions fortes. De plus, les personnages sont tous très réussis et donnent une vraie substance au roman. La quatrième de couverture annonce une trilogie, j'ai hâte de lire la suite, même si la fin n'est - heureusement - pas frustrante et se suffit à elle-même.