Romain P. Libraire

À l'heure du CETA, où le terme "libre-échange" est sur toutes les lèvres, Agustina Bazterrica, autrice argentine, s'exporte sans barrière dans notre pays avec ce roman ultra réaliste.
Consommons, mangeons, dans un monde pas si lointain, ces deux mots continuent à rythmer nos vies. Celle du héros, employé d'un abattoir, est ancrée dans ce système. Découper, trancher, ses actions et outils ont peu évolué au fil des années...Seule la chair qui passe sous ses yeux est différente... Humaine, la chair est humaine... Fascinant !

Marjolaine H.

La majorité des animaux, touchés par un virus ont été remplacés par du bétail humain. La "Transition" est enfin entrée dans les mœurs et chacun se fait cannibale sans trop sourciller sur l'éthique morale.

A la façon d'un documentaire à la 3ème personne du singulier, le lecteur suit les faits et gestes de notre protagoniste. Gestionnaire d'un abattoir avant tout ça, il continue avec les nouvelles normes pour payer les soins de son bien-aimé père malgré le dégoût profond qui le ronge de l’intérieur. Que faire d'autre pour supporter la vie alors que sa femme le fuit, le deuil l'accable, sa sœur l'exaspère.... jusqu'au problème de trop. Une femme.. une femelle domestique de grande qualité, pour être précis, offert à ses soins en guise de dédommagement.

Dans tous les sens du termes, voilà un livre qui prend aux tripes. On vacille dans nos convictions, entre horreur et compassion à mesure qu'on tourne les pages. Avec toujours cette idée d'arrêter cette lecture déstabilisante mais avec l'obsession indécente de vouloir en savoir plus, savoir en fin de compte si le récit offre un échappatoire à l'horreur ou une simple trappe pour les enfers. Âmes sensibles d'abstenir.

Nicolas A.

Attroce, choquant.... Mais fascinant.
Un virus a fait disparaître tous les animaux de la terre. L'Homme créé alors une nouvelle sorte de « bétail ». Il n'y a plus d'animaux, mais il reste encore … l’homme. Une dystopie violente dans un monde froid, sec et brute. Un roman percutant qui choque et questionne.
Âme sensible, à vos risques et périls !
- Sarah-Maureen

Emma B.

Dans cette histoire, le héros, Marcos, parle peu. Il économise ses mots car il n'y a pas de mots pour dire l'horreur. D'abord le virus qui a infecté les animaux et tué les hommes. La rage qui a saisi l'humanité jusqu'à décimer toute espèce animale. Puis le manque de viande. La faim. Le cannibalisme illégal... puis légal.
Marcos travaille dans un abattoir. Tous les jours il voit des "produits" être tués puis découpés. On parle de "viande spéciale", lui voit des humains. Alors que le monde sombre dans la folie, il semble être le seul à voir cette mascarade pour ce qu'elle est vraiment : un massacre. Comme son personnage, Agustina Barretzica a un style très ascètique. Avec un vocabulaire sobre, elle décrit le quotidien de cette nouvelle société. Plus le récit avance, plus l'horreur grandit tout comme la violence des scènes avec une seule pensée : ça ne peut que mal se terminer... jusqu'aux dernières lignes qui vous font l'effet d'un coup de poing dans le ventre !