Arène

Négar Djavadi

Liana Levi

  • 30 mars 2021

    Paris, violence

    Le précédent roman de l’auteure Désorientale, ne m’avait pas spécialement plu.

    J’entrais donc dans le roman sans à-priori. Et je l’ai dévoré !

    L’auteure précise en début de roman que l’action se déroule dans un quartier précis de la capitale : l’Est parisien, mais qu’elle a pris des libertés avec la géographie locale. Tant mieux, moi qui ne connait pas particulièrement bien Paris, j’ai pu aisément m’y retrouver.

    La mise en place est un peu longue : une cinquantaine de pages pour présenter les personnages et l’action principale, mais sur 425 au total, finalement, c’est peu.

    Et puis certains personnages apparaissent aussi en cour de route, car ce roman est foisonnant.

    Foisonnant également car, si le point de départ est la mort du jeune Issa une nuit, d’autres histoires viennent se greffer sur cette première histoire principale (Ariane et son mari Benjamin ; Thérèse la petite fille qui seule parle français dans sa famille ; Cathy la mère de Benjamin qui accueille un réfugié…).

    Mais ce que j’ai surtout aimé dans ce roman, c’est qu’il donne un instantané sur 4 jours de notre société.

    Benjamin qui travaille pour une société type Netflix : jeune cadre dynamique qui ne vit que pour son boss à qui il voue un culte. Mais qui se rend compte qu’il est complètement déconnecté de ce qu’il se passe dans sa ville.

    Cathy, qui accueille un réfugié hors de tout cadre, avec tout ce que cela implique.

    Stéphane, père musulman, qui tente de monter sa chaine de télévision autour de la culture musulmane et qui intervient sur les plateaux télés.

    Camille, la jeune fille qui filme la découverte du corps d’Issa et la poste sur les réseaux sociaux, ce qui déclenche des réactions en chaîne.

    Sam, la jeune policière turque, qui découvre le corps et a un geste malheureux ; sa famille turque habitant l’Alsace.

    J’ai aimé que l’auteure place des repères historiques dans sa narration. Ainsi, ce fameux quartier de l’est parisien était au paravent le lieu du gibet de la capitale : le gibet de Montfaucon, symbole de la peine de mort et de la cruauté judiciaire.

    La série créée par Benjamin Another us sert de fil rouge à la narration, car tout le monde connait et aime cette série.

    De même, de nombreuses marques de vêtements sont cités, des médicaments, et des titres de films ou de romans inventés : nous vivons au milieu de publicités permanentes.

    L’auteure a su créer une atmosphère particulière (et ça j’adore) qui ne vous lâche pas, même une fois le roman refermé.

    Un roman passionnant de bout en bout et qui offre une vision fine de notre société hyper-connectée aux réseaux sociaux.

    Quelques citations :

    Des centaines de milliers d’euros d’argent public dilapidés, plus de deux cent personnes au chômage du jour au lendemain. Deux cent personnes pour cinq malheureuses phrases ! (p.182)

    Tout n’est que guerre. Partout. A chaque seconde. Guerre de territoire. (p.207)

    (A propos des politiques) Ces « n’importe qui » inconsistants et creux, qui n’ont même plus le courage de descendre dans l’arène tels qu’ils sont, mais se présentent poudrés et magnifiés de pied en cap par des hordes de communicants. (p.316)

    Et quand la gangrène s’installe (…) et que personne, nulle part, ne se sent ni responsable ni comptable de rien, alors vient le moment où l’infection finit par gagner tout le corps.Et le barrage cède. (p.374)

    (A propos des migrants) Personne ne réalise à quel point ces gamins sont perturbés. Non seulement ils sont tous nés sous la guerre, mais leurs parents aussi. Ils n’ont connu que ça. La destruction et la mort, en boucle. Et on voudrait qu’ils réagissent comme nous. (p.411)

    L’image que je retiendrai :

    Celle de ce quartier particulier à cheval sur 4 arrondissements : les pouvoirs publics se renvoient donc la balle.


  • 21 janvier 2021

    Vous serez immédiatement captivé par l'histoire de Benjamin qui, à l'occasion d'un hasard mal venu, va devoir se débattre... L'auteur excelle à décrypter et analyser les travers de notre société !
    Brillant... à découvrir !


  • par (Libraire)
    15 janvier 2021

    Une spirale infernale... Un roman fascinant

    Notre monde actuel, internet, séries TV, smartphone... passés à la moulinette de la littérature ! Pour mieux comprendre comment une petite étincelle peut mettre le feu aux poudres...


  • par (Libraire)
    7 novembre 2020

    plongez dans l'arène

    Arène c'est avant tout l'histoire de Benjamin Grossman qui, un soir dans un quartier de Paris se fait voler son portable. Une histoire banale de vol à la tire, sauf que lendemain matin, le gamin qui lui a piqué son portable est retrouvé mort sur les quais. Pire, la scène de la découverte de son cadavre par une policière a été filmée par une ado en manque de sensations fortes. Et c'est là que l'histoire s'emballe et aura des répercutions dramatiques non seulement sur les différents protagonistes mais aussi sur la ville toute entière. Avec une grande acuité, Négar Djavadi croque les travers de notre société et les conséquences de nos actes. Comment à cause des réseaux sociaux et des égos surdimensionnés des gens de pouvoir, un simple vol de portable peut-il enflammer une ville entière ? Une vraie réussite.


  • par (Libraire)
    6 novembre 2020

    Plongez dans l'arène au cœur des quartiers populaires de Paris! Durant quarante-huit heures, tous les protagonistes vont perdre pied dans un chaos qui détruit tout sur son passage. Négar Djavadi signe avec Arène (Liana Levi) un roman passionnant et terriblement actuel! un nouveau coup de cœur à découvrir à la librairie!


  • par (Libraire)
    3 novembre 2020

    Conseillée par Marie-Laure

    Nous sommes nombreux à avoir lu et aimé "Désorientale" paru en 2016. "Arène" est une histoire complètement différente mais à la construction tout aussi époustouflante.
    Voici un roman choral qui s'inspire de ce qu'on appelle "l'effet papillon", ou comment un évènement insignifiant entraîne le chaos. Ici, c'est le vol d'un téléphone portable qui va tout déclencher.
    Benjamin Grossman, responsable de la filière française BeCurrent (plateforme de séries concurrente de Netflix) est un jeune homme à qui tout réussit. Il décide enfin de rendre visite à sa mère, qu'il avait délaissée au profit de sa carrière, dans son ancien quartier de Belleville.
    Dans un bar où il achète des cigarettes, il croit qu'un jeune homme en survêtement lui a volé son téléphone. Benjamin Grossman le poursuit et s'ensuit une altercation. Le lendemain, il apprend que ce jeune homme est mort. Est-il responsable ? Une jeune flic retrouve le corps, pensant qu'il s'agit d'un SDF qui a trop bu, elle tente le réveiller en essayant de le bouger avec son pied. La scène sera filmée par une adolescente du haut de son immeuble. La vidéo est aussitôt postée. On crie
    à la bavure policière. La tourbillon de la violence est enclenché.
    Négar Djavadi nous dresse un portrait vivant de notre société : brutalité des quartiers, danger des réseaux sociaux, récupération politique, etc. Sans manichéisme, elle laisse le lecteur se faire happer dans la spirale. Au passage Négar Djavadi nous rappelle aussi combien Paris est une ville de cinéma.
    Le roman est aussi captivant qu'une série qui pourrait être diffusée sur BeCurrent. Chaque fin de chapitre nous donne envie de commencer le suivant. "Arène" est un roman brillant, passionnant et addictif !


  • 15 octobre 2020

    Quatre ans après Désorientale, Négar Djavadi offre, avec Arène, une œuvre saisissante de perspicacité conduisant avec dextérité une histoire qui se referme tel un piège sur ses personnages et son lecteur. Une image saisie par le portable d’une adolescente, une courte scène montée qui devient fiction bouleversante et détruit sur son passage toute forme de vérité. Négar Djavadi observe. Elle observe ses personnages perdre pied, se questionner dans un quotidien qui ne leur en laisse plus le temps. Un court moment d’inattention et ce sont des vies qui basculent. Nulle possibilité du retour en arrière dans l’urgence de l’émotion. Ce livre est d’une précision diabolique, égrène un tic-tac d’horlogerie suisse, semant ci et là quelques détails d’importance, s’offrant avec délectation des scènes d’anthologie où quelques médiocres accèdent à l’éphémère jouissance d’être vus et reconnus. Arène est une pure réussite.

    In Page des Libraires - Septembre 2020


  • par (Libraire)
    12 octobre 2020

    Brillant

    Après "Désorientale", Négar Djavadi nous offre une roman parfaitement construit et questionne de nombreux thèmes de société. Ce roman est brillant et particulièrement bien vu !
    Une lecture dont on ne ressort pas indemne...


  • par (Libraire)
    28 septembre 2020

    Paris brûle-t-il ?

    Aujourd’hui. Quelque part entre Belleville, la Place du Colonel Fabian et La Villette : une bagarre qui dégénère, une bavure policière, une vidéo volée en pâture sur Internet et Paris s’embrase.

    Roman choral à la mécanique parfaite, une course contre la montre dans Paris, fourmilière démesurée!
    Dans l’arène dessinée par Djavadi, on finit par ne plus distinguer les fauves des proies seulement le constat d’un monde qui ne semble fonctionner plus qu’à l’émotion immédiate au détriment de la raison.

    Après Désorientale, le retour explosif et addictif de Negar Djavadi !


  • 26 septembre 2020

    Arène

    Arène c'est avant tout l'histoire de Benjamin Grossman qui, un soir dans un quartier de Paris se fait voler son portable. Une histoire banale de vol à la tire, sauf que lendemain matin, le gamin qui lui a piqué son portable est retrouvé mort sur les quais. Pire, la scène de la découverte de son cadavre par une policière a été filmée par une ado en manque de sensations fortes. Et c'est là que l'histoire s'emballe et aura des répercutions dramatiques non seulement sur les différents protagonistes mais aussi sur la ville toute entière. Avec une grande acuité, Négar Djavadi croque les travers de notre société et les conséquences de nos actes. Comment à cause des réseaux sociaux et des égos surdimensionnés des gens de pouvoir, un simple vol de portable peut-il enflammer une ville entière ? Une vraie réussite.


  • par (Libraire)
    22 septembre 2020

    De la série télé à la réalité brute

    Tout tourne autour d'une policière, qui a été filmée et vue des milliers de fois sur les réseaux sociaux en train de donner des coups de pied à un homme allongé au bord du canal Saint-Martin, au milieu des tentes de migrants, alors qu'il était déjà mort. C'est ce jeune homme que Benjamin Grossman a poursuivi et bousculé gravement, le soupçonnant d'être le voleur de son portable. Benjamin travaille pour une plate-forme américaine de séries télé. S'ensuit une avalanche de conséquences, dont des émeutes dans les quartiers de l'Est parisien.
    Peinture très juste et attachante de notre époque, avec une écriture tranchante.


  • par (Libraire)
    20 septembre 2020

    Une société de l'image

    Roman social très cinématographique, rythmé et surprenant qui vous happe littéralement dès les premières pages comme une excellente série le fait avec moult rebondissements et effets multiples. C'est un roman puissant sur le pouvoir et la puissance, le pouvoir et l'emprise des images, leur démesure et leur diffusion incontrôlée. Moments de gloire et de reconnaissance furtifs, égoïsmes exacerbés et orgueils cachés, chacune et chacun vivent au rythme des réseaux sociaux où tout y est jeté en pâture aux plus rusés, aux plus rapides et l'arène les réunit finalement tous! Fascinant roman puzzle, roman-piège! Négar Djavadi vous entraîne caméra à l'épaule et le temps ne compte plus, désormais vous plongez au cœur du roman!


  • par (Libraire)
    15 septembre 2020

    L'Est parisien n'est pas seulement le décor mais un personnage à part entière de ce roman urbain vif et sombre, où tout va trop vite et où chacun prendra des coups d'une manière ou d'une autre... Saisissant !
    Christelle


  • par (Libraire)
    14 septembre 2020

    Magistral

    Un téléphone vous manque et tout s'embrase. "Arène" est un roman chorale chargé d'asphalte où Négar Djavadi nous dirige d'un tableau à l'autre, d'une personnage à l'autre avec une aisance déroutante. Un grand roman sur l'état de notre société, lucide et intelligent. Un incontournable de cette rentrée littéraire.


  • 26 août 2020

    Négar Djavadi, Arène, Liana levi

    Négar Djavadi, Arène, éditions Liana Levi

    Une multitude de vies ordinaires et minuscules se croisent, se frôlent et s'entrechoquent dans cet Est parisien sur le point de s'embraser.

    De Benjamin Grossman, le directeur France de Be Current (une plateforme américaine qui diffuse des séries) à Sam, la jeune policière que son collègue met sous pression, en passant par Camille l'adolescente solitaire en mal de reconnaissance tous, ont leur part dans le soulèvement qui s'annonce. Rouages d'un grand tout ou marionnettes projetées par le hasard dans l'Arène ?

    Négar Djavadi élabore son récit de façon vertigineuse à l'image d'un gigantesque jeu de domino. Elle se fait sentinelle de notre époque en observant ses maux, ses espoirs, ses incompréhensions et sa violence absurde. Un roman magistral qui confirme son talent!


  • par (Libraire)
    26 août 2020

    Une succession de faits plutôt banals et improbables vont entrainer un déferlement d’évènements. Voici une grande fresque sur le Paris d’aujourd’hui, à l’époque des vidéos virales, des réseaux sociaux, et de cette colère en bruit de fond, prête à exploser… Lisez Arène et vous aurez l’impression de plonger dans une fourmilière. C’est intense, c’est foisonnant. Une lecture qui bouscule !


  • par (Libraire)
    22 août 2020

    Livre-Monde : Reflet de notre société.

    Autour de Benjamin Grossman, producteur de séries télé, toute une galerie de personnages qui constituent notre société... laissés pour compte, migrants, policiers... Ils entrent tour-à-tour dans l'arène..
    Ils n'en sortiront pas indemnes.
    Fascinant.


  • par (Libraire)
    7 juillet 2020

    Arène est un roman brillant, à lire absolument !

    Paris est une arène. En son cœur, une jeune policière, manifestement intègre, craque. Filmé par une adolescente en pleine révolte, ce geste suscite émoi et aversion sur les réseaux sociaux. Cette vidéo déclenche un jeu à la fois malsain et sans issue pour tous les protagonistes de cette histoire.
    Dans ce second roman (très différent du premier), Négar Djavadi nous livre une vision éclairée de notre société faite de réseaux sociaux, de rumeurs, de récupérations politiques…
    Arène est un roman brillant, à lire absolument !