L'homme inquiet

Henning Mankell

Seuil

  • 8 novembre 2014

    J'ai lu deux ou trois aventures de Wallander avant celle-ci et vu quelques épisodes de la série jouée par Kenneth Brannagh que je trouve particulièrement réussie, fort bien interprétée et esthétique. En fait, je préfère la série aux romans que je trouve un peu ennuyeux. Mais j'ai préféré ce dernier opus, même s'il est bien sûr noir. Le contexte historique est intéressant et Henning Mankell le prend un peu à rebrousse poil, les personnages des beaux-parents de Linda sont fort bien brossés, on se demande si la mère est aussi lisse qu'elle en a l'air.

    Mais ce roman, c'est bien plus que ça. C'est une réflexion sur la vie passée, un bilan sur le couple qu'on peut faire quand nos enfants deviennent parents. Kurt va revoir les deux amours de sa vie, il dresse ainsi le portrait de deux couples fort différents. Et lequel compte le plus à la fin : celui qui fut fort mais bref ou celui qui a duré plus longtemps ? Le couple que forment les beaux-parents est un autre exemple de couple. Sachez-le, aucun ne vous donnera une seule once d'espoir. Wallander découvre les premiers signes de sa maladie et c'est extrêmement angoissant pour le lecteur. Il y a un moment court mais terrible vers la fin. Et puis, il y a cette femme qui vécut toute sa vie comme un légume. Un bémol tout de même sur l'intrigue politique que j'ai trouvée un peu longuette.


  • 8 novembre 2014

    J'ai lu deux ou trois aventures de Wallander avant celle-ci et vu quelques épisodes de la série jouée par Kenneth Brannagh que je trouve particulièrement réussie, fort bien interprétée et esthétique. En fait, je préfère la série aux romans que je trouve un peu ennuyeux. Mais j'ai préféré ce dernier opus, même s'il est bien sûr noir. Le contexte historique est intéressant et Henning Mankell le prend un peu à rebrousse poil, les personnages des beaux-parents de Linda sont fort bien brossés, on se demande si la mère est aussi lisse qu'elle en a l'air.

    Mais ce roman, c'est bien plus que ça. C'est une réflexion sur la vie passée, un bilan sur le couple qu'on peut faire quand nos enfants deviennent parents. Kurt va revoir les deux amours de sa vie, il dresse ainsi le portrait de deux couples fort différents. Et lequel compte le plus à la fin : celui qui fut fort mais bref ou celui qui a duré plus longtemps ? Le couple que forment les beaux-parents est un autre exemple de couple. Sachez-le, aucun ne vous donnera une seule once d'espoir. Wallander découvre les premiers signes de sa maladie et c'est extrêmement angoissant pour le lecteur. Il y a un moment court mais terrible vers la fin. Et puis, il y a cette femme qui vécut toute sa vie comme un légume. Un bémol tout de même sur l'intrigue politique que j'ai trouvée un peu longuette.


  • 28 janvier 2011

    Où Wallander tire sa révèrence

    Le personnage de Wallander et à travers lui le thème de la vieillesse. La retraite qui rôde et inquiète, les malaises qui sont peut-être des alertes d’une maladie plus grave, les amis qui disparaissent subitement, les bilans sur une vie qui ne reviendra jamais plus et qui arrive à son terme, la solitude, les remords, les regrets, et le désarroi de ceux qui restent et ne savent pas comment irriguer toutes ces angoisses, tous ces thèmes sont abordés subtilement, avec beaucoup d'intelligence :


    « Je me sens vieux, dit Wallander. Je me réveille chaque jour avec l’impression que ça passe si vite, si terriblement vite. Et je ne sais pas après quoi je cours, et si c’est pour le rattraper ou pour lui échapper au contraire. Je cours, c’est tout. Et si je dois être tout à fait sincère… la vieillesse me fait très peur. » (p. 551)

    - L’intrigue est remarquablement bien menée, avec ses rebondissements arrivant à propos, les avancées progressives de l’enquête, de nouveaux personnages savamment disséminés dans les pages… Pas un instant le lecteur ne s'ennuie, totalement immergé dans cet univers si humain.

    - L'homme inquiet est un grand roman qui souligne la maîtrise extraordinaire d'un écrivain de grand talent..

    Ce que j’ai moins aimé :

    - Les sauts temporels du début du roman.


  • par
    20 octobre 2010

    Ce livre est sous-titré : "La dernière enquête de Wallander". Aussi, en tant que fan de ce policier, je me suis tout de suite reconnu dans le titre du livre : va-t-il mourir ? Part-il seulement en retraite ? Vous comprendrez donc que j'ai dévoré les 550 pages du livre pour savoir comment Wallander disparaissait de la littérature policière.

    Bon, je reprends mes esprits et je vais tenter de vous rendre un billet sobre et non exalté : un peu de conscience bloguesque que diable ! Ce livre est génial ! Ah mince, je replonge ! Bon, tant pis, vous aurez le billet d'une midinette apercevant et/ou touchant son acteur fétiche.

    Je disais donc que ce livre est génial : j'y retrouve tout ce que j'aime chez Wallander; les longues enquêtes, les fausses pistes, les temps de réflexion qu'il s'impose pour parvenir à retrouver LE petit détail qui change tout. Le contexte géopolitique que Henning Mankell décrit : la guerre froide, les espions pro-Russie ou Pro-Etats-Unis. A ce propos, dans la postface, Henning Mankell écrit : "Je tiens à souligner la différence entre fiction et documentaire. Ce que j'écris aurait pu se passer tel que je le décris. Mais ce n'est pas nécessairement le cas. Ce livre contient de nombreux glissements de ce type, entre faits réels et imaginables. Comme beaucoup d'écrivains, j'écris pour rendre le monde plus compréhensible, d'une certaine manière. De ce point de vue, la fiction est parfois supérieure au réalisme documentaire." (p.552) Oh que je suis d'accord avec son propos ! J'acquiesce. J'opine. Et c'est une des grandes raisons qui me font aimer à la fois cet écrivain et son désormais ex-commissaire récurrent : mélanger la petite histoire de la vie de ses personnages avec la grande histoire et les grands faits historiques. Jamais didactique, Mankell pose des questions au travers de Wallander et explique quelques grandes périodes ou quelques grandes questions de société.

    D'ailleurs, revenons à lui, Kurt Wallander, qui se chamaille toujours avec sa fille, qui après un temps d'adaptation se voit assez bien en grand-père. Ce livre est aussi le moment pour un bilan de sa vie : on sent qu'au moment de faire sortir Wallander, Mankell a voulu faire un point complet : les femmes qui l'ont aimé, celles qu'il a aimées, ses enquêtes les plus dures, celles qui lui ont laissé des traces, ses amitiés, les relations conflictuelles avec son père, pour finir avec lui en homme apaisé.

    Bref, la fin d'une série qui pour moi restera l'une de celles -sinon celle, allez si, j'ose : c'est celle- qui m'a procuré le plus de plaisir de lecture.

    Immanquable ! (Et là, je suis sobre !)

    Lu grâce à la Librairie Dialogues que je remercie ; Oh combien !