Vivre avec nos morts

Delphine Horvilleur

Grasset

  • par (Libraire)
    25 mai 2021

    Les morts au cœur de nos vies

    Laissez-vous entraîner par la magnifique langue de Delphine Horvilleur, par les mythes, les traditions et autres histoires qui peuplent ce livre. On est happé par son érudition, sa simplicité, son humour mais aussi sa sincérité et son humanité. En qualité de Rabbin, elle est amenée à côtoyer la mort quasi-quotidiennement et en la lisant, loin de tout prosélytisme, on en sort grandi, plus intelligent et bien vivant !


  • 20 mai 2021

    Mort

    Seule rabbin femme en France, Delphine HORVILLEUR est un être plein de sagesse que j’aime entendre parler dans les médias. Le titre de son dernier livre m’a interpellé.

    L’auteure nous parle de 11 personnes décédées, certaines connues (la psychanalyste Elsa Cayat morte dans l’attentat contre Charlie Hebdo) et d’autres anonymes.

    Chaque chapitre commence avec le prénom de la personne et une phrase qui s’éclaire lors de la lecture.

    C’est également l’occasion pour le rabbin de nous parler de son parcours et de sa vie, j’en ai découvert des bribes, même si ce n’est pas là le plus important.

    Une lecture pleine de prises de notes.

    Quelques citations :

    Le mot H’ayim est un pluriel, et dans cette langue (l’hébreu), il n’existe pas au singulier. L’hébreu dit que chacun de nous a plusieurs vies, non pas successives mais tressées les unes aux autres, comme des fils qui se croisent tout au long de l’existence et attendent le dénouement pour se distinguer.

    En cela, à sa manière, la laïcité est une transcendance. Elle affirme qu’il existe toujours en elle un territoire plus grand que ma croyance, qui peut accueillir celle d’un autre venu y respirer.

    Un sentiment de panique c’est quoi ? écrit-elle. C’est un sentiment d’abandon très puissant qui réactive quelque chose que l’on ne t’a pas dit sur TON histoire. Cette peur de mourir, c’est une envie de mourir, la peur d’être abandonné se traduisant par une envie de s’abandonner définitivement.

    Car les morts dans le deuil ont cessé de signifier. Ils ne servent souvent qu’à dire combien plus rien n’a de sens.

    La tradition juive veut qu’on laisse toujours une ptite fissure dans le mur, un pan de cloison non peint, ou un petit carrelage manquant dans un coin du sol. Il s’agit de laisser dans nos vies la trace de l’incomplétude, de savoir habiter un lieu où le manque a sa place. Reconnaître la trace que laisse ce qui n’est plus, et l’entendre nous dire : Souviens-toi de ceux qui ne sont plus là.


  • par (Libraire)
    19 mai 2021

    Les mots accompagnent

    Quand le passage à la mort devient un partage grâce au talent de conteur d’une femme.
    Un ouvrage riche d’enseignement, dans lequel on comprend l’importance des mots, de l’accompagnement, mais aussi des clefs qui sont offertes aux familles aux portes de la mort…
    Bienveillance, intelligence et humour font de ce texte un ouvrage essentiel !

    Isabelle


  • 16 mai 2021

    Pour apprendre à vivre avec nos fantômes

    Delphine Horvilleur raconte dans Vivre avec nos morts son travail d’accompagnant sur le chemin de la mort. De la présentation d’inconnus, comme sa meilleure amie, en personnes célèbres comme Marceline et Simone, « Les filles de Birkenau », ou la psy de Charlie, et tant d ‘autres, la rabbin explique son travail auprès des vivants et donne aussi des clés de réflexion pour apprivoiser la mort.
    Nombreux sont les objets ou actions que je dédie à mes morts comme autant de cailloux pour soutenir la vie. Alors autant dire que ce titre m’est parfaitement connu ! Et pourtant, quelle provocation de sortir ce livre dans la période actuelle !
    Delphine Horvilleur écrit comme elle parle, de la langue des contes mais aussi avec des mots qui accompagnent, apaisent et écoutent. Avec son sens de la formule et ses contes bibliques imagés, l’auteure donne des clefs de compréhension de sa religion. Elle les implique aussi dans un quotidien laïc. Et ces histoires religieuses se transcrivent en philosophie pour expliquer la complexité du monde et les difficultés des hommes.
    L’humour est aussi terriblement présent dans ce texte, qui renvoie Dieu dans ses cordes et qui ose lui demander des comptes. Moi, la fille bercée aux histoires de catéchisme qui se revendique athée en rougit de plaisir ! Delphine Horvilleur se définit comme un rabbin laïc ! C’est jubilatoire !
    Les onze portraits dessinés par Delphine Horvilleur permettent de construire une réflexion philosophique autour de la mort, sur la peur qu’elle inspire et la consolation qu’il faut trouver pour surmonter la souffrance de l’absence. Alors, Vivre avec nos morts peut aider à faire la paix avec les fantômes !
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/05/16/delphine-horvilleur/


  • 14 avril 2021

    Conseillé par Anne-Céline

    Quel livre éclairé et éclairant que celui de Delphine Horvilleur! Sans aucun prosélytisme, ses réflexions sur la mort et « nos morts » sont remplies d’intelligence et de pertinence. La mort aussi tragique soit-elle ne peut résumer une vie. Célébrer la vie pour ce qu’elle fut, ce qu’elle est et sera. Elle interroge les fantômes, les secrets, la culpabilité, les signes qui nous interpellent, la puissance de l’ascendance, ou encore ce moment de l’enfance où l’on comprend qu’il y aura une fin. Elle convoque des morts connus (Simone et Marceline!) et inconnus, les écrits du judaïsme, la laïcité qui nous rassemble, la psychanalyse, l’humour. Tout fait sens, tout est lumineux. Telle une conteuse, Delphine Horvilleur nous enveloppe de ses mots pour surmonter les angoisses et la douleur de l’absence de ceux qui sont partis où qui partiront. Un livre universel et merveilleux.♥️


  • par (Libraire)
    8 avril 2021

    Delphine Horvilleur est rabbine, "rabbin laïc" a précisé la sœur d’Elsa Cayat, morte lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Etre rabbin n’est pas un sacerdoce, c’est son métier qui la met en contact avec des "endeuillés" pour les accompagner lors du décès d’un proche , pour faire son hommage, "faire sentir combien dans la vie nous avons été en vie" et réciter le kaddish.

    Le livre s’organise en onze chapitres qui évoquent des morts d’inconnus ou de personnalités. Elle a accompagné Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens, Elsa Cayat dont la sœur la désignera comme "rabbin laïc", mais aussi sa proche amie Ariane, et cette dame dont le fils est incapable de raconter l’histoire parce qu’elle n’en a rien dit et qui sera seul à l’enterrement.
    Dans chaque chapitre, elle s’efforce de donner un sens à la mort et raconte aussi un peu de son histoire personnelle. Elle évoque la relation des vivants et des morts, l’histoire du peuple juif, la Shoah, des personnages bibliques comme Moïse qui a négocié avec Dieu pour échapper à la mort, le journalisme, le "métier de rabbin", certains rites et pratiques du judaïsme. Quand elle revient sur sa vie de jeune femme étudiant à Jérusalem à l’époque de la mort d’Itsh’ak Rabin en 1995, c’est pour dire que son sionisme n’est pas celui des propriétaires qui se réfèrent au "cadastre biblique", qu’elle préfère un sionisme "nourri d’exil , de non-appartenance (…) de la certitude de devoir être sur cette terre des résidents étrangers, des non-propriétaires". Évoquant les obsèques d’Elsa Cayat, elle réfléchit à la laïcité qui lui permet d’être rabbine, qui "garantit toujours une place laissée vide de certitudes", "que l’espace de nos vies n’est jamais saturé de convictions et [qu’]elle garantit une place à la croyance qui n’est pas la nôtre". .
    Dans un dernier chapitre, elle nous emmène au cimetière de Westhoffen profané en 2019. C’est le cimetière de sa famille paternelle et celui de familles illustres dont nous connaissons tous les noms et qui ont beaucoup donné à la France. C’est l’occasion d’une belle et émouvante relecture du fratricide des enfants d’Adam et Ève, Caïn le propriétaire qui tue Abel, celui qui "ne s’installe nulle part et ne connaît aucune propriété", "meurt et disparaît sans laisser de trace".
    Cet essai de Delphine Horvilleur est au-delà de toute croyance et nous concerne tous puisque "la question de la mort existe en chacun d'entre nous". Il aide à la relier à la vie, à nourrir notre réflexion et notre sérénité. La rabbine est une conteuse érudite dont le propos captive et apaise. Son écriture est limpide et agréable. Elle possède le talent très personnel de regarder au-delà de l’apparence, à côté de l’évidence pour nous faire voir autre chose, découvrir un autre sens, d’expliquer les textes de sa tradition pour nous les rendre contemporains et capables de répondre à des situations très actuelles.
    Ce livre est un bel hymne à la vie !


  • par (Libraire)
    26 mars 2021

    Delphine Horvilleur nous raconte au travers de ce récit son rôle d'accompagnatrice auprès des familles endeuillées.
    Une restitution toute en finesse et en empathie .
    Une pertinence et une intelligence rares.
    De l'humour en prime!
    Absolument indispensable en ces temps troublés.


  • par (Libraire)
    19 mars 2021

    Magnifique éloge à nos disparus

    Rabbine a vécu en Israël jusqu'au jour du meurtre de Yitzhak Rabin, premier Ministre, par des intégristes juifs en 1995. Elle nous fait part intimement de son côtoiement régulier avec la mort et les cimetières, car elle a la fonction d'accompagner les morts et leurs familles par des discours mettant en valeur la vie, sans s'apitoyer sur la mort. Morts anonymes ou célèbres, tels Simone Veil, Marceline Loridant ou Elsa Cayat de Charlie Hebdo.
    Beau moment de lecture pour ce talent de conteuse et ce petit traité de consolation, surtout quand on a perdu un ou des proches. Quelques moments drôles aussi !