• 7 septembre 2011

    L'alarme à l'oeil !

    Un peu d'humour n'a jamais tué personne, malgré le proverbe (ou dicton, l'un fait sérieux, proverbe, l'autre plus ordinaire, dicton) « Je suis mort de rire ». Alors une balade dans les lectures un peu baroques, maniant le non-sens tout en ayant un oeil sur l'absurdité du monde me paraît être un bon moyen de changer un peu des littératures noires. Ce livre est le premier tome d'une future anthologie des meilleurs textes de Perelman qui est prévue par cette jeune maison d'édition.
    Dans la préface, Woody Allen ne tarit pas d'éloges sur Perelman, voyons si je suis d'accord avec lui. Ce recueil commence par le récit qui donne son titre à l'ouvrage, et c'est bien parti comme le héros qui fuit grâce à « L'éléphant express » !


    « Les termites rouges » dont le sous-titre est révélateur « Une histoire pour les jeunes briseurs de grève ». Les rouges grévistes (étrangers et bolcheviques) veulent mettre la société au pain noir et au caviar, les non grévistes (américains de souches plus ou moins anciennes) demandent que leurs salaires soient diminués de trente pour cent et exigent de travailler onze heures par jours ! Leur chant de ralliement est-il « Merci patron ? » Le bonheur du patronat! Le bons-sens triomphera-t-il ?
    Hollywood comme vous ne l'avez jamais vu...même pas imaginé. Les producteurs, acteurs, machinistes etc...des navets sont mis à mort dans de grandes cérémonies hollywoodiennes! À lire pour nous cultiver. Dans la même ville, mais pas dans le même texte, une bande d'organisateurs, non homologués de visite des studios est démantelée. La police veille....pourtant les nuits peuvent être dures et chaudes....ce n'est pas ce que vous croyez !
    Les propriétaires et les marchands de tarentules ont-ils une toile d'araignée au plafond ? Une correspondance inédite entre Paul Gauguin et un dénommé Marcus, barbier de son père, nous renseigne sur la difficulté de la vie dans les îles pour un artiste....les modèles ne sont plus ce qu'elles étaient !
    Les personnages pullulent dans ce livre, vingt textes et au moins une centaine d'intervenants, dont les noms sont souvent des poèmes et pourraient pratiquement se suffir à eux-mêmes !Cancan Gabrilowitsch, Dyvan O'Moelleux (Irlandais bien sûr) Afya Afyakkievitch, Dora Ammidown (pardon caporale Dora Ammidown!).
    Un lecteur de Baker Street nous donne sa recette pour s'endormir, c'est élémentaire ; lire Hygeia, le mensuel de l'American Medical Association ! D'ailleurs la lecture des journaux semble avoir été une inépuisable source d'inspiration pour Perelman. Il égratigne ainsi au passage Harper's Bazaar, mais il feuillette les magazines féminins pages sous-vêtements !
    On découvre avec effarement un marchand vendant des araignées par correspondance, un détective privé à l'ancienne, des médecins à Hollywood, des scientifiques expérimentant des bains amaigrissants pas encore réellement au point !
    Comparé à Leacock, ici, il y a une certaine méchanceté (ou une méchanceté certaine), ou alors un sens plus aiguë de la provocation, le texte sur Hollywood ou la réflexion sur le fait qu'il est un peu inconscient de mettre une tarentule dans le berceau d'un enfant de deux ans ..enfin si l'on tient à l'araignée ! Un médecin à prescrire (pardon à proscrire), un monde pour le moins dément, mais à consommer sans modération. Parfois le non sens est énorme, les situations ubuesques, un enfant part en Californie pour devenir scénariste. Pour mettre des boules dans les oreilles et un masque occultant, il est préférable d'être au lit, sinon le parcours risque de ne pas être de tout repos. Et c'est un peu gênant le masque pour lire !
    Quelques titres, sur la famille « Loin des proches » sur les marchands de voitures d’occasion « Au poil ». Ni sur les potiches, ni sur la pistache, mais en forme de pastiche « Adieu mon joli amuse-gueule » et une dernière gâterie pour la route : « L'amateur de sucrerie toujours revient à son nid ».