Changer : méthode

Édouard Louis

Seuil

  • par (Libraire)
    3 décembre 2021

    Coup de cœur d'Evelyne

    Après avoir observé avec rigueur et parfois rudesse la destinée de sa famille, puis celle de son père et de sa mère, il se penche enfin sur son propre parcours de trans-classe.
    Un livre d'une rare honnêteté. Un livre fort et souvent dur.


  • par (Libraire)
    15 novembre 2021

    Changer : méthode

    Ne vous fiez pas au titre ! Changer : méthode n'est pas un ouvrage de développement personnel. C'est plutôt une longue quête remplie d'incertitudes, d'une envie farouche de s'extirper de son milieu d'origine. Ébahi par l'aisance bourgeoise de familles aisées, prêt à bannir tout ce qui peut ressembler ou évoquer son milieu familial, changer quoi qu'il en coûte !
    Pourtant, la découverte d' autres univers n'est pas exempte de déception et la violence sociale qui s'exerce à l'encontre des plus faibles enseigne les difficultés des classes populaires.
    A lire particulièrement par ceux qui ont connu la rupture culturelle avec leur famille.


  • 29 octobre 2021

    Coup de cœur de la chouette

    Edouard Louis continue de tracer son sillon : celui d'un transfuge de classe. En s'adressant à son père puis à sa meilleure amie du lycée, il explique ici en détail pourquoi et comment il a cherché à changer pour fuir son village natal puis Amiens, avec pour résultat une élévation sociale et une liberté dont il est fier mais dont il revient, également. Le récit-essai qui complète avec force ses précédents livres.


  • 21 octobre 2021

    Un récit à découvrir

    A presque trente ans, Édouard Louis en a peut-être fini avec cette rage de changer, de quitter, de fuir qui l’obsède dès qu'il a pris conscience de sa différence et qu'elle la rejette

    Le récit autobiographique, Changer : méthode, témoigne de blessures qui forcent l'enfant puis le jeune adulte à refuser son statut social et le détermine à tout tenter pour le quitter et pour s'en construire littéralement un autre en imitant les caractéristiques de chaque classe sociale qu'il a fréquentée. Puis, enfin, arrivée dans les palaces cinq étoiles, avec des voyages dans le monde entier, Édouard Louis comprend combien son ambition est vaine puisqu'il n'est que ce qu'il est !

    Car dans Changer : méthode, Édouard Louis explique toute la honte qu'il a ressenti vis à vis de son milieu social. Mais cette honte dirigée vers ses parents est en fait celle qu'il ne pouvait diriger vers lui-même sans se perdre complétement. La scène du dentiste, ou d'autres, sont édifiantes de ce corps, malgré tous les maquillages dont on le pare, qui témoigne de ses origines sociales.

    Depuis qu'il écrit, Édouard Louis ne cesse de dénoncer la violence de classe. Celle qui assigne à la place que la société a donné une fois pour toute. Et, il a eu beau tenter d'imiter la démarche, la voix, le vocabulaire, et même la façon de respirer, il reste à jamais ce petit gars de son village de Picardie obligé par sa mère d'aller à l'épicerie quémander la nourriture avec la promesse de payer bientôt !

    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/10/21/edouard-louis/


  • par (Libraire)
    26 septembre 2021

    Déchirant

    On pourrait penser que l'on a tout lu d'Edouard Louis. C'est vrai, il nous a entre autre raconté son enfance, son milieu, la violence dont il a souffert, son père, sa mère. Pourtant, lorsqu’on arrive au terme des 300 pages de son nouveau roman, on prend conscience que l'on n'a jamais fait qu'effleurer son histoire, et que tout la violence de sa métamorphose ne nous avait pas encore été racontée. La fuite de son village pour Amiens puis d'Amiens pour l’ENS de Paris puis de Paris pour Barcelone ou encore les États-Unis nous y sont racontées en détails. Ses différents emplois également, que ce soit celui d’ouvreur au théâtre d’Amiens, de prostitué ou encore de libraire à la librairie des cahiers de Colette. Il nous raconte progressivement Stephanie, Elena, Nadya, Didier, Pierre, Ludovic, Geoffroy, Manuel, Colette, Philippe, Eric, autant de personnes qui ont joué un rôle dans sa transformation.
    C’est à mon sens le texte d’Édouard Louis le plus important, en ce sens qu’il y dissèque son obsession pour l’ascension sociale, le fruit de son enfance humiliée, en toute transparence. Édouard a en effet conscience que le lecteur pourrait être tenté de le juger. Il lui demande de ne pas le faire comme il évoque la réminiscence sans fin de l’Insulte et des images traumatisantes de son enfance.


  • 24 septembre 2021

    Édouard Louis est un héros balzacien. Moitié Rastignac, moitié Rubempré, il réactive à travers son parcours de vie toute une histoire française, sociale, politique et sexuelle dont nous sommes les produits à notre corps défendant. Car le constat est bien le suivant : depuis le XIXe siècle, la société française est plus que jamais une société de classes, violente, injuste et aussi retorse avec ceux qui acceptent cet état de fait qu'avec ceux qui tentent de s'y opposer. Sans aucun doute, Édouard Louis aura expérimenté dans l'urgence toutes les embûches de l'ascenseur social et connut l'espoir, l'euphorie puis le désenchantement. L'on n'oubliera pas que certaines personnes, certaines rencontres peuvent infléchir un chemin pour le meilleur ou pour le pire. On lira dans son livre que le hasard ou la chance qui vont de pair ici avec une détermination rare auront eu leur part dans le parcours d'Édouard Louis. Ce qui frappe, c'est l'extrême plasticité du personnage tant sur le plan physique que sur le plan intellectuel; sa capacité à s'adapter à une situation, à un milieu, à en copier les usages et les postures au détail près, dans cette quête obsessionnelle du changement. Édouard Louis est passé maître dans l'art de se réinventer en permanence pour échapper à son déterminisme initial. Au risque de se noyer dans la nasse, il n'aura eu de cesse de ramasser sa force pour s'en libérer. Ce fut une question de survie. Et s'il faut trahir pour y parvenir, il s'agit envers et contre tout de poursuivre cette fuite en avant quitte à en éprouver des remords par la suite. On ne peut être loyal lorsqu'on déclare la guerre. Édouard Louis a mené cette guerre contre un destin imposé et plus sûrement contre lui-même. Les survivants savent se fondre dans le décor, prendre la couleur grise des décombres, ils savent aussi à leur tour prendre les armes : à leur manière, ils attendent le moment venu pour sauter à la gorge quand ils ne furent longtemps qu'une proie prétendument consentante. Pour cela, il faut longuement, patiemment élaborer une méthode, il y faut beaucoup de courage et de désespoir, d'intelligence et de calcul, d'illusions perdues et de rage. Et quand bien même le retour serait impossible car nous ne sommes plus la même personne, le cuir épaissi, la maturité aidant, comme Édouard Louis, nous avons eu besoin de cette douloureuse échappée, de vivre la solitude du coureur de fond, pour enfin prendre la plume et témoigner.


  • par (Libraire)
    20 septembre 2021

    Un livre nécessaire !

    Edouard Louis nous livre ici sa métamorphose sociale et identitaire, depuis le petit village du nord de la banlieue d'Amiens jusqu'à Paris : les rencontres décisives, la découverte du milieu bourgeois, l'école Normale... autant d’éléments qui ont jalonné son parcours de transfuge de classe. Un livre nécessaire !


  • par (Libraire)
    18 septembre 2021

    CHANGER : METHODE

    Édouard Louis et le processus à changer, mieux, à devenir.
    L'auteur raconte les étapes par lesquelles il est passé, de façon plus ou moins consciente au moment où il les vivait, pour devenir autre que ce à quoi il aurait pu être destiné, de la condition sociale de sa famille, du petit garçon moqué et chahuté qu'il fut.
    Au travers de son ouvrage, on fait la connaissance des êtres qu'il a aimés et qui lui ont permis de devenir, de réaliser ce à quoi il a pris conscience d'aspirer.
    On sent chez l'auteur toute la violence à se débarrasser des habitudes et réflexes accumulés pendant l'enfance. On sent la nécessité que c'était de devenir cet être instruit, cultivé, assumant au fur et à mesure des étapes de changement, son homosexualité.
    On y saisit aussi, selon ces étapes, le rejet de sa famille et tout autant l'amour éprouvé pour elle. On capte cette nécessité pour lui de quitter ceux qui l'ont aidé pour devenir encore.
    On perçoit dans l'écriture un désir d'authenticité, dans l'usage du mot juste. Édouard Louis semble porté par une perception fine de ce que pourrait éprouver ou penser le lecteur. On l'accompagne dans le récit, tout autant qu'il nous accompagne, dans son perpétuel questionnement sur ce qui le motive, dans la rencontre de l'autre ; le seul moyen peut-être, de se rencontrer lui-même.