Alba nera

Giancarlo De Cataldo

Anne-Marie Métailié

  • par
    17 avril 2022

    Rome comme on ne l'a jamais vue -ce qui est vrai, je ne l'ai jamais vue, mais ne désespère pas d'y aller un jour. Rome dont l'auteur, magistrat dans la ville connaît tous les recoins, l'humeur, l'odeur. Rome est un contexte géographique remarquable dans une intrigue qui ne l'est pas moins. Entre des hommes qui aiment dominer des femmes et en faire leurs objets, des tortionnaires sadiques, hauts placés donc protégés, des femmes souvent des étrangères qui tentent de gagner suffisamment pour retourner vivre chez elles, des flics corrompus, l'enquête n'est pas de tout repos. Il y a des manipulateurs, des manipulés, des manipulés-manipulateurs et des manipulateurs-manipulés, si bien qu'on ne fait confiance à personne et que tout le monde est suspect si ce n'est du crime au moins d'autres méfaits pas plus glorieux. C'est dans ce panier de crabes que les trois amis doivent plonger. Et eux-mêmes, sont-ils exempts de reproche ? En dix ans, n'ont-ils pas commis d'actes délictueux ?

    Et Giancarlo de Cataldo d'avancer ses pions et nous de s'enfoncer dans une noirceur et un flou total. Il nous balade, nous promène tout au long de son histoire, nous perd. Son récit, malgré les multiples directions qu'il prend va à l'essentiel. Ses personnages sont succinctement décrits mais on en sait suffisamment pour les cerner ou croire qu'on les cerne, mais les surprises affluent. Bref, un roman noir tortueux, maîtrisé de bout en bout, un de ceux dont on se demande comment on va en sortir et dont on aimerait qu'il se poursuive un peu...