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    21 juin 2012

    A Uppsala, le commissaire Ann Lindell est confrontée au meurtre de deux vieux et modestes agriculteurs et à la disparition inexpliquée d'Ulrik, un brillant universitaire à la retraite, spécialiste du poète italien Pétrarque. Toutes les victimes ont un seul point commun, elles ont à peu près le même âge. Les enquêtes piétinent. Ann Lindell et ses collaborateurs cherchent dans le passé des victimes des éléments leur permettant de résoudre ces affaires qui semblent à priori sans aucun lien. Lors de ses recherches, Ann est amenée à rencontrer à plusieurs reprises la fille d'Ulrik, Laura qui semble à 35 ans s'être enfin libérée de la tutelle d'un père, brillant intellectuel qui se comportait en véritable tyran domestique.

    Très vite les lecteurs se font une idée sur l'identité du coupable, bien avant les enquêteurs qui élaborent des théories les éloignant de la vérité dans le but évident mais vain de perdre le lecteur, ce qui constitue la faiblesse du roman. Soupçonnant l'identité du meurtrier, les lecteurs, en fait, cherchent à connaître les motivations complexes et profondes du meurtrier présumé. Le livre prend alors des allures de thriller, car les personnes qui s'approchent du coupable et de la résolution de l'affaire, sont en danger permanent. Leur vie est menacée .Ce qui est bien entendu le cas de Ann Lindell..
    Si l'intrigue est bien menée, elle n'est donc pas particulièrement originale. La force du roman tient dans la qualité de l'écriture. Kjell Eriksson sait faire vivre habilement ses personnages à commencer par Ann Lindell, jeune policière qui doit se partager entre son travail et son fils qu'elle élève seule, et ses désirs de femme. L'auteur sait aussi restituer la beauté de la nature suédoise qu'il ferait bon arpenter si un cadavre ne se risquait pas d'agoniser au coin d'une chaumière.
    Dans l'ensemble, le livre est agréable à lire.