| Annaïk |. Libraire

Avec la finesse et le sens du récit que nous lui connaissons, Benoît Séverac mêle habilement passé et présent, petite et grande histoire, sur les traces d'un peintre juif disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'un des tableaux de l'artiste se retrouve, suite à un héritage, dans la banlieue de Saint-Etienne, entre les mains d'un chômeur originaire des Cévennes. Il aurait été offert en 1943 par le peintre Eli Trudel lui-même, au grand-père résistant, en remerciement de l'aide apportée au cours de sa fuite vers l'étranger.

Du passé d'actif résistant de son grand-père, Stéphane, l'héritier, ignorait tout, et décide d'en apprendre davantage. Mais ses recherches complexes sur une période qui ne l'est pas moins mèneront Stéphane de surprises en bouleversements, tant concernant les évènements anciens que dans sa propre existence.

Ce roman et son dénouement sont la preuve que l'on peut encore surprendre sur un sujet qui a fait couler tant d'encre et de sang. Une réussite !

Elizabeth P.

Stéphane, un quinquagénaire à la vie professionnelle en stand-by, au couple à la dérive, se voit remettre par sa tante le tableau d'un peintre juif.
Ce tableau avait été donné à son grand-père résistant pendant la guerre.
Malgré sa grande valeur, il ne veut pas le vendre, mais veut faire entrer son grand-père dans le Comité des Justes.
Pour ce faire, il se rend à Tel-Aviv, mais il est loin d'imaginer ce qui l'attend.
Une enquête improbable va le mener en Espagne pour comprendre ce qui est arrivé à ce peintre juif.
Un livre acheté par hasard et qui se révèle une très belle surprise.
C'est passionnant et très bien écrit.
L'histoire en elle-même est prenante.
Stéphane, avec ses convictions désintéressées, ses doutes, sa faiblesse, sa détermination contre vents et marées, est un personnage très attachant.
L'auteur a développé des talents d'imagination surprenants.
Je vais tenter d'autres livres de Benoît Séverac.

Pascale B.
Réhabilitation

Stéphane Milhas est un petit dirigeant quinquagénaire ruiné dont le couple oscille entre animosité et complicité.
Sa découverte du "tableau du peintre juif", offert à ses grands-parents pendant l'occupation, donne soudain un sens à sa vie et le lance sur les traces du peintre Eli Trudet et de sa femme dans leur traversée de la Shoah.
D'archives en témoignages, parcourant les Cévennes, Israël et l'Espagne, l'histoire personnelle rejoint l'Histoire et la mémoire collective, portée par un personnage tenace dans sa quête de réhabiliter ses aïeuls injustement exclus du musée de la Shoah de Jérusalem.
Malgré quelques longueurs, l'ensemble du récit est prenant jusqu'au dénouement.

Alex-Mot-à-Mots
1939-1945, enquête

Stéphane, Appelou au chômage, se voit léguer par son oncle et sa tante un tableau de famille. Stéphane va d’abord chercher à savoir qui est le peintre, découvrir que son grand-père cévenole a caché le peintre et sa femme pendant la guerre. Stéphane se rend donc à Yad Vashem afin de faire reconnaître son grand-père comme Juste parmi les nations. Mais rien ne se passe comme prévu.

Je l’ai trouvé bien naïf ce Stéphane qui pense qu’on va lui dérouler le tapis rouge et j’ai fini par détester ce personnage trop sûr de lui.

Et puis trop de détails dans la narration (je me couche, je me lève, je me brosse les dents) ont eut raison de ma patience.

Ceci dit, j’ai découvert les conditions de passage des fugitifs entre la France et l’Espagne pendant la Seconde Guerre Mondiale. La Guardia Civil qui fermait parfois les yeux sur les clandestins.

J’ai aimé le regard du personnage sur les Israéliens : peuple sans gêne prêt à vous marcher dessus.

J’ai trouvé dommage le silence du grand-père : un silence qui avait sauvé la vie aux protestants du Déserts, mais qui s’avère problématique pour la famille.

Une citation :

"J’imagine que pour un spécialiste de la Résistance, une affaire de peintre juif peut-être déporté mais peut-être pas, de grand-père au mieux résistant dupé, au pire collabo, et de petit-fils dépossédé par Israël de son bien potentiellement mal acquis, ça ne manque pas de sel !" (p.194)

L’image que je retiendrai :

celle de la tante qui, petite fille, a aperçu des étrangers une nuit dans la maison du grand-père.

https://alexmotamots.fr/le-tableau-du-peintre-juif-benoit-severac/