Florence R.
Ça se tente

Alex part… Après avoir vécu dans un Paris frénétique et tumultueux, elle s'en va direction le Finistère. Besoin d'air. Besoin de silence. Comme un besoin vital de foutre le camp. Alors pour autant elle ne s'en va pas avec l'idée de refaire le match en Bretagne et de monter une ferme bio. Non, juste envie d'être seule, et de se coltiner avec la solitude et le silence. Elle laisse derrière elle deux amis avec qui elle entretenait une relation fusionnelle, Jacques et Margot. Alex garde contact tout en sachant pertinemment qu'ils ne feront jamais le déplacement pour venir la voir. Pour, eux aussi,, rien n'est simple.

Difficile en lisant ce roman de se détacher du fameux "Superstars" de la même Ann Scott, qui raconte le Paris foisonnant des années 90 avec un personnage excessif, foutraque et attachant.
Pour autant, ce roman-là, "Les insolents" n'est pas une suite. Mais il se complète.
Les années ont passé, ici le personnage d'Alex, cherche autre chose, sans trop savoir quoi tout en sachant qu'elle doit partir. Alors, elle s'en va pas si loin, et sans fantasmer sur la destination. Elle sait pertinemment qu'elle ne va pas forcément aimer vivre dans une maison-témoin, humide et sans commodités. Oui, mais pourquoi ne pas essayer, après tout ? Au moins et surtout, il y aura la mer.

Un personnage qui m'a bien plu et qui tient le roman. Les autres semblent secondaires… C'est elle qui nous interpelle avec son air désabusé et sûre de rien. Sans oublier d'être drôle. C'est encore mieux.

Pascale B.
Chercher Léo

Alex, Jacques et Margot sont trois amis inséparables vivant à Paris depuis longtemps. Le roman débute avec le départ d’Alex pour la Bretagne.
La bascule après la quarantaine ? Alex étouffait dans la capitale, le changement est radical face à dame nature. Elle aspire à la solitude, au travail paisible, à s’écouter penser, à savourer la musique, les livres. Jacques vieillit en célibataire. Margot, instable, autodestructrice et fuyante, est hantée par un secret d’enfance dont la terreur reste tapie en elle…
Désormais, le temps ne s’écoule plus de la même façon pour le trio.

Les portraits psychologiques sont fouillés et la découverte de leurs traumatismes addictive.

Malgré un départ un peu lent, l’intrigue devient rapidement captivante, abordant des thèmes profonds tels que l’amitié, la quête de sens, le changement de vie, la solitude individuelle et les cicatrices du passé… Des questions existentielles.
La vie autrement est possible comme en témoigne le confinement.
C’est une invitation à rester seul face à ce qui se passe en soi, à se concentrer sur l’essentiel : la paix.

« Tous ceux qui essayent de la retenir la perdent, et tous ceux qui l’ont aimée n’ont vu que ce qu’ils voulaient et n’ont pris que ce qui les arrangeait »
« Elle ne rentrera à Paris que si la ville redevient un labyrinthe de poésie vitale qui peut surgir à chaque coin de rue ou que le monde de la nuit retrouve une flamboyance.

« Elle avait creusé une partie de la nuit, pendant que sa sœur et ses parents cherchaient Baba dans d’autres directions. Elle avait 17 ans et pas de cerveau »

« L’amour ne sauve pas. Il ne suffit pas d’aimer pour arriver à construire à deux »