Pour seul cortège

Pour seul cortège

Laurent Gaudé

Actes Sud

  • 3 novembre 2012

    Roman de Laurent Gaudé.
    À Babylone, Alexandre le Grand se meurt. Alors qu’il exhale son dernier souffle, il sait que son héritage sera dépecé. « Il sent, là, à l’instant où la douleur le brûle, que tout l’Empire va bruire d’une inquiétude et que personne n’est de taille à tenir l’immensité du royaume qu’il a forgé. » (p. 28) Alors que Babylone et tout l’Empire rendent hommage au mourant, les luttes de pouvoir commencent. Et la curée sera complète une fois qu’il sera mort. On fait venir auprès de lui Dryptéis, la fille de Darius. La princesse voulait vivre recluse, loin de l’Empire et de ses haines. Mais après la mort d’Alexandre, elle devient sa plus fidèle sujette et la gardienne d’un monde au bord du gouffre. « “Peut-être n’ai-je été mise au monde que pour pleurer.” Pleureuse de son père d’abord, puis d’Héphaïstion et d’Alexandre. Pleureuse d’un monde englouti. » (p. 107)


    La dépouille d’Alexandre devient un enjeu et les généraux se disputent le trône. Dryptéis n’aspire qu’à sauver son enfant, à entraîner l’Empire loin de lui. Elle se joint au convoi mortuaire qui traverse les terres d’Alexandre. Dryptéis veut défier l’histoire : et si la sépulture d’Alexandre restait secrète à jamais ?
    Laurent Gaudé propose une lente mélopée, un chant funèbre et digne. On entend résonner la voix des morts, comme c’était le cas dans La mort du roi Tsongor, du même auteur. Les défunts ne sont jamais très loin et ils précèdent les vivants en toute chose. Je n’ose trop en dire de peur de vous gâcher la lecture. Sachez seulement que le texte de Laurent Gaudé est de l’encre dont on fait les légendes.


  • par (Libraire)
    1 novembre 2012

    À la mort d’Alexandre le Grand, ses généraux se disputent son empire et pour asseoir leur autorité, tentent de s’emparer de sa dépouille. Seuls quelques-uns lui resteront fidèles. Ils tenteront de lui permettre d’accomplir une dernière chevauchée aux confins de l’empire, l’Inde, pour qu’il réalise son rêve et parte serein. La force de ce roman réside dans la capacité de Laurent Gaudé à faire passer ses personnages de l’histoire à la légende et à transformer l’évocation historique en destinées magnifiques…


  • par (Libraire)
    2 octobre 2012

    Avec une plume épique, Laurent Gaudé narre les dernières heures d' Alexandre le Grand. A travers son roman l'auteur aborde les thèmes du deuil, l'héritage, la fidélité ainsi que le devoir. Un très beau texte qui veut inscrire ce personnage dans la légende...


  • par (Libraire)
    11 septembre 2012

    Un voyage sans retour

    Laurent Gaudé nous livre dans ce nouvel opus une version très personnelle des derniers jours d'Alexandre. Tel un tragédien, il relate avec ferveur la longue agonie de l'Empereur. Dans une constellation de personnages, Laurent Gaudé nous invite dans l'intimité du palais, où plongé dans le noir et le silence, Alexandre lutte avec obstination contre une fièvre persistante.

    A travers le son de son agonie, et la voix de quelques proches tel Drypteis, veuve d'Héphaiston (son plus proche compagnon) et celle d'Ericlop, vieux compagnon d'arme porteur d'un message du roi Dhana-Nanada, il nous fait entendre la peur qui ronde, l'impatience de ses soldats, le frémissement des peuples. Le temps est comme suspendu et quand la mort survient, elle ne laisse pas seulement un vide, elle déclenche le chaos. Chacun veut sa part et plus encore. L'Empire si puissant s'effrondre. Le chaos est tel qu'il s'invite dans la longue procession qui ramène le corps d'Alexandre à Olympias. Posséder sa dépouille devient un enjeu politique. Les luttes s'engagent et le voyage d'Alexandre vers l'éternité ne fait que commencer. Un beau roman, sensible captivant.


  • par (Libraire)
    5 septembre 2012

    "Pour seul cortège" est "le dernier voyage de l'homme qui ne voulait pas mourir". A la mort d'Alexandre le Grand une longue procession est organisée jusqu'au lieu de sépulture afin que le cortège traverse tout l'empire. Le lecteur suit comme hypnotisé cette longue marche au rythme incessant des pas, des pleureuses, des chants, des luttes de pouvoir et de succession. C'est un très bon roman construit telle une danse lancinante et obsédante.


  • 3 septembre 2012

    A qui appartiens-tu, Alexandre ?

    C'est un roman remarquable que nous a composé Laurent Gaudé : le style est, d'emblée, rythmé par l'alternance des pensées de quelques personnages-clés et par l'attrait pour la danse du Grand Alexandre.
    L'agonie et le décès du conquérant tissent la trame de fond du roman, tout en tragédie grecque : les morts continuent d’interagir et d'influencer les vivants, la culture divinatoire et les rites tracent aussi une figure hellénique de ce moment charnière de l'Histoire.

    "A qui appartiens-tu, Alexandre?"
    Son cortège funéraire en décidera-t-il ?


  • par (Libraire)
    31 août 2012

    Eblouissant

    « A qui appartient Alexandre-le-Grand, cet homme qui ne sait pas mourir ? » Alors que le conquérant se meurt, ses anciens compagnons d'armes se déchirent. Seule Drypteis, refusant le sang, reste fidèle à l'esprit d'Alexandre : elle seule l'entend et le comprend encore, elle seule saura le conduire dans son ultime désir, elle seule saura l'affranchir de l'Histoire pour le faire entrer dans la légende. Porté par une écriture au souffle épique, le nouveau roman de Laurent Gaudé, en véritable état de grâce, est éblouissant.


  • par (Libraire)
    24 août 2012

    L'ombre tutélaire d'Alexandre rôde dans ce roman épique digne des grandes tragédies antiques. A l'agonie de la mort, Alexandre laisse s'agrandir des failles. la rumeur gagne l'empire, il faut trouver un héritier. Entre temps, la voix de Dryptéis resurgit, rattrapée par son destin, elle se doit de ramener son aïeule car Alexandre l'a choisie comme "diseuse de mort". Laurent Gaudé est un génie pour créer une alchimie entre le roman et le théâtre. Son écriture est toujours aussi ramassée et percutante. Les pages de ce roman nous ramène au plus profond de "l'Histoire" antique et nous anime d'images et de scènes sublimes. Il recrée un univers dense et prenant dans la lignée de la mort du roi Tsongor.


  • par (Libraire)
    15 août 2012

    Sous le ciel d'Alexandre

    Après les batailles tout ne semble que tristes répétions de banquets. Seule la danse emporte encore Alexandre hors de lui-même. C'est lors d'une dernière transe que se révèle la maladie. A partir de là tout vacille, l'Empire, si vaste, si puissant apparaît bien fragile sans le conquérant qui l'a inventé, façonné.


    Mais qu'est-il arrivé à cette expérience inouïe, à ces hommes épris de liberté et d'esprit d'aventure, ivres de leur force commune ? Bien avant la mort physique du Roi, n'est-ce pas le refus de passer la frontière vers l'Est indien pour poursuivre la conquête qui tue Alexandre le Grand ; n'est-ce pas là, que la trahison des compagnons commence avant qu'ils ne se déchirent pour l'héritage de l'Empire désormais éclaté.
    Les vivants ont trahi, reste ceux qui sauront se sacrifier pour que le rêve d'unité et de mouvement survive.
    Laurent Gaudé revient donc avec un superbe roman crépusculaire sur la vanité, la fidélité et la mort. Et ce beau roman lyrique et méditatif nous emporte au rythme lent de l’hommage à cette figure monumentale de l'Histoire qui prend en quelque sorte la forme musicale du tombeau.