Canada

Richard Ford

Éditions de L'Olivier

  • 23 mai 2019

    annecdote

    Généralement, dans le bac supérieur d'un frigo, on trouve des pizzas surgelées, des esquimaux et quelques glaçons. Richard Ford, lui, y a glissé les notes qui ont constitué la base de la deuxième partie de son roman Canada, prix Femina étranger 2013.

    Même si agir de la sorte lui aura permis de sauver cette matière littéraire de l’appétit dévorant de ses chiens, la méthode de conservation employée n’est, au fond, peut-être pas si étonnante pour un écrivain.

    Comme la nourriture, pourquoi ne pas réfrigérer l’inspiration, le temps de la laisser reposer ?

    Le roman est superbe


  • 1 novembre 2014

    Haut les mains! Le hold up littéraire de Richard Ford

    " D'abord, je vais vous raconter le hold up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard. " Richard Ford démarre fort, et poursuit au même rythme. Avec " Canada ", il signe non seulement un roman d'aventures, mais aussi un récit intimiste, ce qui peut paraître incompatible. Il manie pourtant les deux registres avec maestria.

    Dell (le garçon) et Berner (la fille), deux jumeaux de 15 ans, se chicanent comme tous les enfants, mais ils aiment bien leur vie à Great Falls, cette petite ville du Montana. Leurs parents sont assez imprévisibles (ils n'imaginent pas encore à quel point), mais gentils, attentifs. Bref, le quotidien s'écoule sans remous dans la famille Parsons. Jusqu'au jour où une idée folle traverse la tête du père, et finit même par s'y installer. Pourquoi ne pas régler ses problèmes d'argent en tentant un hold up? Comme c'est simple! Il convainc sa femme de jouer les complices (elle se contentera de conduire la voiture), et voici nos Bonnie and Clyde de pacotille partis à l'attaque d'une banque du Dakota. Mal préparés, naïfs, ils se feront repérer, arrêter et emprisonner. Cette aventure ne constitue que le préambule de l'histoire que nous raconte un Richard Ford au sommet de son talent, et la suite monte crescendo: l'existence de Dell et Berner va bien sûr se trouver complètement bouleversée par l'inconséquence de leurs parents. Et tandis que Berner s'enfuira pour échapper aux services sociaux, Dell, lui, sera conduit par une amie de la famille chez le frère de celle-ci. Là, il découvrira ce que crapule veut vraiment dire.

    Alors que les événements et les rebondissements s'enchaînent, Richard Ford ne néglige pas pour autant la psychologie des personnages, leurs états d'âme, leurs sentiments, leurs tourments. Il excelle dans ce travail d'orfèvre, car on partage avec Dell, cet immense sentiment de solitude qui l'engloutit lorsqu'il se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui, sans savoir ce que ses parents sont devenus, parqué dans un taudis. Il y a aussi de superbes pages sur la relation entre un frère et une sœur qui, même s'ils vivent à des kilomètres l'un de l'autre, se voient liés à jamais non seulement par leur sang, mais par la tragédie. Dans un interview qu'il donnait à la télévision américaine, Richard Ford estimait qu'il s'agissait là de son roman le plus ambitieux. Je crois bien qu'il a raison.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    28 novembre 2013

    Qu'est-ce qu'une vie normale ? Quelle est notre aptitude au bonheur ? Ces questions sont au cœur de ce roman qui dresse en filigrane un tableau remarquable des Etats-Unis. Splendide !


  • par (Libraire)
    26 octobre 2013

    Un grand roman américain !

    « Comme quoi, les événements qui vous changent une vie ne se présentent pas toujours comme tels. »

    Un film que l'on va voir au cinéma, une poignée de main avec un homme tout juste rencontré, autant de moments infimes de l'existence qui font déraper une vie entière. Dell a 15 ans lorsque sa vie de jeune adolescent américain des années 1960 prend un cours tout à fait inattendu. Son père, un retraité de l'Air Force reconverti en vendeur de voiture, a contracté des dettes auprès d'individus plutôt inquiétants en se livrant à du trafic de viande bovine. Pour rembourser, la seule idée qui lui vient à l'esprit est de braquer une banque ! Depuis longtemps obnubilé par les « holds up », il entraîne sa femme, une enseignante introvertie, avec lui. Sorte de Bonny and Clyde revisité, le duo de malfaiteurs est loin d'être au point... Quelques jours seulement après le braquage, ils se font prendre, laissant Dell et sa sœur jumelle livrés à eux-mêmes.
    Tandis que sa sœur part seule sur les routes pour rejoindre la Californie et échapper ainsi à l'orphelinat, Dell suit le plan que sa mère a mis au point pour lui au cas où ça tournerait mal. Une de ses amies enseignante lui fait traverser la frontière canadienne et le confie à son frère, directeur d'un petit hôtel dans une région quasi désertique ! Les quelques mois les plus fondateurs de l'existence de Dell sont sur le point de commencer... Alors qu'il travaille pour la première fois de sa vie, en pleine nature, et qu'il est physiquement épuisé, il ne cesse de s'interroger sur les raisons qui ont poussé cet américain plutôt bel homme à venir s'enterrer dans un endroit pareil. Il aurait peut-être préféré tout ignorer de la vie d'Arthur Remlinger, car lorsque le passé trouble de l'homme remonte jusqu'au Canada, Dell s'y trouve mêlé d'une terrible manière...

    C'est l'homme que Dell est devenu qui raconte ces quelques mois de son adolescence qui l'ont profondément marqué et qui ont bouleversé son destin. Avec retenue, en toute simplicité, il tente d'éclairer le présent avec le passé. Ce récit d'une grande intensité se dévore pour son intrigue mais se déguste pour sa langue et ses réflexions sur la famille, l'adolescence, les gens ordinaires et les criminels. Un grand roman américain !


  • par (Libraire)
    17 septembre 2013

    De la très grande littérature

    "D'abord, je vais raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres qui se sont produits plus tard". Dès la toute première page, Richard Ford annonce les faits qu'il va relater. Le narrateur, un garçon de 15 ans qui doit faire face à l'inconscience de ses parents, va voir son existence basculer. Toute la force du récit tient dans la minutie de l'analyse et la description des faits, de leur conséquences tragiques, et du regard, 50 ans après, que le narrateur porte sur ces évènements. De la très grande littérature.


  • par (Libraire)
    3 septembre 2013

    « Canada » de Richard Ford est une histoire de la violence presque ordinaire, à l'aune d'une famille presque comme les autres. Le père militaire en reconversion difficile, la mère institutrice sans la vocation, aiment et élèvent des jumeaux vifs, intelligents, curieux d'apprendre, unis mais isolés. Sans états d'âme, sans préparations ni précautions, les parents décident le braquage d'une banque pour en finir avec la précarité. Leur arrestation quasi immédiate bouleverse la vie de tous: la prison pour le père et la mère, la fuite vers la Californie pour la fille, l'exil jusqu'au Canada pour le garçon. Dans son nouveau pays, celui-ci développe une attitude typiquement américaine - que R Ford qualifie comme telle - faire face ; sans rage, sans révolte, sans pleurs ni résignation. L'expérience lui enseigne que « l'éventail des possibles est plus vaste qu'une tête de quinze ans ne l'imagine ». Pour R Ford cet esprit pionnier reste encore l'âme de l'amérique. Les pages relatant le lendemain du braquage sont a tomber par terre d'émotion brute.


  • par (Libraire)
    29 août 2013

    Un roman magistral !

    Texte incroyablement émouvant et magnifique, "Canada" est le roman de l’enfance à jamais perdue. C’est l’histoire de Dell, 15 ans (le narrateur) obligé du jour au lendemain de prendre son destin en main. Dès lors, sa vie d’Homme commence par l’absence, le vide et la solitude absolue… Ce roman est tout simplement magistral !


  • par (Libraire)
    28 août 2013

    Nous sommes à Great Falls, Montana, en 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents commettent un hold-up, avec le fol espoir de rembourser ainsi un créancier menaçant. Mais le braquage échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite ou le placement dans un orphelinat. Il passe la frontière du Canada et se retrouve dans le Saskatchewan. Dell, adolescent un peu perdu ne souhaite qu’avoir une vie normale et grandir tranquillement. Mais grandir s’avère parfois bien difficile, d’autant qu’on ne choisit pas toujours son moment.
    Ce chef-d’œuvre en apporte la preuve en nous permettant d’accompagner Dell dans cet apprentissage poignant. D'autant que ce n'est pas seulement le regard de Dell adolescent que nous suivons. Nous avons aussi la vision de Dell devenu adulte qui tente d'analyser sa jeunesse. C'est dans ce face-à-face aussi que tient une grande partie de la force extraordinaire de ce roman qui n'est pas seulement d'apprentissage.


  • par (Libraire)
    26 août 2013

    Grandiose

    Dell est un jeune adolescent de quinze évoluant au sein d'une famille modeste américaine dans le Montana en 1960. Son univers bascule lorsque ses deux parents braquent une petite banque dans le Dakota du Nord. Il s'enfuit alors au Canada trouver refuge auprès d'un être étrange, étranger comme lui au pays. Il inaugure une nouvelle existence, loin de tout, éloigné à jamais de ses proches. Désorientés, profondément solitaires et perdus, les personnages de Canada tentent de trouver une issue à leur existence ratée. Les frontières ne sont plus qu'administratives, la fuite est acharnée, la rédemption est-elle plausible ?
    « Canada » est le roman grandiose de Richard Ford sur la quête d'identité, sur l'apprentissage, et la reconstruction de soi après la désespérance et la violence humaines.


  • par (Libraire)
    22 août 2013

    Caribou !

    C'est un roman d'apprentissage éblouissant raconté d'une manière si brillante que j'avais l'impression de lire un récit. Pourtant, l'histoire peut à priori sembler improbable. Tout commence avec ce couple d'américains moyens qui, pour payer ses dettes, décide de braquer une banque. Ils finiront en prison et leurs deux enfants, livrés à eux-même, apprendront seuls à se construire. Un roman sur la solitude, sur le passage de l'enfance au monde adulte. Un roman âpre, un roman rugueux mais servi par une très belle écriture et empreint d'une certaine tendresse malgré tout. Certes, c'est assez noir mais les dernières pages laissent présager une fin heureuse... Enfin, j'ai retrouvé ce que j'aime par dessus tout dans la littérature américaine : la description au fil des pages d'une nature omniprésente et grandiose. C'est vraiment très beau ! On s'y croirait !