Karoo, roman

Karoo, roman

Steve Tesich

Points

  • 27 septembre 2018

    Scénariste new-yorkais reconnu pour son talent, Saul Karoo n'en est pas moins en plein naufrage. Alcoolique, égocentrique, insensible, Saul a tout de l'anti-héros terrifié par les relations humaines.

    Jusqu'au jour où son chemin croise celui de Leïla, jeune actrice en devenir. Le lien qui unit désormais Saul, son fils Billy et Leïla va bouleverser leur vie à jamais.


  • par (Libraire)
    26 juin 2014

    Un texte remarquable et féroce !

    Que dire de Karoo ? Que c’est vraiment drôle ? Oui, indéniablement ! Mais le narrateur qui se trouve être le héros pathétique, alcoolique et jamais ivre de ce roman ; un handicapé des sentiments cynique et très lâche, n’est jamais loin de la crise, du drame et finalement de la tragédie absolue.
    Un grand roman sur l’Amérique des années 90 et sur le sens de la vie, dérisoire évidemment.
    Un texte remarquable et féroce !


  • 11 mai 2014

    Les masques sont faits pour tomber

    **" **Karoo " est l’un de ces chefs-d’œuvre intelligents et poignants qu’on referme avec la conviction qu’on ne l’oubliera jamais. Pourtant, le livre de ce fils d’immigré serbe  commence comme un roman américain pour amateurs de stéréotypes, autour desquels s’emboite une machinerie implacable et grinçante montrant une Amérique à bout de désirs incarnée par un _loser _cossu. Un soir de fête, Saul Karoo se découvre atteint d’un trouble aussi incurable que son mal de vivre : il ne parvient plus à atteindre l’ivresse malgré son alcoolisme effréné. A cette occasion, il comprend que ses amis le préfèrent saoul et qu’il doit jouer la comédie du délire éthylique pour leur complaire et se supporter lui-même.

    Sa vie professionnelle aussi repose sur un malentendu toxique. Scénariste_,_ il est sommé par les producteurs d’Hollywood de réécrire de façon commerciale des textes d’auteurs qu’il considère comme des génies. On le paie cher pour saboter le travail des gens qu’il admire, mais c’est lui qu’on encense. Et les histoires qui surgissent de son savoir-faire font un tabac à l’écran.

    Son existence entière constitue un monumental ratage. Sa femme l’a plaqué. Et il ne parvient pas à rester plus d’un quart de seconde dans la même pièce que son fils étudiant, malgré toutes ses promesses. Egocentrique par paresse, cynique par lâcheté, il ment avec une aisance compulsive qui confine à la jouissance masochiste. Cet homme-là ne parvient à aimer personne. Mais lui, il se hait.

    Les masques sont faits pour tomber. Le retour au réel va prendre la forme d’une fille de rien du tout, serveuse dans l’un de ces merveilleux films qu’il doit détruire pour le métamorphoser en succès hollywoodien. Un second rôle à trois répliques, exécrable comédienne, dont la voix lui rappelle quelqu’un, une vraie personne cette fois. Il y a très longtemps, il a eu cette voix au téléphone, une fille de 14 ans qui, via une officine ad hoc, leur avait confié, à sa femme et à lui, le bébé qu’elle venait d’enfanter. Billy, ce fils qu’il ne peut regarder en face, pas plus que son reflet dans le miroir, pas plus que la réalité dont il s’est entouré, Billy est le fils de cette minable. Il doit la retrouver.

    La suite du roman raconte cette odyssée vers le réel, tout de même planqué sous le pseudonyme de Leila Milar. De cette abonnée aux plans foireux et aux hommes miteux, il va faire le personnage principal du scénario qu’il réécrit. Il va aussi en faire le personnage principal de sa vie privée. La suite, il la compose dans sa tête, loin des producteurs. Rendre sa vraie génitrice à son fils. Tout avouer à son ex-épouse.

    Mais quand il ne rewrite pas les histoires d’autrui, il se plante. Les dialogues dérivent, l’intrigue foire. Rien ne se passe comme il l’avait programmé. A la fin, Hollywood se venge. La mort aussi, qui arrache Steve Tesich à son histoire en 1996, à peine avait-il mis le point final à ce pavé prenant, d’un humour déchirant. " Karoo " est publié aux Etats-Unis deux ans plus tard. C’est un triomphe, à  titre posthume. 

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • 19 avril 2014

    Vendeur de rêves

    Un roman hors-norme qui évoque aussi bien Saul Below, Philip Roth que Guy Debord. De l'humour grinçant, un personnage désabusé, pathétique et manipulateur, un tableau désenchanté de l'Amérique et de l'industrie du cinéma, un style époustouflant et un auteur qui meurt tragiquement avant la publication de son oeuvre.
    Bref tous les ingrédients pour un futur grand classique de la littérature américaine.


  • par (Libraire)
    14 avril 2014

    Inoubliable !

    Scénariste américain, Saul Karoo a tous les défauts : alcoolique, menteur, baratineur, manipulateur... Mais qui est -il vraiment ? L'image qu'il donne, et que tout le monde attend, ne correspond pas ou plus au vrai Saul Karoo. Est-il trop tard pour se racheter ?
    Portrait d'un homme en pleine dérive, "karoo" mérite tous les superlatifs : formidable, magnifique, virtuose, inoubliable...
    Valérie


  • par (Libraire)
    28 mars 2014

    Coup de coeur de Christophe

    Le discours intérieur d'un riche New Yorkais, à la fois cynique, lâche, manipulateur et manipulé.
    On le croit lucide mais rien n'est moins sûr...
    Un texte formidable, parfois drôle et souvent tragique.

    Coup de coeur de Christophe


  • par (Libraire)
    21 mars 2014

    Un grand roman naviguant entre satire et tragédie

    Saul Karoo, la cinquantaine bien tassée, est en crise. Ce "script doctor", massacrant et réécrivant les scénarios qui lui sont soumis pour les faire rentrer dans les canons hollywoodiens, plie sous le poids de ses vices. Riche, cynique, alcoolique et ne supportant pas l'intimité avec ses proches, il est profondément malheureux. Mais la rencontre avec Leïla va lui offrir la possibilité de rédemption qu'il n'espérait plus.

    Si Karoo frappe d'abord par son humour sarcastique, notamment par ses descriptions de l'industrie du spectacle, c'est pour mieux nous estomaquer ensuite face à la quête tragique d'un narrateur impuissant. Comparé au prix nobel Saul Bellow et à La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole, Karoo est un roman virtuose enfin traduit en français par les éditions Monsieur Toussaint Louverture.