Le printemps des barbares

Le printemps des barbares

Jonas Lüscher

Autrement

  • 8 octobre 2015

    fable, philosophie

    Bon sang que le style est ampoulé et les phrases ronflantes !

    D’entrée de jeu, Preising se place au-dessus de tout ce microcosme londonien en vacances en Tunisie, les contemplant comme des extra-terrestres. Ce qui ne donne guère envie de se lier aux londoniens où à Preising.

    Et puis le coeur même du récit est long à démarrer : la « crise » ne survient qu’au milieu du livre.

    Oui, tout le monde perd la boule – sauf ce cher philosophe – et après ?

    Vous l’aurez compris, je suis complètement passée à côté de cette lecture. Même le chameau farci ne m’a pas fait rire.

    L’image que je reteindrai :

    Celle de Willy sur sa bouée gonflable au milieu de la piscine, rouge comme un homard et buvant bière sur bière au milieu des enfants qui sautent et qui crient en maillots colorés.

    http://alexmotamots.wordpress.com/2015/10/03/le-printemps-des-barbares-jonas-luscher


  • par (Libraire)
    14 septembre 2015

    Satire dans le désert

    Premier roman récompensé par le prix Franz-Hessel en 2014, Le printemps des barbares est l’une des belles surprises de cette rentrée : un texte grinçant et décalé, d’une acuité jubilatoire sur la barbarie à prévoir.

    Preising, héritier d’une fructueuse entreprise de télécommunication, aime assortir son pantalon de velours d’une veste en tweed. Plus encore, candide et profondément inadapté au monde qui l’entoure, il se complait dans l’inaction la plus totale.
    Notre antihéros, dont nous ne serons jamais fixés sur la sanité d’esprit, a toutefois une histoire à raconter : « Une histoire dont on peut tirer quelques enseignements. Une histoire pleine de rebondissements incroyables, de périlleuses aventures et de tentations exotiques. » Déambulant avec lui dans le jardin d’une « maison de repos », nous voilà entrés dans une satire philosophique espiègle et cocasse.

    Comme à chaque fois qu’une décision importante est à prendre, Preising a été « envoyé en vacances » par son bras droit, cette fois dans un riche hôtel du désert tunisien. À son grand désarroi, s’y trouve déjà toute une faune de jeunes traders de la City, venue festoyer dans une exubérance éhontée en l’honneur du mariage d’un des leurs. Dans l’air aride, une catastrophe semble imminente. Elle prendra la forme de l’effondrement radical du système bancaire anglais : désormais insolvables, les jeunes financiers se retrouvent prisonniers de leur exotique décor.
    Ce sera l’explosion de feu et de sang : grotesque, outrancière et jubilatoire. Où quand les maîtres du monde se voient livrés à la loi de la jungle. Avec une plume raffinée et une ironie magistrale, Jonas Lüscher compose un roman décalé, mordant d’intelligence et d’acuité sur notre époque, à base de courses-poursuites dans le désert, de divagations sociologiques et de dromadaire farci. Plus loin, une interrogation sur la barbarie qui ne manquera pas d’arriver : sera-t-elle source de folie destructrice ou de génie créatif ? Ici, nom d’un chameau, la réponse est toute trouvée !