Max et les poissons

Max et les poissons

Sophie Adriansem

Nathan

  • 2 mai 2017

    littérature jeunesse

    Max a 7 ans encore pour quelques jours et attend son anniversaire avec impatience. Malgré les tickets de rationnement, il sait que sa mère a économisé les œufs et la farine pour son gâteau. Peut-être même que sa sœur lui a préparé un cadeau.
    Mais le jour-dit, ce sont les gendarmes français qui arrivent et les emmènent, sa famille et lui. Sauf son poisson rouge. Max est bien triste de n’avoir pu amener son poisson reçu à son école pour ses excellents résultats.
    Sophie Adriansen nous raconte en chapitres courts l’histoire de Max, à sa hauteur. Il ne comprend pas forcément tout ce qui lui arrive.
    Des explications, en fin de roman, aident à mieux comprendre et remettre les événements dans leur contexte.
    L’avis de mon Couassous qui l’a lu avec son école : il n’y a pas de moments joyeux. La fin est terrible pour les parents du petit garçon. J’ai appris qu’il y avait eu la Rafle du Vel’ d’hiv’.
    http://alexmotamots.fr/max-et-les-poissons-sophie-adriansen/


  • Une vraie perle, à mettre entre toutes les mains !

    Max est le plus heureux des petits garçons. En effet, il a reçu un prix d'excellence, un poisson rouge comme récompense et en plus c'est bientôt son anniversaire. Rien d'autre ne compte à ses yeux. Il y a bien cette étoile jaune qu'il est obligé de porter et qui lui vaut bon nombre de moqueries. Ou encore la menace d'une rafle. Ses parents n'arrêtent pas d'en parler, mais lui n'y prend pas garde. Il est persuadé que rien d'aussi horrible ne peut arriver le jour de son anniversaire. Et pourtant...

    L'histoire est prenante dès les premières lignes. Ce petit bonhomme de sept ans - bientôt huit - nous embarque dans son quotidien avec beaucoup de simplicité. C'est comme si on le rencontrait dans la rue, qu'il nous prenait par la main et qu'il nous racontait son histoire, sa vie. Max se livre sans réserve, nous confie ses pensées avec toute l'innocence et la naïveté qui le caractérisent. Ses mots sont simples, mais vraiment touchants et désarmants.

    Ce qui est intéressant avec ce roman, c'est qu'il est complet. En effet, il aborde plusieurs aspects de la seconde guerre mondiale, sans en avoir l'air ou sans forcément les nommer. Ainsi on voit les conditions des juifs et la dégradation de leur situation, la rafle et l'implication de la France, les déportations, la résistance et son organisation, le rationnement et j'en oublie sans doute. Ce n'est jamais direct, c'est mentionné et expliqué de façon subtile. Ce qui est très agréable puisqu'on n'a pas l'impression de lire une leçon d'Histoire et pourtant c'est un livre riche d'enseignement. Surtout que ce petit roman se termine par un petit dossier pour approfondir le sujet et trouver quelques réponses.

    Mais pour de jeunes lecteurs, ce qui me fait un peu peur, c'est justement la quantité de non-dits. Je me demande très sincèrement si on peut les saisir, et donc comprendre le texte et le message du livre, sans connaissances préalables sur le sujet. Comment apprécier ce roman à sa juste valeur si on ne comprend que la moitié de ce qu'on lit ? D'un autre côté, je me dis que ce roman peut piquer la curiosité du lecteur pour le sujet, puisque le narrateur a à peu près l'âge du public cible. Mais, encore une fois, pour vraiment l'apprécier il faut à mon sens savoir de quoi on parle.

    Avant de conclure, j'aimerais simplement parler du travail de l'illustrateur, Thomas Haugomat. Je trouve la couverture magnifique, pleine de symbolique et qui résume assez bien le contenu du livre. Il y en a d'autres à l'intérieur, qui sont toutes aussi belles.

    En conclusion, un roman très riche et instructif qui permet d'appréhender la Seconde guerre mondiale du point de vue d'un enfant juif. L'histoire est très belle et touchante bien qu'elle soit triste de par son sujet. Le héros, Max, est un petit garçon attachant. Sa fraicheur et sa spontanéité le rendent particulièrement touchant. Un livre à ne pas rater !