La vie rêvée de Virginia Fly

Angela Huth

Quai Voltaire

  • par (Libraire)
    17 mars 2017

    A découvrir !

    Un étonnant roman aigre - doux qui dit bien plus qu'il en a l'air sur la vie que l'on se rêve et la réalité ... A découvrir !


  • 28 janvier 2017

    A 31 ans, Virginia Fly n'a pas la vie amoureuse dont elle rêvait, encore adolescente, avec sa meilleure amie Caroline. Nul homme n'a jamais traversé la campagne du Surrey pour escalader la fenêtre de sa chambre, se glisser dans son lit, éveiller ses sens et prendre sa virginité. La petite institutrice terne et effacée vit encore chez ses parents, protégée et intacte, ne connaissant les hommes qu'à travers les lettres de Charly, son correspondant américain depuis 12 ans et ses sages sorties musicales avec le Professeur, un autrichien d'un âge certain, poli et discret. Pourtant, sa vie est sur le point de changer radicalement. Après des années de tergiversations, Charly s'apprête à débarquer à Londres. Pour l'épouser, c'est certain, et l'emmener vivre sa vie de femme dans une petite maison de l'Utah.Virginia va enfin perdre sa virginité et connaître les émois de la passion charnelle !

    Un livre qui aurait pu être triste, pathétique, déprimant...Une vie solitaire, sans saveurs, sans amour, sans sexe, la solitude affective, la morosité d'une ville du Surrey, une fille terne, tellement assoiffée d'amour qu'elle rêve de viol pour pimenter son existence. Oui, tout cela aurait pu ne pas tenir la route s'il n'y avait l'humour grinçant d'Angela Huth pour faire passer la cruauté d'une vie étriquée dans un monde où il est désuet d'attendre l'amour, la tendresse, le prince charmant. Car au milieu de cette solitude, des déconvenues à répétitions avec des hommes qui ne sont jamais à la hauteur des fantasmes et des rêves qu'ils peuvent susciter, il y a chez l'auteure la capacité de rendre attrayants des péripéties a priori sans intérêt. Son héroïne pourrait être cruche, elle l'est d'ailleurs un peu, mais possède suffisamment de recul pour ne pas être stupide ou mièvre. Et puis, il y a des scènes extrêmement cocasses qui à elles seules méritent lecture. Celle par exemple de l'acte sexuel dans la chambre surchauffée d'un hôtel londonien est criante de réalisme, bien loin des clichés romantiques et esthétiques. Un moment très drôle où se reconnaîtra quiconque a déjà fait l'amour sans s'impliquer totalement, avec juste le recul nécessaire pour observer, analyser, se rendre compte du ridicule de la situation.
    Bref, La vie rêvée de Virginia Fly n'est pas le roman de l'année mais pourra faire passer un moment plaisant, cruel mélange de drôlerie et de réalité pas toujours belle à voir.