De nos frères blessés

De nos frères blessés

Joseph Andras

Actes Sud

  • 17 février 2017

    guerre d'Algérie

    Le roman commence fort : arrestation, torture, Fernand subit les pires outrages de la part de l’armée française.
    Puis le roman alterne entre le récit de la rencontre entre Fernand et Hélène, comme une respiration, et l’emprisonnement de Fernand et son procès.
    Le parti communiste reste étrangement muet ; les avocats de Fernand ont même audience chez le Président Coty ; Fernand répète qu’il ne voulait blesser personne avec ses bombes qui ne devaient que détruire du matériel ; ses bombes n’ont même pas explosé ; mais rien n’y fait.
    Une citation en début de roman nous apprend que le destin tragique de Fernand Iveton est resté comme une blessure dans la vie de François Mitterand.
    L’image que je retiendrai :
    Celle d’Hélène se démenant pour rendre visite à Fernand à la prison, forçant l’admiration du directeur.
    http://alexmotamots.fr/de-nos-freres-blesses-joseph-andras/


  • par (Libraire)
    11 juillet 2016

    de nos frères blessés

    Il se cache en chacun de nous une part de révolte, un souffle de liberté et c'est ce sentiment qui nous permet de comprendre le personnage de ce roman et de souffrir pour lui et avec lui. C'est en 1956 à Alger que Fernand Iveton, communiste dans l’âme et anticolonialiste, fervent défenseur de l'indépendance de l'Algérie, est arrété pour tentative d'attentat contre l'usine dans laquelle il travaille.
    Déterminé à faire passer un message de liberté sans toutefois attenter à la vie humaine, il fut dénoncé comme terroriste, torturé pour donner ses camarades et finalement il sera le seul français algérien à avoir été exécuté pendant ce conflit ; il fallait sauver les apparences en cette période de troubles et d'attentats, il fallait un bouc émissaire pour apaiser la soif de sang et de vengeance de la population.
    Roman d'une grave et poignante intensité qui soulève malgré la distance dans le passé un grand nombre de thèmes et de questions qui font encore trembler notre société aujourd'hui. La profondeur de l'amitié se mesure à la force des convictions, la souffrance physique dépasse tout entendement humain, la passion amoureuse semble toujours tout balayer sur son passage, mais au final c'est l'Histoire avec cette majuscule qui nous broie et qui décide de nos existences.
    Sans pour autant se lancer dans un débat sartrien, ce magnifique roman vous laissera un goût inoubliable et plus encore si vous vous laissez aller à écouter The Paritsan de Léonard Cohen en le lisant.

    Bonne lecture. Bonne écoute.


  • 3 juillet 2016

    Châtiment sans crime

    Ce premier roman a surtout fait parler de lui parce que son auteur-mystère a refusé tout net qu’on lui remette le prestigieux prix Goncourt du premier roman dont il a été honoré le 9 mai dernier. On ne connaît presque rien de ce romancier et seule une photo de lui de trois quarts de dos circule. S’en est suivie une polémique du type: mais pour qui se prend-t-il ? Pour Gracq qui avait refusé le Goncourt en 1951 ou encore Sartre avec le Nobel en 1964 ? La rumeur d’une imposture à la Ajar/Gary a même bruissé dans le milieu germanopratin. Son éditrice chez Actes Sud a dû s’exprimer officiellement pour clore les débats: Andras serait bien Andras et personne d’autre.  

    Quand on ouvre ce livre, on ne peut faire totalement l’impasse sur ce bruit du monde de l’édition. Une certaine curiosité nous amène à y regarder de plus près. Mais lorsque l’on referme cet ouvrage, que l’on dévore d’une traite, on ne retient qu’une chose : ce roman est bien plus que le supposé coup médiatique qui l’accompagne. C’est surtout et avant tout un « grand » premier roman. Un texte resserré de 140 pages sur un sujet poids lourd de notre grande histoire qui est passé totalement aux oubliettes de la mémoire.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    3 juin 2016

    On aime... roman !

    Un magnifique premier roman qui se lit d'un souffle !


  • 31 mai 2016

    Un fulgurant procès à charge contre un Etat brisant un homme et son combat. On pense à Hugo, à Camus bien sûr dans ce roman où se heurtent idéalisme et opinion publique, héroïsme et lâcheté, la guerre et la loi.
    Goncourt du premier roman 2016.


  • par (Libraire)
    19 mai 2016

    Un premier roman déjà très remarqué et remarquable dans sa concision et son éloquence sobre. La narration est juste et rigoureuse, d'une beauté sensible et incarnée. C'est en même temps délicat et implacable à l'image du parcours de Fernand Iveton, militant communiste, le seul Européen guillotiné pendant la guerre d'Algérie pour avoir osé défendre l'indépendance de l'Algérie et y croire en 1957. Roman fort de convictions et d'intimité. L'homme y est révélé dans ses idéaux, son humanité éprouvée, son combat pour la justice et l'égalité des droits et des êtres.