La sainte famille

La sainte famille

Florence Seyvos

Éditions de L'Olivier

  • 13 novembre 2016

    Enfance amère

    Pour Florence Seyvos, l’enfance n’a rien d’un « vert paradis », et c’est en archéologue qu’elle fouille ce pays dont les jeunes habitants devront, c’est la règle, s’exiler tôt ou tard. En attendant, ils en explorent les régions, en inventent les règles et voudraient quelquefois s’enfuir avant l’heure.

    Au centre des souvenirs, il y a une maison de famille avec un lac en contrebas où, enfants, Suzanne et son frère Thomas passaient leurs étés. Bien qu’elle soit inhabitée depuis longtemps, il arrive encore à la jeune femme de téléphoner à la maison ; elle imagine la sonnerie résonner dans les pièces, arpenter les couloirs, monter les escaliers, et revenir hanter la propriété de sa grand-mère Marthe, autoritaire et fragile, et de la gentille et timorée grand-tante Odette.

    **Petites madeleines**

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  • par (Libraire)
    26 septembre 2016

    "La sainte famille" est un roman où se mêle à la fois les réminiscences de l'enfance et des souvenirs bien réels avec lesquels Suzanne, le personnage principal de Florence Seyvos devra s'accorder.
    Cette histoire familiale ordinaire contribue pourtant à tisser des liens indéfectibles entre les différents protagonistes qui composent ce tableau générationnel, tel un gynécée à peine ébranlé par la présence d'un oncle bourru et vulgaire.


  • 22 août 2016

    Sœur et frère, Suzanne et Thomas, passent chaque été dans la famille maternelle avec une grand-mère geignarde, une grand-tante affectueuse mais terriblement soumise et timide. Depuis peu, leur mère ne les accompagne plus..Comme ce qui est propre aux enfants, l'imagination de Suzanne la conduit sur des contrées où fantômes et d’autres personnages apparaissent la nuit ou lors des baignades au lac. Et il y a la réalité: leur grand-oncle vicieux à l’haleine souvent chargée d’alcool qui ne les aime pas, la séparation puis le divorce de ses parents, la main leste de leur mère, un instituteur jouissant de son autorité pour faire preuve de sadisme.

    Dans ce récit non chronologique où Suzanne et Thomas prennent la parole, Florence Seyvos dépeint avec grâce et sensibilité ce qui conduit de l’enfance à l’âge adulte . Ce qui marque ou ce qui affecte, les interrogations de Suzanne sur la question du bien et du mal (et sur l’existence ou non de Dieu,), de sa cousine plus âgée qu'elle vénère, du divorce des parents où chacun s‘est approprié la garde d’un des deux enfants. Des incompréhensions à la vision du monde des adultes, de ce que chacun des deux retiendra de son enfance (Thomas est plus jeune), Suzanne et Thomas se construiront à partir ce qu’ils ont vécu (les petites ou grandes joies et peines) mais aussi des regrets de ce qu’ils n’ont pas eu. Les années permettent-elle d’édulcorer certains souvenirs ou de les rendre plus vifs ?
    J’ai aimé ce personnage de Suzanne dans cette famille élargie où les figures masculines sont peu présentes.
    C’est doux-amer quelquefois piquant mais tellement juste. L'enfance est la fondation de nos vies d'adulte et l'on retrouve nos propres souvenirs tout comme certaines de nos perceptions dans ce roman.

    "Suzanne se souvient d'une période où il y avait de la gaieté dans la maison. Il était difficile de savoir si leurs parents se trouvaient soudain heureux ensemble ou si leur joie à chacun venait d'ailleurs, mais ils étaient légers en présence de l'un de l'autre. C'était particulièrement perceptible pendant les trajets en voiture. Pour Suzanne, les trajets en voiture étaient la vie même, la vie à échelle réduite, mais infiniment précise et déployée. Le passé derrière, l'inconnu devant."


  • 4 août 2016

    Telle Ariane dans son labyrinthe, Suzanne devenue adulte nous emmène revisiter les méandres de son enfance avec Thomas son frère. Une enfance dans une famille à dominante matriarcale, arrière grand-mère agonisante, grand-mère indifférente, mère tyrannique ou absente, une cousine menteuse....et une tante simple d'esprit mais tellement aimante, à sa facon...Quelques portraits d'hommes, peu amènes...
    Comment sortir indemne d'un tel héritage, où partout le Mal est débusqué ?
    Sans pathos et une belle écriture teintée de nostalgie, Florence Seyvos analyse finement les liens familiaux qui nous construisent.