Hiver à Sokcho

Hiver à Sokcho

Elisa Shua Dusapin

Zoé

  • 6 novembre 2016

    **Double coup de cœur d’onlalu pour ce roman**

    « Il est arrivé perdu dans un manteau de laine. Sa valise à mes pieds, il a retiré son bonnet. Visage occidental....» L'écriture, épurée, est celle d'une jeune étudiante franco-coréenne qui fait une entrée remarquée dans le monde des lettres avec ce premier texte. Une drôle d'histoire à la vérité que celle de cet homme, Yann Kerrand, un dessinateur de bande dessinée originaire de Granville (Normandie) qui s'installe dans une pension de Sokcho, une ville portuaire coréenne sans attrait en hiver, et d'une jeune fille qui travaille dans cette pension. C'est elle qui raconte. Expérience de lecture déroutante. Alternance de descriptions poétiques, esquisses de tableaux changeants qui s'emplissent au fur et à mesure de la lecture : ici un paysage maritime, là le dessinateur de dos griffant le papier de traits d'encre.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    8 octobre 2016

    Frôlement de deux êtres

    Sud-Corée, dans la ville balnéaire de Sokcho, une réceptionniste franco-coréenne et un dessinateur normand se croisent. Un frôlement entre deux êtres perdus dans leurs obsessions. Une rencontre éphémère, comme l'odeur de l’encens évaporée dans la pluie. Une voix singulière naît avec ce premier roman.
    Carole


  • 20 septembre 2016

    A Sokcho, Kerrand un auteur français de bandes dessinées s’installe dans une pension où travaille une jeune femme. La petite ville portuaire proche de la Corée du Nord n’a rien qui justifie que l’on y vienne en hiver. Et pourtant il y séjourne suscitant l’intérêt de la narratrice. La France est le pays de son père qu'elle n'a jamais connu et exerce sur elle une fascination. Entre timidité, appréhension, et envie, elle observe à la dérobée l’auteur, traque ses habitudes tout comme ses dessins inachevés jetés à la poubelle.

    Ce premier roman possède bien plus d’une qualité. Il y a l’atmosphère que l’on ressent sans toutefois la définir précisément. Tout comme les personnages qui gardent une part de mystère. Et c'est un livre où chacun peut à partir de l’histoire assez simple y ajouter sa version.
    A partir de la relation entre les deux personnages principaux sur la défensive, l'auteure nous parle de fragilité, du bruissement de deux cultures qui se croisent, des contraintes et des libertés.

    Avec une écriture épurée, belle et qui fait appel aux sens, ce premier roman d’Elisa Shua Dusapin est une découverte à part !
    Il s’en dégage une sensualité tout en pudeur, une grâce délicate et une sensibilité qui m’ont plus que touchée.

    "Sa valise à mes pieds, il a retiré son bonnet. Visage occidental. Yeux sombres. Cheveux peignés sur le côté. Son regard m’a traversée sans me voir. L’air ennuyé, il a demandé en anglais s’il pouvait rester quelques jours, le temps de trouver autre chose. Je lui ai donné un formulaire. Il m’a tendu son passeport pour que je le remplisse moi-même. Yan Kerrand, 1968, de Granville. Un Français. Il avait l’air plus jeune sur la photo, le visage moins creux. Je lui ai désigné mon crayon pour qu’il signe, il a sorti une plume de son manteau. Pendant que je l’enregistrais, il a retiré ses gants, les a posés sur le comptoir, a détaillé la poussière, la statuette de chat fixée au-dessus de l’ordinateur. Pour la première fois je ressentais le besoin de me justifier. Je n’étais pas responsable de la décrépitude de cet endroit. J’y travaillais depuis un mois seulement. "

    Merci à Arnaud (Dialogues) une fois de plus pour ce conseil de lecture.


  • par (Libraire)
    19 septembre 2016

    Une petit port à la frontière de la Corée du Nord, plein hiver.
    Arrive un Français, là pour dessiner, retiré du monde. Là également une jeune femme qui s'ennuie.
    Une histoire simple, éblouissante de délicatesse et de retenue.
    Où chaque silence, chaque non-dit, nous éloigne de la plate romance.
    Vers la grâce.

    Hugo.


  • par (Libraire)
    16 juin 2016

    Ce récit raconte une tranche de vie dans une ville balnéaire de la Corée du Sud proche de la frontière. L'histoire est simple : une jeune femme de Sokcho rencontre un auteur de BD qui puise son inspiration dans les pays au sein desquels il séjourne quelques semaines. C'est la rencontre de deux sensibilités et de deux cultures. La jeune femme, fille d'un français, aime la France et est attirée par Kerrand, le dessinateur venu chercher le calme dans ce lieu. Quelque chose se noue entre eux deux, une compréhension, une complicité ténue et fragile.
    Le récit s'ancre dans la description de l'hiver à Sokcho, du calme de la ville qui semble en déclin, des canalisations qui s'éventrent, du poisson que l'on cuisine, de la nourriture qui tient une place importante dans ce texte. De même que le souci des corps, de l'esthétique.
    L'écriture peut sembler plate, mais non. Elle est riche de plein de petites notations qui décrivent les relations, le mode de vie, la culture, créant une atmosphère originale et exotique. Elle montre un monde lointain, une autre vie. Elle montre aussi le dessinateur dans sa démarche de création.
    Un premier roman accrocheur, beau et touchant, au style élégant.