Conseils de lecture

Tistou les pouces verts

Maurice Druon, Jacqueline Duhême

Le Livre de poche jeunesse

par
27 janvier 2009

Génial.

Ce conte écrit par un académicien est franchement super agréable à lire quelque soit l'age que l'on a.
Je l'ai lu la première fois à 11 ans, j'étais en 6ème et c'était le prof de français qui nous l'avait donner à lire. Déjà j'avais été enchantée.
L'année dernière (en 2008), soit 29 ans plus tard je l'ai "retrouvé" chez Emmaus et quand je l'ai vu de suite je l'ai acheté.
Je l'ai relu dans la foulée et décidément la magie opère toujours.
A lire et relire de 7 à 120 ans. :D


Le manifeste lesbien
par
25 janvier 2009

Un livre qui remet les pendules à l'heure.

L'auteure qui est une jeune femme d'un peu plus de vingt ans décrit très bien la situation des lesbiennes dans notre pays (pays des droits de l'homme - auto-proclamé - mais pas des droits de la femme...) et aussi dans le monde en général ainsi que de la condition féminine ici et ailleurs.
Elle remet en cause bien des idées reçues (fausses) et donne des pistes pour sortir de l'ornière.
Ci-dessous un passage de son livre à un moment où elle parle de drogues et qui résume assez bien la société (coincée) dans laquelle nous vivons :
"...Ce n'est donc pas que des pédés et des lesbiennes meurent ponctuellement à cause de la mauvaise qualité d'un produit ou qu'ils aient plus de chance lors d'échanges de matériel d'injection par intraveineuses d'être contaminés par le VIH et co-infectés par le VHC qui dérange les gouvernants. Le réel problème que pose l'usage de la drogue pour la société capitaliste 'straight' dans laquelle nous vivons est le suivant : si l'usage de drogues est une prise de plaisir au prix d'une prise de risques et d'une destruction plus rapide du corps (à moyen terme), l'usager de drogue qui fait ce choix remet en cause les rapports qu'il entretien avec son corps, leur existence, et le travail. Il ne conçoit plus son corps comme l'unique moyen de reproduction d'un système -par la procréation ou par le travail- mais aussi comme une source de plaisir.
Ce qui inquiète les pouvoirs publics, c'est de considérer que, potentiellement, une partie de la population ne soit plus dans les conditions physiques idéales pour mieux être exploitées et produire de la richesse au grand bénéfice de la classe capitaliste...."


Million Dollar Baby (La Brûlure des cordes), nouvelles
par
21 janvier 2009

Captivant!

Le contraste entre le style un peu rude et la profondeur des sentiments est saisissant. A lire, qu'on aime ou non la boxe!


Un chien mort après lui
20,30
par (Libraire)
20 janvier 2009

Jean Rolin est un voyageur, un vagabond à sa manière. Dans son dernier livre, Un chien mort après lui, il nous invite à un parcours sur les traces des chiens errants. Ceux-ci, seuls ou en bandes menaçantes, traînent sur les parkings, les zones portuaires, les places, fuyant les hommes, méfiants avec raison.
Rolin nous emmène dans un tour du monde de la misère, des guerres et des après-guerres, une errance dans des lieux dévastés, décharges à ciel ouvert, bidonvilles, quartiers abandonnés. Car le chien errant est depuis toujours associé au désordre et à la destruction, il inquiète, figure symbolique du désastre, témoin de nos faillites.
Il s’agit ici d’un ensemble de récits de voyage très particuliers, loin des sentiers battus et des itinéraires recommandés. Sur l’île de Kizyl Su, au Caire, à Mexico et Valparaiso en passant par Beyrouth, Athènes, Zanzibar, l’Australie, ou encore…Toropetz, les chiens sont partout, chiens faméliques et crasseux, chassés, capturés, empoisonnés, plus rarement nourris et protégés. Rolin observe, s’interroge, se documente, illustre son sujet par des passages trouvés dans la Bible,Chateaubriand, Flaubert et Grossman...
Il ne parvient pourtant pas à nous abuser : ce sont les hommes qui l’intéressent, et particulièrement les oubliés, les laissés-pour-compte, les vagabonds. Avec une lucidité réconfortante et une bonne pincée d’humour,c’est bien d’eux qu’il nous parle, et de l’état de notre monde.


Mort d'un jardinier
17,25
par (Libraire)
20 janvier 2009

Long monologue intérieur à la deuxième personne du singulier, Mort d’un jardinier est le premier roman d’un poète, un texte que l’on reçoit comme un cadeau.

Ça commence tôt le matin par une promenade dans le jardin, envol de pigeons ramiers, tache rouge vif d’une fraise, rosée sur une toile d’araignée. Brûler un tas de branches, tracer les sillons des semis, préparer les futures plantations de pommes de terre. « Petit enfant tu chancelais entre les mottes de terre, tu t’accrochais aux bleus de travail de ton père de ton grand-père, tu comprenais l’importance des nuages du soleil de la direction du vent, tu apprenais l’utilité du fumier du crottin de cheval de la litière des lapins, tu prenais conscience du rythme des saisons, tu touchais la permanence de la vie. »

Puis le jardinier s’écroule, une douleur à la poitrine, sur un tas de bûches fendues : « un couple de tourterelles turques passent au-dessus de toi dans le jardin mais tu ne les vois plus, elles ne sont pas dans ta tête, tu n’es plus connecté au serveur de la réalité ici et maintenant, tu glisses dans un autre monde… »

Dans le désordre, les souvenirs se bousculent, toute une vie d’homme dans un défilement ininterrompu d’images. On se laisse porter par l’enchaînement des mots, l’émotion nous saisit à l’évocation de livres, de chansons, de musiques qui nous sont comme autant de clins d’œil : la redingote de Captain Beefheart, Kathleen Ferrier et Billie Holliday, Beckett, Kerouac et Jack London ; et aussi les fêtes foraines, pierres jetées dans la rivière, jeux de billes, lessives, grincement de la manivelle du moulin à café, toutes les cigarettes consommées, les bières bues, les voyages, les poèmes, les amis disparus, la femme aimée.

Lucien Suel, en imaginant sa propre mort dans un jardin, a composé avec simplicité et générosité un merveilleux hymne à la vie. Près de lui qui n’est plus, la terre se soulève et la taupe apparaît, les pigeons reviennent chaparder les derniers petits pois, la fleur rouge d’un glaïeul brille.

C’est la magie de la littérature qu’il nous offre. Nous ne pouvons que l’en remercier.